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JP Bemba
s’incline devant la décision de la CSJ |
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Mais s’engage à conduire une opposition
« forte et républicaine »
Le vice-président sortant Jean-Pierre
Bemba, dont la requête en annulation du scrutin présidentiel du
2ème tour a été rejetée lundi par la Cour suprême de justice, a
pris l’engagement hier mardi de conduire une « opposition forte
et républicaine » durant les cinq prochaines années. Ce message
à la nation congolaise, qui intervient 24 heures après la
proclamation des résultats définitifs du scrutin présidentiel
par la Cour suprême de justice qui confirme Joseph Kabila en
qualité de président élu, vient ainsi de détendre quelque peu un
climat de forte tension. Cette atmosphère empoisonne, en effet,
la RDC à la suite de la contestation, par le candidat du
Mouvement de libération du Congo (MLC) et de l’Union pour la
Nation (UN) à l’élection présidentielle du 29 octobre 2006, des
résultats provisoires de la CEI déclarant Joseph Kabila
président élu avec 58,05 % des suffrages exprimés.
Dans son message télévisé à la Nation, le
président du MLC a appelé toutes les forces politiques et
sociales, « acquises à l’idéal d’un changement démocratique dans
notre pays », à rester unies, vigilantes et déterminées « pour
l’intérêt supérieur de notre nation ».
« Au nom de l’intérêt supérieur de la Nation
et dans le souci de préserver la paix et d’épargner au pays de
sombrer dans le chaos et de la violence, je prends aujourd’hui
devant Dieu, la nation et l’histoire, l’engagement et la
responsabilité de conduire désormais, en communion permanente
avec vous tous, ce combat pour le changement dans le cadre d’une
opposition forte et républicaine », a déclaré Jean-Pierre Bemba.
A qui Bemba fait-il allusion ? A ses alliés de l’Un ou entend
t-il élargir la plate forme à d’autres groupements politiques ?
Dans ce cas-là, dans un Etat qui s’engage dans un processus
post-électoral, quelle est son approche politique ?…
En attendant, il a, à cette occasion, adressé
ses remerciements au peuple congolais, pour la confiance qu’il
lui a témoignée « en votant massivement pour le projet » qu’il
lui a soumis, et à l’ensemble des cadres et militants de son
parti et de l’UN « pour les efforts fournis afin de porter au
loin » son projet pour le Congo.
A contrario, Jean-Pierre Bemba a exprimé un
vif sentiment de frustration. « J’éprouve, comme beaucoup
d’entre vous, une grande déception et de la frustration par
rapport à la manière dont la Cour suprême de justice a traité le
contentieux électoral du 2ème tour de la présidentielle. Ce
procès n’a été ni équitable, ni juste pour restaurer la
transparence et la vérité des urnes», a encore affirmé le
candidat de l’UN.
Est-ce pour cette raison qu’il entend diriger
une opposition « forte », sans autre indication sur cet adjectif
qui peut susciter plusieurs interrogations sélectives ? Nul ne
le sait, d’autant qu’il n’a pas reconnu explicitement la
victoire de son adversaire. Encore moins, il n’a accepté
clairement le verdict de la Cour suprême de justice. Un message,
somme toute, qui reste ambiguë. « Nos griefs sur cette élection
demeurent et nous serions bien fondés à en contester le verdict
», a déclaré Jean-Pierre Bemba. PRIVILEGIERL’ETAT DE DROIT
En attendant l’annonce, dans les prochains
jours, des « formes et modalités » sous lesquelles Bemba
conduira l’opposition politique, l’opinion publique constate que
ce message rejoint néanmoins et jusqu’à preuve du contraire les
préoccupations de la communauté internationale.
Dans une déclaration de presse, le Comité
international d’accompagnement de la transition (Ciat) a exhorté
hier mardi 28 novembre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba « au
respect de la Déclaration d’intentions post-électorales », par
lequel ils se sont engagés devant le peuple congolais « à
respecter la loi, leurs adversaires ainsi qu’à appeler la
population et leurs militants au calme ».
