« Joseph Kabila s’est
dégonflé » ; « Kabila a fui le combat » ; « Joseph
veut être chef d’Etat élu du Congo-Kinshasa sans devoir passer
devant les citoyens pour expliquer sa vision de la société
congolaise de demain et surtout convaincre l’opinion sur ses
qualités et ses compétences pour assumer cette lourde
charge ». « Comment peut-on demander à un électeur de
voter en faveur d’ un tel dirigeant ? ».
Au Quartier Matonge de
Bruxelles, on a entendu des jeunes bembistes entonné « Masta
akimi combat ». Traduction : l’adversaire a fui le combat.
Ce sont là les quelques réactions les plus significatives.
En vérité, l’annulation de ce duel télévisé n’a pas surpris
outre mesure. Le contraire aurait plutôt
surpris. Depuis quelques jours, des bruits insistants
laissaient entendre que le camp kabiliste était tout sauf
chaud à cette confrontation médiatique. Mercredi 25 octobre,
la rumeur s’est muée en info via une conférence de presse
tenue par le président de la Haute autorité des médias.
"Au regard
des dispositions diamétralement opposées des uns et des
autres, la Haute autorité des médias (Ham) se trouve dans
l'impossibilité d'organiser le débat contradictoire prévu le
jeudi 26 octobre 2006", a déclaré Modeste Mutinga
Mutuishayi.
"A l'issue
de cinq heures d'échanges, les concertations n'ont pas abouti"
entre les délégations du président Joseph Kabila et du
vice-président Jean-Pierre Bemba, qui ont "campé sur leurs
positions respectives", a-t-il ajouté.
« Modeste »
de rappeler que la Ham avait proposé trois formules. A savoir,
un "face à face" modéré par des journalistes, un "côte à côte"
où seuls les journalistes seraient habilités à poser des
questions et un "enregistrement préalable des réponses des
candidats aux questions des journalistes".
Le camp Kabila
"a opté pour l'enregistrement séparé du débat" pour des
raisons de "sécurité, de gestion des émotions des candidats
et des conséquences qui peuvent en résulter en cas de dérapage".
La délégation
de Jean-Pierre Bemba, elle, a choisi "le face à face, en
raison notamment de la dynamique que confère au débat ce
format" et parce qu'il "permet, selon elle, de
vérifier les aptitudes intellectuelles des candidats à gérer
le pays".
Pour
le président de la Ham, les positions des deux parties sont
inconciliables. Aussi, "au regard des dispositions
diamétralement opposées des uns et des autres », la
Haute autorité des médias (Ham) se trouve dans
l'impossibilité d'organiser le débat contradictoire prévu le
jeudi 26 octobre 2006", a-t-il tranché. Tous les
spécialistes en communication conviennent que les qualités
intrinsèques du « candidat » constituent le premier gage pour
gagner une élection.
L’argent, l’ethnie, les
conseillers en communication et l’humeur du moment ne peuvent
guère « transformer un âne en
cheval de course ». Bien que prévisible,
l’annonce faite par le président de la Ham a suscité une
désapprobation générale dans les milieux des Congolais de la
diaspora. Une frustration certaine. Notons que les Congolais
de Bruxelles avaient pris des dispositions pour assurer la
retransmission en direct de cet « event ». Ces derniers
pointent un doigt en direction de Joseph Kabila accusé, à tort
ou à raison, d’être « intellectuellement moins outillé que
son adversaire ». Un avis que ne partage pas les bonzes de
l’Alliance pour la majorité présidentielle.
Secrétaire permanent et porte-parole de l’AMP,
Olivier Kamitatu Etsu
a laissé
entendre que son parti souhaite privilégier la vision de
chaque candidat . Pour lui, ce débat ne devait pas devenir un
« concours d’éloquence » autant qu’un « pugilat
verbal ».
Membre du staff dirigeant de l’Union pour la Nation, Romain
Nimy reproche à la Ham de s’être bornée à constater la
divergence de vue. « Nos concurrents politiques de l’Amp
proposent deux interviews enregistrées et juxtaposées comme
débat », a-t-il déclaré. « Nous, nous pensons que ce
n’est pas là la définition d’un débat contradictoire, parce
que c’est un exercice auquel se livre notre candidat
Jean-Pierre Bemba depuis fort longtemps, au 1er comme au 2ème
tour.
Selon des sources, on
apprenait mercredi 25 octobre que
« Joseph » serait parti en
Suisse pour cause de maladie. De quoi souffre-t-il ? Vérité ou
ruse ? On apprenait également que Jean-Pierre
Bemba
pourrait animer un meeting électoral vendredi 27 à Kinshasa.
Le challenger de Kabila ne manquera pas de revenir sur ce
rendez-vous manqué autant que sur l’évasion spectaculaire –
sans effraction – des condamnés à mort du méga-procès LD
Kabila.
B. Amba
Wetshi
© Congoindependant.com
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Avec
Dieu, nous vaincrons !