 |
|
-------------
La rhétorique
présidentielle

Joseph Kabila
avait-il pris la peine de prendre connaissance de son
allocution avant de la prononcer devant l’aréopage des
personnalités venues participer à la naissance de l’AMP ?
Manque de conviction forte. Manque de cohérence. C’est la
double impression laissée par ce discours prononcé, samedi
24 juin à Kinshasa, lors du lancement officiel du cartel
politique « Alliance pour la majorité présidentielle ». Ce
texte n’a pas été convainquant faute de conviction de la
part du locuteur. « Joseph » a donné l’impression de réciter
une excellente compilation de bonnes intentions. Ceux qui
ont rédigé le « programme politique » du chef de l’Etat
sortant ont perdu de vue une règle élémentaire en
communication politique. A savoir que tout discours doit
refléter une certaine cohérence avec l’action ou l’image de
l’acteur politique. C’est le fameux « je fais ce que je dis
». A défaut de cohérence, l’image de l’homme politique se
brouille. Bonne gouvernance, respect des droits humains,
dialogue, tolérance, égalité de chance, réconciliation etc.
Kabila a énuméré tous ces beaux principes auxquels lui et
son entourage n’ont jamais manifesté une adhésion sincère.
Comment y croire ? Vocation tardive ? Ceux qui ont rédigé le
discours présidentiel ont perdu de vue également que «
Joseph » est candidat à sa propre succession. Pour
convaincre les futurs électeurs sur le bien-fondé de sa
prétention, le président candidat doit commencer par
défendre le bilan des cinq années passés au pouvoir. Ses «
priorités » à venir ne peuvent être crédibles qu’au regard
des résultats obtenus par rapport aux promesses faites le 26
janvier 2001. Quelques exemples. Il est indécent d’entendre
Kabila parler de la « réconciliation nationale » ainsi que
de la « restitution » des biens confisqués aux dignitaires
de l’ancien régime. L’homme feint d’ignorer qu’il ne peut y
avoir de vraie réconciliation sans une justice juste et
équitable ; sans la paix des cœurs et des esprits.
Ignore-t-il que des propriétaires des immeubles confisqués
n’ont pu récupérer ceux-ci que moyennant la prise en charge,
par eux, des frais de relogement des individus – souvent
proches de la présidence de la République - qui occupent
leurs habitations sans titre ni droit ? Et que ceux qui
n’ont pas les moyens de passer cette étrange transaction
attendent désespérément de reprendre leurs propriétés ?
Ignore-t-il franchement que depuis une décennie, on assiste
au retour en force du tribalisme et du régionalisme ?
N’est-ce pas la preuve de l’incapacité de l’Etat à garantir
l’intérêt de chacun et de tous et surtout de permettre à
chaque citoyen de se sentir membre à part entière de la
grande famille congolaise ? On se demande bien si « Joseph »
vit dans le même pays que ses compatriotes lorsqu’il promet
« une action décisive contre l’impunité par la
réhabilitation de l’appareil judiciaire». Pourra-t-il faire
en cinq ans ce qu’il n’a pu faire en …cinq ans aux miliciens
et autres officiers mutins qui entretiennent l’instabilité
au Nord Katanga, dans les provinces du Kivu et dans le
district de l’Ituri ? Le refus du dialogue, l’intolérance
par la répression des militants de l’opposition sont des
signes qui caractérisent le pouvoir en place. Le 26 janvier
2001, le successeur de Mzee avait promis aux Congolais de
faire « toute la lumière » sur la disparition de son
illustre prédécesseur. Cinq ans après, l’opinion congolaise
reste unanimement sur sa faim. Le méga-procès organisé en
2002 n’a pas fait éclater la vérité. Cela n’a pas empêché
l’ex-Cour d’ordre militaire de distribuer, au propre comme
au figuré, des peines maximalistes. N’est-il pas suspect que
l’homme présenté comme le témoin oculaire du meurtre soit
toujours en liberté. D’aucuns n’hésitent pas à clamer, à
tort ou à raison, que les véritables assassins de LD Kabila
ne sont pas parmi les personnalités civiles et militaires
embastillées à Makala. Au total, l’allocution prononcée par
Kabila ne peut convaincre que les faibles d’esprit et autres
chasseurs de trésors. La RD Congo a, de toute urgence,
besoin des gouvernants capables non seulement de dire mais
surtout de faire ce qu’ils disent. En politique, la
rhétorique ne suffit pas !
