Affaire Okitundu

Londres: Affaire She............gué
She Okitundu Dircab

Pourquoi le directeur de cabinet du chef de l’Etat, She Léonard Okitundu, un « technocrate », a-t-il été désigné à la tête de la délégation de l’Alliance de la majorité présidentielle qui s’est rendue à Paris, à Londres et à Bruxelles dans une mission éminemment de propagande politique ?
Pourquoi n’a-t-il pas bénéficié d’un dispositif spécial de sécurité compte tenu du déficit en image, pour le moins symptomatique, dont souffre son patron de président dans les milieux de la diaspora congolaise d’Europe et d’Amérique du Nord ?
Qui connaissait l’agenda de « She » à Londres ? Qui a commandité l’agression contre lui ? Pourquoi ?
Qui a exécuté cette opération ?
Voilà des questions qui restent sans réponses. Le moins qu’on puisse dire est que le « cerveau » de l’attaque contre Okitundu peut tout aussi bien se trouver dans les milieux anti-kabilistes qu’au sein de la famille politique de Joseph Kabila où règne actuellement une course au pouvoir. Cette dernière hypothèse est loin d’être loufoque. On le sait, Léonard She Okitundu a été « passé à tabac », selon ses propres termes, par « cinq gaillards ».
Les faits se sont passés mercredi 11 octobre, au moment où il arrivait au studio de la télévision privée « OBE », situé à plusieurs dizaines de kilomètres du centre de Londres, afin de participer à une émission en direct.
Ces individus étaient donc bien renseignés. Par qui ? On le sait également que Okitundu était accompagné notamment de Mokolo wa Mpombo, de l’ancien ambassadeur de la RD Congo au Royaume Uni, Henri Nswana, et du représentant du PPRD en Grande Bretagne.
L’agression dont a été victime She Léonard Okitundu est un acte moralement et juridiquement condamnable. Condamnable pour la simple raison que cet acte porte atteinte à la dignité de la personne humaine. Aucun être humain fait de chair et de sang ne peut décemment se réjouir de ce qui s’est passé mercredi 11 octobre. Ce genre de « désagrément » n’arrive pas qu’aux autres. Cela étant dit, il reste que ce qui est reprouvé par la morale et le droit est très souvent toléré en politique. « Qui veut la fin , veut les moyens », dit-on.
La bastonnade infligée au directeur de cabinet de Joseph Kabila est interprétée globalement, dans certains cercles de la diaspora congolaise d’Europe, comme un « signal fort » adressé au président sortant.
Il est reproché à celui-ci d’être à la tête d’un système politique particulièrement liberticide et oppresseur. On le sait, plusieurs manifestations pacifiques ont été réprimées à travers le pays par la police congolaise, épaulée par des éléments de la tristement célèbre garde présidentielle (GSSP).
Il est devenu périlleux pour un Congolais de critiquer, à l’intérieur du territoire national, la gestion du chef de l’Etat en exercice ainsi que celle des membres de son clan. Les contre-pouvoirs que sont les partis politiques et autres syndicats sont muselés. C’est en ces termes que les Congolais vivant à l’étranger justifient la défiance autant que l’irrévérence qu’ils affichent désormais à l’égard des officiels de passage dans leurs pays de résidence. Il n’est pas exclu que ce bras de fer prenne une tournure « guerrière » en cas de victoire de Joseph Kabila au second tour de la présidentielle.
A en croire notre confrère kinois « L’Avenir » daté du 13 octobre, l’un des agresseurs de She Léonard Okitundu « a été » appréhendé par la police britannique. Sans doute. Citant des « sources autorisées », ce quotidien - réputé pour sa dévotion, frisant le fanatisme aveugle à l’égard de « Joseph » - s’est lancé dans des accusations imaginaires aux conséquences imprévisibles en alléguant que les agresseurs ont été identifiés « comme militants du MLC ». Identifier par qui quand on sait que le respect du secret d’instruction est un principe sacré en Occident en général et dans le monde anglo-saxon en particulier ?
Selon « L’Avenir », l’individu qui a été appréhendé « a dit que lui et ses compagnons de malheur militent au sein du MLC pour le changement en République Dé­mocratique du Congo ». Quelle affabulation ? Le porte-parole à la présidence Kudura Kasongo n’a pas non plus résisté à la tentation de tomber dans les mêmes travers en pointant du doigt « le MLC de Jean-Pierre Bemba ». Est-ce pour justifier a posteriori une « légitime défense » ? Vendredi soir, on apprenait que l’émetteur de télévision des médias appartenant à Jean-Pierre Bemba a été détruit à Lubumbashi. Est-ce l’acte premier des propos menaçants tenus par Kamitatu lors du point de presse organisé à Bruxelles ? L’affaire Okitundu est en passe d’empoisonner l’ambiance du second tour de l’élection présidentielle. Du pain bénit pour les faucons de l’entourage présidentiel...

Par B. Amba Wetshi (www. congoindependant.com)

Lire aussi KBDP


-----



 Avec Dieu, nous vaincrons !

 
IE 5+/Netscape 6+/Mozilla 1.x | Mouvement de Libération du Congo | | copyright@mlc-rdc.com | 2003-2004