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La Cour
suprême de justice en flammes
Mauvais
prélude pour le contentieux électoral sur le deuxième tour de
l’élection présidentielle. L’audience publique du procès
opposant le candidat président de la République Jean-Pierre
Bemba Gombo à la Commission électorale indépendante (CEI) a mal
tourné hier mardi 21 novembre. Il y a eu, à part les incidents
de procédure, le crépitement d’armes de guerre pour disperser
des manifestants qui avaient pris d’assaut le siège de la Cour
suprême de justice. Juste assez pour semer la panique et créer
la confusion. Par conséquent, devant l’insécurité, l’audience a
été suspendue et reportée sine die. Pendant ce temps, du feu a
été mis dans les locaux de la Cour suprême de justice. Avec des
dégâts matériels très importants à la maison communcale de la
Gombe.
LE POTENTIEL
C’est aux
environs de 10 h 15’ que l’audience de la Cour suprême de
justice sur le contentieux électoral RCE/PR n° 009 a été
ouverte, hier mardi 21 septembre à la Cour suprême de justice.
Le requérant Jean-Pierre Bemba avait aligné une vingtaine
d’avocats. Cité dans cette affaire, le candidat déclaré élu -
Joseph Kabila Kabange, était représenté par deux conseils. Cette
audience a été marquée par trois incidents de procédure. Le
premier a été l’oeuvre des membres du siège qui refusaient à ce
que la presse puisse couvrir l’événement. C’est ainsi qu’usant
des moyens de droit, le collectif des avocats de la partie
requérante a pris la parole pour s’opposer à cette décision.
Pour ces
avocats, l’audience étant publique, les journalistes avaient
droit de couvrir ce procès. S’étant retirée pour délibérer à ce
sujet, la Cour a fini par accepter la présence de la presse.
Le deuxième
incident est venu du côté des avocats de Jean-Pierre Bemba qui
trouvaient inopportune la présence de deux avocats du candidat
déclaré élu président de la République par la CEI.
Réagissant à
cette préoccupation, les avocats de Joseph Kabila ont présenté
l’exploit de la Cour où le candidat déclaré élu était invité à
se présenter à l’audience, car cité dans la requête introduite
par Jean-Pierre Bemba.
Le chapitre
n’était pas clos. L’audience à peine reprise, les avocats de
Jean-Pierre Bemba sont revenus à la charge pour prier deux
membres du siège de se déporter. Motif avancé : ces deux juges
auraient des liens de parenté avec Joseph Kabila, le candidat
élu. Donc, ils ne pouvaient pas être juge et partie. C’était le
troisième incident.
Ayant encore
suspendu l’audience pour se concerter sur ce point, la Cour est
revenue pour évoquer l’article 72 du Code de procédure, en
faisant voir que peut être récusé tout juge qui a des liens de
parenté en ligne directe avec l’une ou l’autre partie au procès.
Ce qui ne semblait pas être le cas. En d’autres termes, les deux
juges visés ne pouvaient quitter l’audience.
Voulant contrer
cette démarche, le collectif de la défense a fait appel à
l’article 78 du même code, et répondant à la Cour qui soutenait
les noms que ces deux juges n’ont pas été cités, les avocats de
Jean-Pierre Bemba ont fait entendre aux membres du siège, qu’un
magistrat honnête, qui sait qu’il a des liens de parenté avec
une partie citée au procès, ne doit pas attendre que l’on publie
son nom pour libérer la salle.
Pour mettre fin
à ce bras de fer, le président de la Cour a donc prié le
collectif de la défense d’aller déposer sa demande de récusation
au greffe. Faute de temps pour ce faire, les avocats de la
partie requérante ont sollicité une remise, d’abord pour
apprêter le document, ensuite parce qu’il y avait crépitement
d’armes lourdes dehors. La salle se surchauffait, tout le monde
se sentait en insécurité.
A peine le
président de la cour de céans terminait la phase habituelle : «
L’audience de la Cour est suspendue, vous serez fixés par une
ordonnance… », que la salle trembla. Des balles sifflaient de
partout. Impossible de mettre son nez dehors. Ceux qui ont
tenté, sont vite rentrés en catastrophe dans la salle
d’audience. Les armes automatiques retentissaient de plus belle.
Il était 11 h 30’.
Entre-temps,
les partisans de Jean-Pierre Bemba qui avaient accouru en masse
étaient tenus en respect à plus ou moins 500 mètres par les
éléments de la Police nationale congolaise. Protégés par des
boucliers, les policiers lançaient de temps en temps des
grenades lacrymogènes sur les combattants du Mouvement de
libération du Congo (MLC) qui tentaient de forcer la barrière
des hommes en uniforme. La deuxième vague des personnes qui
avaient réussi à envahir la salle d’audience pour échapper aux
balles comprenait, entre autres des policiers qui s’empressaient
de troquer leurs uniformes contre les habits civils. A en croire
les témoins, à voir les gardes du vice-président bemba en tenue
légère et en armes, ils ont préféré, disons, se replier à leur
manière. A l’extérieur, c’était la débandade. L’unité de la
Monuc qui assurait la sécurité de la place avait levé l’ancre
dès les premières détonations pour se mettre à l’abri. La
panique était générale.
Quand la
deuxième série de rafales retentit autour de la Cour, c’était le
sauve-qui-peut. Tout le monde : magistrats, avocats,
journalistes, public dans la salle, s’aplatit contre le sol.
POURQUOI CES
INCIDENTS ?
S’agissant de
la genèse de ces incidents, il faudrait noter que les éléments
de la police venus sécuriser la Cour suprême de justice avaient
dû repousser les combattants du MLC jusqu’aux environs de la
résidence officielle du candidat Jean-Pierre Bemba. Ce sont les
grenades lacrymogènes qu’ils jetaient sur la foule qui ont
provoqué la réaction des quatre gardes du vice-président
Jean-Pierre Bemba qui se trouvaient dans les parages.
Les Jeeps de la
Monuc se sont présentés à 12 h 00’, tout juste pour extraire les
leurs encore sur place.
La question
qu’il faudrait maintenant se poser est celle de savoir à qui
profite ces troubles et l’incendie d’une partie de la Cour
suprême de justice ? Sans oublier bien sûr la mise à sac de la
maison communale de la Gombe. En plus, un camion de la Police et
de l’Eupol ainsi qu’un véhicule du cadastre minier ont été mis à
feu.
En outre,
quelle sera maintenant l’attitude de la Cour ? Les audiences
seront-elles publiques ou se dérouleront-elles à huis clos alors
qu’elle ne dispose plus que de trois jours pour rendre le
verdict? En partie, la balle semble être dans le cas du
ministère de l’Intérieur, organe habilité à prendre des
précautions nécessaires et efficaces. Non pas pour brimer la
population, mais pour sécuriser tout le monde : assistance,
avocats et magistrats compris.
Par Le Potentiel
Avec
Dieu, nous vaincrons !
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