Retour de Bemba : l’Onu, Paris et Pretoria s’impliquent

 

Prorogeant jusqu’au 31 juillet le séjour du leader du Mlc à Faro, au Portugal, le sénat se déclare, cependant, incompétent à satisfaire aux préoccupations sécuritaires qui émaillent ce retour
La question du retour
de Jean-Pierre Bemba continue à défrayer la chronique. Le dimanche 10 juin dernier, le Bureau politique de son parti, le Mlc, avait, dans un communiqué de presse sous la signature de Thomas Luhaka, laissé entendre que leur leader avait recouvré sa santé après les soins reçus en Europe et qu’il était près à rentrer au pays. Mais il sollicitait, pour ce faire, des garanties de la part du pouvoir étant donné les évènements qui ont émaillé sa sortie du pays.

Du côté du chef de l’Etat, la réponse est connue : le retour du sénateur Bemba ne dépend pas de lui, mais plutôt du sénat qui l’avait autorisé à quitter le pays.
Outre la réponse anticipative du chef de l’Etat donnée lors de son séjour à Brazzaville, une autre question préoccupait l’opinion, c’était celle de savoir si le sénateur Bemba n’allait pas perdre son mandat dans la mesure où les 60 jours lui accordés par le sénat pour les soins à l’étranger arrivaient à échéance le 11 juin dernier.

Cette inquiétude est à présent levée d’autant que le séEnat vient d’apporter des précisions à ce sujet.
Dans un communiqué signé le 15 juin par Modeste Mutinga, rapporteur, le sénat fait savoir qu’il a été saisi d’une lettre du sénateur Jean-Pierre Bemba datée du 12 juin dans laquelle il sollicite une prorogation de son séjour à Faro, au Portugal. Ne trouvant aucun inconvénient à cette requête, le Bureau du sénat l’a autorisé à proroger son séjour jusqu’au 31 juillet, soit près de deux mois.
Par ailleurs, s’agissant de son retour pour lequel continuent à se poser
des préoccupations sécuritaires, le sénat a fait savoir que la satisfaction de ces préoccupations ne relève pas de sa compétence.

Officiellement, le sénat se voit limiter d’obtenir du chef de l’Etat des garanties quelconques. Mais d’après des sources de cette même institution qui ont requis l’anonymat, il est entrain d’être mis en place dans le cadre de la diplomatie parlementaire certains mécanismes pour faire revenir le président de la République aux bons sentiments. Car, même si le sénat avait accordé l’autorisation, il ne reste pas moins vrai que c’est parce que le chef de l’Etat avait donné son visa que l’ancien vice-président de la République avait quitté le pays.
En effet, ainsi que l’a diffusé Rfi en fin de la semaine passée, la communauté internationale s’implique dans le retour de Jean-Pierre Bemba. Au sénat, on cite en premier lieu l’Onu. Sans doute, la délégation du Conseil de sécurité qui arrive ce mardi à Kinshasa ne manquera pas d’aborder cette question avec les officiels congolais.
En dehors de l’Onu, il y aurait des Etats, notamment l’Afrique du Sud et la France qui s’y investiraient.
Sans doute que cette sollicitation diplomatique couplée à celle de l’intérieur produira des effets. Wait and see.


Alexis Muyumba

( In Nouvel élan N°189 du lundi 18/06/2007)



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