L’UE dévoile le calendrier électoral complet
du Congo
(ARIB.INFO 14/06/2006)
@rib News, 14/06/06 - Le représentant de l’Union européenne
pour la région des Grands Lacs, Aldo AJELLO, a dévoilé ce
mardi le calendrier des élections prévues au cours des
prochains mois en République démocratique du Congo (RDC),
avec la proclamation des résultats définitifs d’un éventuel
second tour de la présidentielle fixée au 30 novembre.
Le calendrier annoncé par la Commission électorale
indépendante (CEI) congolaise ne porte jusqu’à présent que
sur le premier tour de l’élection présidentielle et les
législatives (à un tour), qui se tiendront toutes deux le 30
juillet, après plusieurs reports.
Au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, M. AJELLO a
ébauché le calendrier complet, tel que circulant sous le
manteau à Kinshasa - mais non encore rendu public par la CEI.
Son président, l’abbé Apollinaire MALU MALU, a réaffirmé
samedi qu’il annoncerait à la fin du mois de juin la suite
du calendrier, qui doit fixer la date du second tour de la
présidentielle et l’élection des députés provinciaux (devant
à leur tour élire les gouverneurs de province et les
sénateurs).
Selon M. AJELLO, la proclamation définitive des résultats
des deux premiers scrutins devrait avoir lieu... le 14
septembre, soit plus d’un mois et demi après leur tenue. La
campagne pour le second tour de la présidentielle - si aucun
des 33 candidats n’obtient la majorité absolue au premier -
s’étendra du 15 septembre au 14 octobre.
L’éventuel second tour de la présidentielle et les
provinciales devraient se dérouler le 15 octobre, avec une
proclamation des résultats provisoires le 19 novembre et
l’annonce des résultats finaux le 30 novembre - soit bien
après l’échéance de la transition en cours en RDC depuis
2003 et qui était fixée au 30 juin.
Au total, onze scrutins sont prévus en 2006 en RDC et
doivent conclure une transition politique difficile initiée
en 2003 après une guerre civile et régionale de près de cinq
ans qui a fait, directement et indirectement, quelque quatre
millions de morts.
Plus de 25,6 millions d’électeurs, dans un pays de près de
60 millions d’habitants et de la taille de l’Europe
occidentale, sont appelés à participer à ces élections,
devant doter la RDC d’un régime semi-présidentiel dans un
Etat unitaire fortement décentralisé.
L’Union européenne va mener une opération militaire de
quatre mois - du 29 juillet au 30 novembre - pour épauler
les 17.000 Casques bleus de la Mission des Nations Unies au
Congo (MONUC), dans la partie occidentale du pays et «
dissuader » d’éventuels perturbateurs. (Source 7sur7)
© Copyright ARIB.INFO
|
| |
| [
Retour
] |
Le mariage de Joseph Kabila de
nouveau reporté
Le mariage
du président de la République Joseph Kabila, 35 ans, avec
Olive Lembe di-Sita, 27 ans, prévu le 10 juin, a de nouveau
été repoussé d'une semaine, a-t-on appris mercredi de source
proche de la présidence de la République. C'est la seconde
fois que ce mariage, initialement prévu le 4 juin, est
reporté, depuis la publication des bans début mai.
Selon le chef de la Maison civile du chef de l'État,
Théodore Mugalu, la bénédiction nuptiale sera donnée par
l'archevêque de Kinshasa, le cardinal Frédéric Etsou, et le
président de l'Église du Christ au Congo (protestante), Mgr
Pierre Marini Bodho.
