Réaménagement institutionnel 


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Le gouvernement remanié attendu ce lundi


Après l’ex-composante Gouvernement, le Rcd d’A. Ruberwa et le Mlc de J.P. Bemba affirment qu’ils sont prêts avec les noms des ministres, vice-ministres et Adg qui doivent remplacer leurs prédécesseurs fraîchement élus députés nationaux. Selon les sources dignes de foi, le réaménagement complet de l’Exécutif devrait être finalisé ce week-end.

Plus rien ne s’oppose au réaménagement institutionnel consécutif à la validation des mandats des députés nationaux élus. Le camp du président Kabila ne s’est pas fait prier pour se conformer à la loi. Des nouveaux ministres, vice-ministres ainsi que des gouverneurs de province relevant de l’ex-composante Gouvernement ont été nommés.

Bien plus, selon l’un des porte-parole de l’Alliance de la majorité présidentielle, même les plus proches collaborateurs du cabinet du chef de l’Etat, élus députés nationaux, ont déjà déposé leur démission. Il s’agit particulièrement de Samba Kaputo, Kikaya Bin Karubi, respectivement Conseiller spécial en matière de sécurité et secrétaire particulier du président de la République. Ils n’attendent que leurs successeurs pour procéder à la remise et reprise.

Du côté du Rcd et du Mlc, même son de cloche. Reste à finaliser les noms des remplaçants. Aussi, est-il permis de croire que, ce week-end, des noms seraient transmis au chef de l’Etat pour la confection des décrets de nomination. Il n’empêche que des rumeurs de plus en plus persistantes font état de la publication de la liste des membres du gouvernement avant lundi. Car en fait, dans la réalité, il ne reste plus que 76 jours pour boucler le dossier de la transition. Soixante-seize jours qu’il conviendra de gérer avec dextérité dans le contexte de la continuité de l’Etat, nonobstant des changements susceptibles d’intervenir du fait des résultats électoraux.

DELICATE GESTION DE LA «PETITE TRANSITION»

Inévitable, le réaménagement qui s’opère tant dans l’Exécutif que les entreprises publiques et la territoriale caractérise la gestion de la «petite transition». Une période délicate qui ne souffrirait d’aucun dérapage dans la gestion des affaires courantes de l’Etat. La délicatesse de cette période réside dans le risque, pour l’Exécutif, d’être absorbé par la pression de la dernière campagne électorale, au détriment de la gestion normale de la chose publique.

Un cas de conscience : en matières économique et financière, une délégation du FMI séjourne actuellement en RD du Congo. Elle a attiré l’attention des responsables politiques et monétaires sur les dangers de dérapage dans la gestion des finances publiques. On sait, à ce sujet, que le Gouvernement n’a réussi aucune performance dans l’exécution du Programme de consolidation. L’inflation, à ce jour, est en train de reprendre de l’ascenseur, consacrant la dépréciation continue de la monnaie nationale. Le dollar américain, monnaie de référence, s’échange à 52 Fc chez les cambistes.

Il sied de noter que le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jacques Masangu, a reconnu cette dépréciation. Il l’a attribuée, selon lui, au recours à la planche à billets pour financer le déficit du Gouvernement à la suite des dépenses de souveraineté. Il s’agit des dépenses liées au brassage des troupes en prévision des élections, et des primes allouées à la Police nationale pour des dispositions sécuritaires, a-t-il relevé.

Il reste que ces déclarations sont à vérifier pour savoir si l’argent débloqué a effectivement pris la destination initiale. Car, on s’explique difficielement, d’une part le retard observé dans le brassage, d’autre part les actes inciviques et criminels commis par des policiers qui se disent démotivés. Mais ce qui importe maintenant, c’est d’éviter de continuer à engager les finances publiques sur une pente dangereuse.

BIEN EXERCER LE MANDAT-CHARNIERE

Pour revenir aux nominations qui pourraient intervenir ce week-end, Le Potentiel invite ex-Composantes à désigner des personnes expérimentées et non des courtisans aux insuffisances notoires. Bien plus, ceux qui seront nommés ne doivent plus continuer à servir leur Composante, mais l’Etat congolais. Ils devront se mettre en tête qu’ils vont exercer un mandat-charnière en vue de passer le relais à l’équipe gouvernementale de la 3ème République.

Cet aspect du problème préoccupe au plus haut point les partenaires extérieurs. Le Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat) avait proposé en son temps la mise sur pied d’une équipe restreinte et efficace ; laquelle bénéficierait de l’expertise des pays membres du Ciat pour que la gestion de la «petite transition» ne souffre pas trop des interférences politiciennes dictées par des objectifs électoralistes particuliers.

Autre préoccupation, la gestion d’autres postes stratégiques, notamment le ministère de la Défense, et bien sûr la Présidence de la République. En cette période du processus de l’intégration de l’armée, le choix du successeur du ministre sortant de la Défense devra être judicieux pour ne pas remettre en cause les avancées réalisées jusqu’ici.

Quant à l’institution Présidence de la République, le fait que le président sortant soit candidat à sa propre succession, le choix des collaborateurs devant remplacer les élus du 30 juillet dernier devra prendre en compte les exigences propres de l’institution. En d’autres termes, le président devrait se placer au-dessus de la mêlée. A cet effet, il pourrait s’entourer des personnes ayant prouvé leur sens élevé de responsabilité ; un comportement d’homme d’Etat qui répugne toute réaction épidermique. Le clientélisme est à proscrire. Il apparaît, pour conclure, que la gestion de la «petite transition» ne se fera nullement en dilettante. Bien au contraire, elle doit, de par la spécificité de la période, répondre, plus qu’antérieurement, aux sacrés critères de la bonne gouvernance.


Le potentiel



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