Joseph Kabila : un homme, plusieurs biographies

 


Joseph Kabila : un homme à plusieurs biographies

A quelques jours du 2ème tour de la présidentielle

Neuf ans après l’avènement de l’Afdl dont cinq ans de pouvoir de Joseph Kabika qui sollicite les suffrages, la vie de ce dernier énigmatique qu’au premier jour. Sa personne comme son parcours reste insaisissable. Le quelque biographie publiées par différentes sources en rajoutent à la complexité de par les fait contradictoires qu’elles rapportent.

Malgré l’arbre généalogique produit par le prof KABUYA LUMANA
Qui a puisé au fond de sa science pour expliquer la filiation, quelque zone d’ombres persiste. Tellement certaine chose révélées entre autre par Honoré Ngbanda ont fini par être des evidences. Même si cela est frapper d’ un certain sceau. C’est le cas des nomIn Nouvel élan N°168 du 23 octobre 2006
telque Hippolite Kanambe, Kabange qui s’ils n’ont pas servi pour raison de sécurité en Tanzanie ou ailleurs se retrouvent carrément dans l’entourage de feu Laurent Désiré Kabila.
Les biographies que nous publions à la page 11 sont une illustration de ce qui précède. Elle jette un brouillard dans la mémoire des congolais. Tant sur le parcours de chef de l’Etat que de ses parents.
Dans l’ouvrage « RDC » biographique des acteurs de la transition (juin 2003 – juin 2006) vendu sur la place de Kinshasa Jean Omasombo et Eric Kennes nattent que depuis sa désignation « une controverse est vive concernant l’ascendance du nouveau président. C’est l’article de François soudan » qui est Kabila ? » repris dans le liste du président Kabila qui nient jeter encore le nuage. Ces confrères de jeune Afrique note q’ il avait comme nom d’emprunt Hippolite Kanambe reprenant en cour la ritournelle de l’Apareco Ngbanda et de l’UDPS Mpuila alors que dans une édition de jeune Afrique qui publiait une interview fleuve du chef de l’Etat on note que celle ce s’appelait Kippolite Kanambe en Tanzanie pour raison des sécurités. Quelle est alors la vraie version parmi toute qui sont publiées.
Il n’y a que Kabila lui-même qui peut donner la vraie version. Que peut il d’ailleurs lorsque jeune Afrique il déclare que plus Congolais que lui déclare que ça n’existe pas.
Mais en attendant à 6 jours du 2ème tour de la présidentielle, il reste énigmatique.
Kabila Kabange Joseph vu par Jean Omasombo et Erik Kennes
(RDC : Biographies des acteurs de la transition (juin 2003-juin 2006)

