climat tendu pour un démarrage timide de la campagne présidentielle


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KINSHASA (AFP)

- samedi 14 octobre 2006 - 22h08 - La campagne électorale pour le second tour de la présidentielle en République démocratique du Congo, qui opposera le 29 octobre le président Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba, a démarré timidement samedi, dans un climat tendu depuis les violences d'août.
Le président sortant, crédité de 44,8% au premier tour contre 20% à M. Bemba, est le favori de ce scrutin crucial pour la paix et la reconstruction de l'ex-Zaïre, après près de cinq ans de guerre (1998-2003) et une difficile transition politique.

A Kinshasa, quelques panneaux géants ont été érigés pendant la nuit sur les grandes artères: "Tous unis pour la Nation" proclame un poster représentant l'ex-rebelle Jean-Pierre Bemba, qui a troqué la chemise fleurie des affiches du premier tour pour un sobre costume noir éclairé d'une cravate rouge.

Son visage sérieux est incontournable dans le centre d'affaires de la capitale, où l'équipe de campagne de Kabila n'a encore planté que quelques panneaux indiquant: "Pour un Congo uni, fort et prospère, je vote Joseph Kabila".

A Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale du Katanga, fief de la famille Kabila, quelques véhicules du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, pro-Kabila) équipés de mégaphones sillonnaient les rues du centre, appelant à un "Katanga 100% Kabila".

A Kinshasa comme en province, aucun grand meeting ne s'est tenu samedi.

Dans l'après-midi, le secrétaire général du PPRD Vital Kamerhe a exhorté un millier de sympathisants à élire Joseph Kabila "qui a mis fin à la guerre" et "amené les Congolais aux élections comme il l'avait promis".
"Pas d'injures, pas de provocations. Restons unis, travaillons ensemble pour conduire Joseph Kabila à la victoire finale", a lancé M. Kamerhe en lingala, la langue de l'ouest du pays.

La presse, encore sous le choc des affrontements meurtriers entre les troupes des deux candidats, du 20 au 22 août, a pourtant titré samedi sur l'ouverture d'une campagne "sous le signe de la violence" et appelé les candidats au "fair play".

Jeudi, le directeur de cabinet du président a été agressé à Londres par un groupe de Congolais qu'il a identifiés comme étant proches du camp Bemba. Le même jour, un émetteur d'une télévision de M. Bemba a été détruit par des hommes armés non identifiés au Katanga.

Le Palmarès (opposition) estimait que "seule la capacité d'anticipation" de la communauté internationale, qui a déployé en RDC 17.600 Casques bleus et un millier de soldats européens, pouvait "éviter un bain de sang".

D'autres quotidiens s'inquiétaient aussi des risques dans l'Est où sévissent encore rebelles étrangers, miliciens locaux et soldats dissidents.

Samedi soir à Kinshasa, le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires politiques, Ibrahim Gambari, a appelé les candidats à "respecter les résultats" du scrutin.

"La meilleure manière de garantir la paix est d'avoir le processus le plus complet possible, a estimé le diplomate nigérian, appelant à "trouver les moyens de faire participer le perdant au processus politique".

Sans avoir encore dévoilé le moindre programme, les deux camps se disent "prêts" pour la bataille électorale.

Le camp Bemba a toutefois dénoncé des "entraves" à sa campagne, déplorant "un acharnement" contre ses médias, la destruction en août de l'hélicoptère privé du vice-président et le déploiement massif de soldats de la garde présidentielle.

De leur côté, des proches de Kabila dénoncent "le discours xénophobe" du camp adverse et se disent certains de la victoire de leur chef, assuré du soutien du Parti lumumbiste unifié (Palu) de l'opposant Antoine Gizenga, fortement ancré dans l'ouest du pays, où Kabila a fait ses plus mauvais scores au premier tour.


 



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