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De fausses universités prospèrent sur le Net, distribuant des
faux diplômes. "La Libre" s'est intéressée à deux d'entre elles,
dont le siège ou la filialeest installé en Belgique. Des lacunes
apparaissent dans la réglementation.
Une enquête de "La Libre Belgique" révèle que des lacunes
existent en Communauté française dans la protection des titres
universitaires, qui permettent à de doux rêveurs ou à des
imposteurs, travaillant sur le Net, de distribuer des diplômes
sans valeur et d'octroyer de pseudo grades universitaires.
L'enquête s'est penchée sur deux organismes dont le siège
ou la filiale est en Belgique. L'un, l' "Académie européenne
d'Informatisation " a été créé en 1999 par un scientifique russe
renommé, qui selon lui n'a pas de but lucratif. Le second, la "
European Carolus Magnus University" , a été fondé en 2004 par un
Autrichien qui s'affuble de toute une série de titres
extravagants et monnaie ses diplômes.
Les deux organisations apparaissent très sérieuses si l'on se
fie à leurs sites Internet, mais cachent, en fait, des coquilles
vides. La " European Carolus Magnus University " affirme ainsi
dispenser des cours sur un " campus" bruxellois, à la Maison des
associations internationales. Renseignements pris, cette
université n'a jamais loué de salle.
Une villa à Rixensart
L'" Académie européenne d'informatisation" dispense ses titres
honorifiques dans le monde entier à partir d'un ordinateur d'une
villa de Rixensart.
La législation belge date d'une vieille loi édictée le 11
septembre 1933. Elle protège encore aujourd'hui les titres
classiques de candidat, de licencié, ou de docteur. Elle a été
retoilettée par la Région flamande et est en voie de l'être par
la Communauté française. Marie-Dominique Simonet, ministre de
l'Enseignement supérieur en Communauté française, prépare
actuellement un avant-projet de décret qui vise à protéger les
titres introduits par la réforme de Bologne tels que
"bachelier", "master" ou "master complémentaire".
L'avant-projet est passé vendredi dernier, en seconde lecture,
au gouvernement de la Communauté française.
Mais malgré tout, des lacunes subsistent. Le terme anglais de "University"
n'est pas protégé, par exemple, en Belgique, alors que celui
d'"Université" l'est bien. La Direction générale de
l'enseignement a ainsi dans son collimateur la " Fondation
universitaire Mercure ", une ASBL belge qui dispense un
enseignement en sciences commerciales et financières dans
plusieurs pays d'Afrique du Nord, soit par Internet, soit sur
site propre, dans des centres situés de Conakry à Casablanca.
Chaque pays homologue le diplôme. Il n'y a pas d'activité en
Belgique... Mais tout se décide en Belgique.
L'ASBL belge est située à la même adresse bruxelloise que la "
European Carolus Magnus University ", et les relations entre les
deux organismes sont très mauvaises. " N ous sommes rue Abbé
Cuypers depuis quinze ans , explique Paul Dungelhoeff, le patron
de la Fondation. Ce sont des gens qui veulent nous nuire ." La
Fondation offre des cours à distance pour environ 800 euros par
personne, et si elle utilise la dénomination " universitaire "
c'est, dit-il, pour ne pas avoir de problèmes avec la chaîne
hôtelière Mercure.
La " Carolus Magnus University" est aussi une entreprise
commerciale. Ses prix ne sont pas affichés sur son site
Internet, tandis que son président, Heinz Vejpustek, n'a pas
répondu aux appels de "La Libre Belgique".
L'exemple de Kabila
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Ce qui se passe en Belgique n'est pas exceptionnel. Aux
Etats-Unis et au Royaume-Uni, de fausses universités en ligne,
véritables "moulins à diplômes", prospèrent. Le président
congolais Joseph Kabila a ainsi obtenu, moyennant le paiement
de 3 000 à 5 000 dollars, un diplôme de Bachelier en études
internationales et diplomatie d'une université qui n'est pas
reconnue par le Département américain de l'Education, la
Washington International University.
Rares sont les pays qui établissent une "liste noire" des
fausses universités. La Belgique n'échappe pas à la règle. " I l
est impossible de faire une liste exhaustive , explique
Christine Fagard, spécialiste de la réglementation des diplômes
au sein de la Direction générale de l'enseignement en Communauté
française. Nous ne connaissons que les établissements que nous
reconnaissons. Les autres sont difficiles à identifier." Le
parquet peut cependant intervenir, sur plainte de gens qui
auraient été abusés.
La loi de 1933 prévoit un emprisonnement de huit jours à trois
mois, plus une amende, pour " celui qui, n'étant pas qualifié,
délivre ou offre de délivrer des diplômes, certificats ou
attestations quelconques ".
© La Libre Belgique 2008
Avec
Dieu, nous vaincrons !
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