Joseph et sa sœur jumelle Jeannette (devenue Jaynet à la suite de son séjour en Ouganda) voient le jour le 4 juin 1971 à Mpiki dans le secteur Lulenge (territoire de Fizi au Sud-Kivu).
Ce village se trouve dans la région contrôlée à l’époque par le Parti de la révolution populaire (PRP), mouvement dirigé par Laurent Désiré Kabila. Il se situe près du Mont Esonga, que les combattants du PRP appelaient « Mlima ya damu » (mont du sang) à cause des nombreux morts qui y sont tombés dans les combats contre les Forces armées zaïroises (FAZ) du président Mobutu. Près de cette montagne se trouve également Hewa Bora, le quartier général du PRP. Joseph Kabila et sa sœur naissent dans un contexte pour le moins mouvementé. Laurent Désiré Kabila, qui était de mère Minungu/Lunda et de père Lubakat, fut un combattant de la jeunesse Balubakat et du MNC/L au début des années 1960.
Il contribua ensuite, en 1964-1965, à implanter la rébellion « Simba » dans la région de Fizi-Baraka.
La mère de Joseph Kabila, Sifa Maanya (née en décembre 1948 au village Mupapayi au Maniema dans une famille Bango Bango), est impliquée, dès 1964-1966 dans cette rébellion de l’Est, dans la région de Kabambare et ensuite à Lulenge.
Selon plusieurs sources, elle épouse Laurent Kabila en 1970 après la disparition de son premier époux, Michel Lukoma (qui lui avait donné un enfant nommé Mwamini).
Joseph Kabila suit, avec sa sœur jumelle, une scolarité élémentaire à l’Institut « Mama Safi Nzenze », école du PRP qui compte une section « pré-primaire dirigée par « Mama Astrid ».
La prise d’otages américains par le PRP, de mai à juillet 1975, est suivie par une série d’attaques des FAZ. Les maquisards doivent se retirer dans des endroits forts peu accessibles qui sont aussi très inhospitaliers.
Joseph Kabila et sa sœur les accompagnent comme leur mère, mais à cause de la famine qui règne, L.D. Kabila décide finalement de leur évacuation à Kigoma en Tanzanie, d’où, en 1977-1978, ils rejoindront Dar Es Salaam.
Pour passer inaperçus, Joseph Kabila se fait appeler Hippolyte Kabange Mtwale, et sa sœur, Kyungu Mtwale. Ces noms désignent selon la tradition luba du Katanga le premier-né des jumeaux (Kyungu) et le second (Kabange).
Les deux jumeaux s’inscrivent à l’école française de Dar Es Salaam sous la tutelle de Bienvenu Mwilambwe, représentant du PRP à Dar Es Salaam. En janvier 1980, après la chute du président ougandais Idi Amin, la famille Kabila s’installe près de Kampala.
Elle retournera à Dar Es Salaam, probablement en 1986-1987. Laurent Kabila s’est reconverti en homme d’affaires. Sa famille occupe trois maisons dans la ville (deux dans le quartier Msasani, une autre dans le quartier Kunduchi). Début 1987, Joseph Kabila et sa sœur sont inscrits à l’école secondaire Zanaki. En 1989, Joseph termine son « O level » (cycle de quatre ans d’école secondaire). Il effectue de juillet 1990 à mai 1992 ses deux dernières années d’études secondaires à la Irambo High School dans la région de Mbeya (près de la frontière zambienne). Ensuite, il fait le service militaire tanzanien dans le camp de Makutopura (région de Dodoma). Sa sœur Jeannette part en Ouganda entreprendre des études de journalisme à l’Université Makerere de Kampala.
Selon certaines sources, Joseph Kabila aurait aussi entamé des études de droit à Makerere mais sans les poursuivre. Ce qui paraît mieux établi c’est que Joseph, pendant les années suivantes, deviendra le bras droit de L.D. Kabila pour ses activités commerciales.