La cérémonie qui se déroulera à la Cité de l'Union africaine
(ouest de Kinshasa) - sera précédée par le mariage civil
dans la commune de la Gombe, dans le centre de la capitale
congolaise.
Le président Kabila séjourne depuis le 31 mai au Katanga
(sud-est), la riche province minière d'où sa famille est
originaire, dans le cadre d'une mission d'inspection.
Mardi, le chef de l'Etat qui est candidat à sa propre
succession à l'élection présidentielle du 30 juillet, s'est
rendu à Kamina, à environ 500 km au nord-ouest de Lubumbashi
(capitale du Katanga), où il a à nouveau assuré que les
élections étaient "irréversibles" et se tiendraient "à la
date prévue".
Le président Kabila devrait regagner Kinshasa en fin de
semaine et s'entretenir lundi avec la délégation du Conseil
de sécurité de l'Onu, qui termine en RDC une tournée
africaine
Kinshasa, 8/06/2006
(afriquecentrale.info, via mediacongo.net)
Arrestation du
pasteur Kuthino: la vice-présidence Ecofin répond au gouverneur
de Kinshasa
La vice-présidence de la République en charge de la Commission
économique et financière vient de réagir aux propos tenus par le
gouverneur de la ville de Kinshasa à la suite de d’arrestation
ce dimanche 14 mai 2006 du pasteur Kuthino Fernando, chef
spirituel de l’Eglise Armée de Victoire. Le communiqué, signé
par le conseiller en communication du vice-président Jean Pierre
Bemba, rejette les allégations du gouverneur de la ville et
exige une enquête.
1. Le cabinet du vice-président de la République en charge de la
Commission économique et financière a appris par les médias que
le pasteur Fernando Kuthino, chef spirituel de l’Eglise « Armée
de la Victoire», a été arrêté le dimanche 14 mai 2006 aussitôt
après l’adresse à ses fidèles au stade Tata Raphaël, dans la
commune de Kalamu ;
2. Selon le gouverneur de la ville de Kinshasa qui a livré cette
information, l’infortuné a été appréhendé par les services
spéciaux de la Police aux motifs que:
- il aurait tenu des propos incendiaires à même de troubler
l’ordre public;
- la perquisition sur son lieu de culte aurait abouti à la
découverte des armes et autres effets de guerre, et deux de ses
gardes du corps appartiendraient à la garde rapprochée du
vice-président de la République Jean-Pierre Bemba ;
3. Le cabinet du vice-président de la République en charge de la
Commission économique et financière est surpris par la légèreté
des allégations faites par le gouverneur de la ville de Kinshasa
en violation du principe du secret de l’instruction pénale. En
s’érigeant en instance judiciaire avant la conclusion d’une
enquête sérieuse, celui-ci tente d’établir un lien entre la
sécurité du révérend Kuthino et la garde du vice-président de la
République en charge de la Commission économique et financière.
Ces affirmations gratuites dénotent d’une volonté manifeste de
nuire par la diffamation afin d’occulter le message d’éveil de
la conscience du peuple congolais.
4. Cette information véhiculée pour semer la confusion dans
l’opinion appelle de la part du cabinet du vice-président de la
République en charge de la Commission économique et financière
les précisions suivantes :
a. Il n’y a aucun militaire affecté d’une manière ou d’une autre
à la sécurité du pasteur Kuthino par les services du
vice-président de la République en charge de la Commission
économique et financière;
b. Selon toute vraisemblance, les deux éléments Fardc, en tenue
civile et qui n’étaient pas de service, trouvés sur place, y
étaient en toute légalité dans l’exercice de leur liberté de
culte consacrée par la Constitution ;
c. En cette période électorale, l’usage intempestif des forces de
l’ordre et l’instrumentalisation des organes de la loi pour
bâillonner les libertés publiques est un acte irresponsable de
forfaiture et gravement attentatoire à ces libertés,
particulièrement la liberté d’expression ;
d. La mise en place d’une commission d’enquête indépendante
s’impose avant que cette affaire soit étouffée comme l’ont été
celles des coup d’Etat montés de la Pentecôte et d’Eric Lenge,
officier de la garde rapprochée du chef de l’Etat.
