Bemba: une vision, une démarche et la ferme volonté d’arriver à ses fins



Un discours, une vision et une volonté politique ferme. Le tout enveloppé dans un programme de gouvernement avec la perspective de mobiliser sept milliards de dollars dans les cinq années à venir sur fonds propres. Logique que Jean-Pierre Bemba Gombo séduise avec autant d’atouts réunis entre ses mains. Surtout que son challenger n’a rien d’autre à proposer que des promesses sans dire comment il pense procéder à la réalisation de celles-ci.
Joseph Kabila en fait l’étalage dans sa plaquette de campagne intitulée «Mes 100 propositions». De la démesure sans que rien de tout cela ne soit chiffré. Kabila promet, par exemple, une «assistance à la réhabilitation des fermes détruites et pillées notamment par la suite de la guerre».
Qu’est-ce qui lui a manqué d’en faire l’inventaire et de déterminer, en conséquence, la hauteur de l’assistance requise? Pire, il se tait quant à savoir d’où proviendront les ressources à donner en réparation aux fermiers alors que l’Etat congolais n’arrive même pas à payer ses fonctionnaires. Comme Kabila, son parti, le PPRD, autant sa coalition -AMP- battent campagne sans parler des chiffres. Ils n’en ont avancé aucun depuis, se contentant de faire des proclamations. Par contre, le MLC fait plus qu’avancer des chiffres. Il explique même les voies de maximisation des recettes qu’il s’est tracé. Elles sont les plus ordinaires, les mêmes auxquels recourt tout Etat pour augmenter la richesse, les impôts et autres ressources douanières. C’est de ces sources que Bemba attend les 7 sept milliards. Il les attend aussi des prélèvements sur le secteur minier mais encore de la réforme des services publics comme la DGRAD qui est susceptible de décupler les recettes de la direction. Ce programme tranche avec cette tendance infantile -devenue quasi une culture- d’éternel assisté qui ne pense trouver autrement les ressources qu’avec la charité internationale.
Il a la particularité de se fonder avant tout sur un socle endogène. C’est là même que se situe la vision de Bemba, celle d’une RD-Congo ouverte au monde mais, qui parle d’abord d’elle-même, de sa souveraineté. Ce credo transparaît d’un bout à l’autre dans son discours prononcé à l’occasion de la sortie officielle de sa coalition pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, l’Union pour la nation –UN-. Il le porte plus haut là où il déclare «si nous avons été capables de vaincre la peur, de ne pas céder à la provocation, de résister et de dire non à la force brute, nous sommes aussi en mesure de déjouer le destin que certains voudraient nous imposer. Soyons maîtres de notre devenir». Même les sceptiques ont été séduits et les ralliements pro-Bemba sont désormais plus signalés parmi eux et tous les autres électeurs qui ont fait le vote au premier tour sans connaître le profil de chaque candidat. Le fascine encore plus, le discours même de Bemba cristallisé autour d’une idée de rupture avec un passé peu reluisant et des options claires sur les questions fondamentales comme la justice, la restauration de l’autorité de l’Etat, la bonne gouvernance, la répartition des richesses nationales. Il appelle le peuple à dire non «à la poursuite de notre déchéance en tant que peuple, à la régression démocratique vers une société où règne un leadership faible et despotique». Ce que Bemba demande à ses compatriotes, ce n’est pas seulement de voter pour lui mais aussi de s’engager dans la voie de la restauration nationale. A son tour d’avoir des épaules assez larges pour porter les espoirs d’un peuple paupérisé depuis plusieurs décennies.
Des observateurs le trouvent à la hauteur. Rien que son regard de lynx trahit ce qu’il y a de plus impétueux en lui, l’opiniâtreté à arriver à ses fins. Autant son comportement et ses actes de tous les jours. Si Bemba n’avait pas de volonté, il ne se serait pas relevé de tous les débauchages qui ont vu partir des hommes clé de son dispositif. Certains l’avaient même donné fini quelques mois avant la tenue de l’élection présidentielle. Il a surpris. Il obtenu le visa pour le second tour. Quant à déceler la volonté politique de Bemba dans un acte au quotidien, celle-ci éclate de manière évidente dans la procession qu’il a accomplie de l’aéroport jusqu’au stade Tata Raphaël pour y tenir un meeting de plus d’une heure par la suite. D’avoir eu raison d’une épreuve aussi dure laisse présumer, sans nul doute, que ce Bemba n’a de regard que pour ce qu’il vise. C’est là l’étoffe des grands, une vision, une démarche et une ferme volonté d’entreprendre et de poursuivre jusqu’à l’accomplissement.

Nouvel élan

 



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