La famille utilise toujours des noms d’emprunt, et dit appartenir aux Wafipa de Tanzanie. Pourtant, elle est très probablement protégée par le président Nyerere ou du moins par ses services de sécurité.
Un ami de classe de l’époque décrit le jeune Joseph Kabila comme intelligent, sportif, passionné par les voitures, et lui attribue une grande admiration pour les héros révolutionnaires tels que Thomas Sankara, Che Guevara et… Yoweri Museveni. Peut-être a-t-il suivi une formation militaire dans l’armée ougandaise, à l’instar de sa sœur Jeannette qui, elle, y aurait obtenu le grade de capitaine.
Joseph Kabila est aux côtés de L.D. Kabila aux débuts de l’offensive menée au nom de l’Afdl à partir d’octobre 1996. Il est ensuite l’adjoint ou un adjoint de James Kabarebe, qui sera chef d’état-major a.i. de l’armée congolaise après la prise de pouvoir par l’Afdl en mai 1997.
Pendant l’offensive de l’Afdl, Joseph Kabila aurait commandé la prise de Kisangani. En juin 1998, Joseph Kabila part en Chine pour y suivre une formation militaire. En août de la même année, il remplace Célestin Kifwa qui était chef d’état-major a.i. des Forces armées congolaises, promotion formalisée par un décret du 5 octobre 1998.
Son titre officiel est « sous-chef de l’état-major général faisant fonction de chef d’état-major ». Ce n’est que le 16 novembre que les Fac auront un chef d’état-major en titre : le commandant Faustin Munene.
A ce moment, Joseph Kabila disparaît de la nomenclature de l’état-major. Mais le 4 septembre 1999, il reçoit le grade de général major et est nommé commandant des forces terrestres. Il est au Katanga lors de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001.
Il rejoint aussitôt Kinshasa sous la protection des soldats zimbabwéens. Le 17 janvier, un communiqué lui «confie » la direction de l’action gouvernementale et le haut commandement militaire. Le 26 janvier 2001, Joseph Kabila prête serment et devient le quatrième président de la République démocratique du Congo. Une controverse (qui n’est toujours pas éteinte) va dès lors surgir concernant la question de l’ascendance du nouveau président.
Certains affirment qu’il serait le fils d’un sujet rwandais du nom de Christophe Kanambe ; d’autres disent que sa « vraie » mère se nomme Mukambuguje. L’enjeu politique de cette controverse est évident. Il s’agit pour ses adversaires de légitimer Joseph Kabila, dans le cadre de la compétition pour la présidence qu’ouvre le Dialogue intercongolais et que relance la perspective des élections.
La complexité et le caractère confus de l’histoire familiale de L.D. Kabila permettent d’alimenter et d’entretenir cette polémique fortement politisée. Un membre du PRP du nom de Kanambe s’inscrit de la manière suivante dans cette histoire.
Le petit Joseph Kabila fut gardé à l’époque du maquis en compagnie d’un garçon répondant au nom de Selemani. Ce dernier est le fils d’Adrien Kanambe, un commandant militaire rwandophone du PRP originaire de Rutshuru.
La mère de Selemani, épouse de Kanambe, était Kestina Mbeya (Mubembe), décédée en 1979. Sa sœur, Honorine Mbeya, ayant au maquis le surnom bembe de « Malish » (en français : Marcelline). Adrien Kanambe eut ensuite une deuxième femme (Mubembe) du nom de Vumilia. Après la mort de Kanambe survenue pendant l’attaque de Moba II (juin 1985), Laurent Désiré Kabila prit Vumilia comme épouse (c’est à l’époque sa troisième épouse « officielle »). Ils eurent (au moins) quatre enfants. La filiation de Joseph Kabila que nous avons retenue ci-dessus est confirmée par tous les anciens combattants du PRP que nous avons contactés et qui ont vécu avec le petit Joseph au maquis, la plupart depuis sa naissance.