D’autant qu’il est inadmissible de fouler aux pieds les principes
modernes d’un Etat de droit.
En tout état de cause, le cabinet du vice-président de la
République en charge de la Commission économique et financière
dénonce une cabale, un montage grossier destiné à nuire à
l’honorabilité et à la dignité d’un homme de Dieu.
L’Etat de droit que tous les Congolais appellent de tous leurs
vœux ne s’accommode pas des pratiques du temps révolu du
gouvernement Afdl. Est-ce la préfiguration de l’Etat Afdl/Pprd?
Fait à Kinshasa, le 15 mai 2006
MOÏSE MUSANGANA
CONSEILLER EN COMMUNICATION DU VICE-PRESIDENT EN CHARGE DE LA
COMMISSION ECONOMIQUE ET FINANCIERE
Élection présidentielle en RDC : pourquoi il ne
faut pas choisir J. Kabila
Je l’avoue
d’emblée : c’est après la lecture de l’ouvrage de Vital Kamhere
de 158 pages intitulé « Pourquoi j’ai choisi Kabila » que j’ai
éprouvé la nécessité d’écrire ce papier. Ce titre s’est imposé à
moi, non pas pour « prendre le contre pied » de M. Kamhere, mais
pour dresser un autre portrait de lui basé sur des faits réels.
La démocratie n’appelle-t-elle pas une pluralité d’opinions ?
Mais de prime abord, il faut se réjouir de cette initiative de V.
Kamhere qui, comme H. Ngbanda, consignent leurs idées dans des
ouvrages. A défaut d’être des programmes politiques, ces écrits
constituent des témoignages de référence à même de permettre aux
Congolais de les juger. Les générations futures apprécieront la
façon dont le Congo a été géré. Sans aucun doute, l’ouvrage de
M. V.Kamhere convaincra certains Congolais de voter pour J.
Kabila, mais il est de notre devoir, en tant que scientifique,
d’éclairer notre peuple sur la manière dont notre pays est
dirigé. Après, chacun votera en son âme et conscience. En tant
que juriste, nous allons nous limiter aux aspects juridiques de
la fonction du président J. Kabila car, sans sécurité juridique,
aucune stabilité politique ni développement économique
harmonieux en RDC n’est possible.
1. Violation de la
constitution et de la loi n° 04/023 du 12 novembre 2004 portant
organisation générale de la défense : ignorance ou incompétence
?
Le président J. Kabila viole impunément la Constitution. En effet,
le 18 février 2006, devant toute la Nation et en présence des
invités comme le président en exercice de l’Union Africaine,
Denis Sassou Nguesso ou le Commissaire européen aux affaires
humanitaires, qualifiés par certains Congolais de « Tonton
Michel » en raison de son intervention intempestive dans les
affaires intérieures du Congo, J. Kabila promulgua la
Constitution soumise au référendum les 18 et 19 décembre 2005.
En droit, à partir de cette date, il n’y a plus de doute
possible que celle-ci entre en vigueur et, sauf dispositions
concernant les attributions des institutions politiques de la
transition, la Constitution de transition du 4 avril 2003 est
abrogée. A partir du 18 février 2006, lorsque le Chef de l’Etat
agit dans le cadre de son pouvoir réglementaire, il ne prend
plus des décrets mais des ordonnances. En effet, l’article 79
al. 3 de la Constitution du 18 février 2006 est formel : « Le
Président de la République statue par voie d’ordonnance ».
Mais lui continue à prendre des décrets.