Leur engagement porte également sur la
renonciation à tout recours, direct ou indirect, à la violence
et sur le soutien à la mise en place des institutions de la 3ème
République.
« En ce moment historique, le Ciat appelle
tous les acteurs politiques congolais à privilégier l’Etat de
droit, la concorde nationale et l’intérêt supérieur de la nation
», insistent les ambassadeurs des pays qui le composent, dont
cinq sont membres du Conseil de sécurité des Nations Unies
(Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie).
EPARGNER A LA RDC LE CHAOS
Le climat politique est demeuré tendu en
République démocratique du Congo depuis le 15 novembre 2006,
date à la quelle la Commission électorale indépendante a rendu
publics les résultats provisoires du 2ème tour de l’élection
présidentielle, soit quatre jours avant le jour (19 novembre)
prévu au calendrier électoral.
Les incidents sanglants, survenus
successivement à Kinshasa le samedi 11 devant la résidence
officielle de Jean-Pierre Bemba à Gombe, et le mardi 21 novembre
lors de la première audience de la Cour suprême de justice
appelée à statuer sur la requête en contestation introduite par
son candidat, auront été de très mauvais augure.
Et le déploiement dans la ville de Kinshasa
des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) autour des
sites stratégiques, décidé par les autorités gouvernementales, a
davantage surexcité les esprits.
L’opinion publique a alors craint, à tout
instant, une explosion de violences entre les gardes rapprochées
de Joseph Kabila et de Jean-Pierre Bemba, qui étaient
pratiquement sur pied de guerre. Message à la Nation de M.
Jean-Pierre Bemba Gombo
Peuple congolais, Chers compatriotes,
J’ai suivi le prononcé de l’Arrêt de la Cour
suprême de justice proclamant les résultats définitifs du
deuxième tour de l’élection présidentielle.
J’éprouve, comme beaucoup d’entre vous, une
grande déception et de la frustration par rapport à la manière
dont la Cour suprême de justice a traité le contentieux
électoral du 2ème tour de la présidentielle.
Ce procès n’a été ni équitable, ni juste pour
restaurer la transparence et la vérité des urnes. Nos griefs sur
cette élection demeurent et nous serions bien fondés à en
contester le verdict.
Cependant, au nom de l’intérêt supérieur de
la Nation et dans le souci de préserver la paix et d’épargner au
pays de sombrer dans le chaos et la violence, je prends
aujourd’hui devant Dieu, la Nation et l’Histoire, l’engagement
et la responsabilité de conduire désormais, en communion
permanente avec vous tous, ce combat pour le changement dans le
cadre d’une Opposition forte et républicaine.
J’appelle toutes les forces politiques et
sociales, acquises à l’idéal d’un changement démocratique dans
notre pays, de s’unir dans ce combat afin qu’ensemble,
réorganisés, nous puissions assurer la refondation du Congo.
Je remercie le peuple congolais pour la
confiance qu’il m’a témoignée en votant massivement pour le
projet politique que je lui ai soumis. Ce projet, je le
rappelle, consiste à défendre les droits légitimes du peuple
congolais et à lui redonner sa dignité et sa place dans le
concert des Nations. Mes remerciements s’adressent également aux
militants et cadres du MLC, aux alliés du Renaco et de l’Union
pour la Nation, pour les efforts fournis afin de porter au loin
notre projet pour le Congo. Je voudrais les rassurer de la
poursuite, dans une unité renforcée, de notre combat commun pour
l’avènement d’un Congo nouveau.
Restons unis, mobilisés, vigilants et
déterminés pour l’intérêt supérieur de notre Nation.
J’annoncerai dans les prochains jours sous
quelles formes et modalités, nous conduirons cette opposition
politique.
Que Dieu bénisse la République démocratique
du Congo !
Tous unis, avec Dieu nous vaincrons !
Je vous remercie.
Jean-Pierre Bemba
Avec
Dieu, nous vaincrons !
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