Qui est Joseph?
(François Soudan LA REVUE Pour l’intelligence du monde
juillet/août 2006)

Fils de son père, donc. Et de quel père ! Personnalité expansive, truculente, tonitruante et charismatique, Laurent-Désiré Kabila est né en 1939 à Likasi, province du Katanga. Nationaliste proche de Patrice Lumumba, il entre en rébellion après l’assassinat de ce dernier, d’abord comme coorganisateur de la révolte des Simba aux côtés de Gaston Soumialot, puis, à partir de 1967, à la tête de son propre maquis. Implanté dans l’Est, itinérant entre le Katanga, le Maniema et les deux Kivu, ce maquis collectiviste et proche des idéaux maoïstes alors fort en vogue connaîtra pendant quinze ans des fortunes diverses. Kabila y règne en maître absolu avec un objectif unique : survivre. De la vente d’or et d’ivoire aux coups de main contre des localités tenues par les forces de Mobutu (notamment la ville de Moba, occupée quelques heures à deux reprises dans les années 1970) tout est bon à prendre pour faire parler de soi et protéger cette microsociété entièrement dévouée à son chef qu’est le Parti révolutionnaire du peuple (PRP). Beaucoup de choses ont été dites sur le Laurent-Désiré Kabila de cette époque, y compris par le Cubain Ernesto Che Guevara, qui n’étaient pas des plus flatteuses. Mais une seule est sûre : en dépit de tous ses efforts pour en finir avec lui, maniant alternativement le bâton et la carotte, Mobutu n’est jamais parvenu à corrompre, retourner ou liquider Kabila. Un cas de figure rarissime qui fondera, plus tard, l’essentiel de sa légitimité.
C’est dans cet environnement difficile, dangereux et mouvant que, le 4 juin 1971, Joseph Kabila voit le jour. Le maquis du PRP est alors installé à Hewa Bora II, collectivité de Lulenge, territoire de Fizi-Baraka, dans la province du Sud-Kivu. Joseph et sa soeur jumelle Jeannette (plus connue sous son prénom anglophone de Jaynet) appartiennent à la communauté des Baluba du Nord-Katanga de par leur père et à celle des Bangou Bangou du Maniema de par leur mère. Cette dernière, Sifa Mahanya, est une jeune militante qui a connu Laurent-Désiré Kabila au maquis, non loin de sa localité natale de Kasingere. Responsable de l’organisation des femmes au sein du PRP, elle siège aussi dans les instances des tribunaux populaires. En 1976, face à la pression de plus en plus vive exercée par l’armée zaïroise, la famille doit fuir Hewa Bora pour Wimbi, sur les rives du lac Tanganyika. Deux ans plus tard, nouveau déménagement, cette fois pour Kigoma, en Tanzanie. Le maquis du PRP n’existe pratiquement plus, et c’est depuis ce pays voisin que Kabila est contraint de poursuivre son combat. Joseph et Jaynet, qui n’ont jusque-là connu que l’école de brousse du parti, sont inscrits sous des noms d’emprunt (Kabange, puis Kanambe) dans un collège francophone de Dar es-Salaam. Les temps sont durs pour les Kabila, en ces années 1980. Pour payer les frais de scolarité des jumeaux, maman Sifa cultive un lopin de terre, vend ses légumes au marché, puis ouvre une boutique. Le père est souvent absent, lançant à partir du territoire tanzanien des raids de commando qui sont pour la plupart des échecs. Quelques dirigeants du PRP dont on reparlera plus tard, tels Yerodia Abdoulaye Ndombasi et Didier Kazadi Nyembwe – un proche du président tanzanien Julius Nyerere –, veillent sur les enfants.
À Dar es-Salaam, l’ambassade du Zaïre n’est pas inactive. Des agents de la police secrète de Mobutu traquent les militants. Le numéro deux du PRP , Gabriel Yumbu, est enlevé en pleine rue et extradé en cachette vers Kinshasa, où nul ne retrouvera sa trace : disparu à jamais. Joseph, Jaynet et leurs six frères et soeurs connaissent une jeunesse qui n’a rien de dorée, entre études au lycée français et petits boulots. À la fin des années 1980, Joseph effectue un an de service militaire au sein de l’armée tanzanienne, dans le camp de Mbeya, puis s’implique dans les activités économiques de son père (achat et vente de poisson) sur le lac Tanganyika. Parfaitement anglophone, il s’inscrit à l’université de Makerere, en Ouganda, en compagnie de Jaynet, son double féminin. Lui en droit, elle en communication. Il n’y restera guère, contrairement à Jaynet, qui poursuivra ses études à Windhoek, en Namibie, où elle obtiendra un diplôme de journalisme.
Même s’il les reprendra plus tard par correspondance, auprès de la Washington International University (il est Bachelor of Arts en relations internationales), ces études interrompues sont mises en avant par les adversaires de Joseph Kabila pour illustrer son pseudo dilettantisme. Dans un pays qui cultive volontiers le fétichisme du diplôme, l’argument n’est pas à négliger. En réalité, le bagage scolaire du président congolais vaut largement celui de tous ses pairs de la région. Il est en outre le seul à être totalement bilingue français-anglais et l’un des rares à maîtriser l’outil informatique. Si Joseph quitte la faculté de droit en 1996, c’est parce que son père l’appelle près de lui. Il a alors 25 ans et le génocide rwandais de 1994 a bouleversé toute la donne géopolitique dans la région des Grands Lacs.

François Soudan
La revue pour l’intelligence du monde
juillet/août 2006

François Soudan 74


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