En effet, on se souviendra utilement qu’à la suite des requêtes
introduites contre lui devant la CSJ pour violation de la loi
électorale, J. Kabila prit, en date du 15 mars 2006, soit après
l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, le décret n°
06/012 portant acceptation de sa démission volontaire de
l’armée. Quelques jours avant, soit le 8 mars 2006, il avait
aussi signé deux décrets n°s 06/008 et 009 portant nomination de
M. Sam Bokolombe et Kikata Ngima respectivement directeurs
généraux à la DGI et à la DGRAD, tandis que Mme Kute Kibambe,
Alphonse Bansumi et Jean Kalala Mukongo étaient désignés comme
directeurs généraux adjoints à la DGI et à la DGRAD. Il signa
encore des décrets accordant la personnalité juridique à des
SARL ( nous n’avons pas mis la main sur ces décrets mais avions
suivi le compte rendu du gouvernement à ce sujet sur radio
okapi). Certains de ces décrets peuvent être consultés sur le
site officiel de la présidence. Celui concernant sa démission
ainsi que la loi organique des FARDC nous ont été transmis par
un employé de la présidence de la République ! ( C’est dire à
quel point, même dans son entourage immédiat, des patriotes se
lèvent pour défendre le Congo).
J. Kabila que M. V. Kamhere présente comme diplômé de
l’Université de Washington ne sait-il pas qu’il a promulgué une
nouvelle Constitution dont il est le garant ? Les juristes
qui entourent le Chef de l’Etat au propre comme au figuré
ignorent-ils qu’une nouvelle Constitution est entrée en vigueur
? Ses partisans invoquent celle-ci quand cela les arrange, comme
c’est le cas pour l’art. 222, mais le Chef de l’Etat lui même se
comporte comme si le Congo était encore régit par la
Constitution de transition du 4 avril 2003, jetant ainsi une
confusion dans les esprits et semant une insécurité
juridique dans la gestion des affaires de l’Etat. Peut-on
faire confiance à un pareil Chef d’Etat pour conduire encore
pendant cinq ans la destinée du Congo ?
A supposer même que nous soyons sous l’empire de la Constitution du
4 avril 2003, en étudiant son décret du 15 mars 2006 portant
acceptation de sa démission de l’armée, il appert clairement
qu’il l’a aussi violé, de même que la loi organique sur l’armée
que nous nous sommes procurée et qu’il cite d’ailleurs dans
ledit décret. Cette constitution prévoyait que ses décrets
étaient délibérés en Conseil de ministres (art. 71) tandis que
l’article 31 dernier alinéa de la loi n° 04/023 du 12 novembre
2004 portant organisation générale de la défense et des forces
armées porte que « Le Conseil Supérieur de la Défense donne un
avis conforme sur toutes les autres questions relatives à la
Défense Nationale ». Sont membres de ce Conseil le président de
la République, les quatre Vice-présidents, le Ministre de la
Défense, celui de l’Intérieur, des affaires étrangères, le Chef
d’Etat-major Général des forces armées, le chef d’Etat-Major de
la force terrestre, de la force aérienne et de la force navale.
Et l’article 33 al 4 de la loi organique des FARDC est encore
plus explicite puisqu’il dispose que « … les décisions du
Conseil Supérieur de défense sont prises par consensus, à
défaut, à la majorité simple des membres présents ». Mais
aucune des autorités compétentes relevant du Conseil supérieur
de la Défense n’éleva la voix contre ces violations. Les
candidats présidents qui ont exigé la démission de Malu Malu
peuvent, s’ils le veulent, attaquer ce décret en annulation
devant la Cour suprême puisqu’il leur cause préjudice en
instituant une inégalité de chances entre eux, au mépris de la
Constitution qui prévoit que tous les Congolais sont égaux
devant la loi. Mais quand les citoyens hésitent à saisir la
justice parce que « la décision est connue d’avance »,
les risques d’une justice privée et de la barbarie deviennent
réels.
En outre, le 23 mars 2006, lors du dépôt de son dossier à la CEI,
J. Kabila avait aussi violé l’art. 10 al. 8 de la loi électorale
en ce qu’il n’avait pas apporté la preuve de sa démission
acceptée de l’armée. C’est lorsqu’ils furent assignés en justice
qu’il prit un décret à la place d’une ordonnance pour compléter
son dossier, ignorant carrément de protéger aussi le Général
Likulia dont on n’a toujours pas connaissance de l’acte
juridique mettant fin à son statut militaire. Certains avaient
qualifié cette attitude d’égoïste car, s’il ne sait assurer la
protection d’un Congolais, qu’en sera-t-il des autres soixante
millions ? Par ailleurs, si l’on peut comprendre sa réserve
pendant que le procès était en cours, son silence après le
prononcé de l’arrêt est incompréhensible. Alors qu’on vit à
l’époque des communications, il n’a pipé un mot à la Nation sur
ce sujet important, préférant écouter ce qu’en disaient les
Congolais. Ce sont ses collaborateurs qui, par procuration,
expliquèrent aux Congolais le bien fondé de sa démarche, donnant
par là un avant-goût de la façon dont il mènera sa campagne
électorale. L. Michel n’avait-il pas dit qu’il avait une grande
capacité d’écoute ?
Ce sont là les autres portraits de J. Kabila qu’il convient aussi
de « vendre » aux Congolais. Mais il y a plus grave, la
problématique de sa nationalité.
2.
Contestations de la nationalité congolaise de J. Kabila :
question d’ordre public
En lisant V. Kamhere, on s’attend à voir se dissiper les doutes sur
la nationalité de J. Kabila. Mais ils persistent. Pour rappel,
selon le Belge Erik Kennes, J. Kabila est né à Mpiki, à coté d’Esango
près de Hewa Bora. Le Procureur Général Luhonge Kabinda Ngoy
avait requis en 2001 lors de son investiture qu’il est né à Hewa
Bora II. C’est du reste ce qui est repris dans la note
biographique officielle. Le président aurait-il le don
d’ubiquité pour qu’il naisse à deux endroits différents ? Où
sont les ressortissants de Mpiki ou de Hewa Bora II ? Dans
quelles écoles primaires était-il inscrit ? Où sont ses amis
d’enfance ? Sans revenir sur le caractère rabougri de cette note
biographique, il importe de relever que des témoignages
abondent, ne se contredisant jamais mais situant au contraire
l’origine et la nationalité de J. Kabila au Rwanda. Quelques
références s’imposent.
Ainsi, Etienne Kabila Taratibu, fils aîné de « Mze », censé être le
propre frère de J. Kabila lui conteste-t-il, en vertu du Code de
la Famille, sa nationalité congolaise d’origine. Il révèle qu’il
est Rwandais de père et de mère ; H. Ngbanda, ancien patron des
services secrets de l’ex-Zaïre, fut le premier à dénoncer
publiquement J. Kabila comme étant un sujet rwandais ; M. Karel
De Gucht, patron de la diplomatie belge, lui qui a accès aux
documents officiels et à ceux des services secrets de son pays,
lors d’un voyage officiel au cours duquel il va rencontrer J.
Kabila, distribua non seulement une note biographique dans
laquelle on révélait que J. Kabila était Rwandais, mais en plus,
il ne refusa de l’infirmer, comme si sa conscience d’homme d’Etat
l’avait incité à dire aux Congolais que celui qui les dirige
n’est pas un national ; James Kabarebe qui est encore en vie
était le Chef d’Etat-Major de notre armée nationale.
Aujourd’hui, il exerce les mêmes fonctions au Rwanda. Or, le 9
juillet 1997, le « Washington Post » avait écrit que la mère
de J. Kabila est la sœur de J. Kabarebe (voir Chronique
politique d’entre deux guerres, G. de Villers et J. C. Willame,
Cedaf, Harmattan) ; Le « Jeune Afrique » du 30 janvier 2001
écrit à son sujet qu’il avait intégré l’armée patriotique
rwandaise et devint l’aide de camp du colonel James Kabarebe. A
la chute de Lubumbashi, pendant la guerre de 1996-1997, il avait
travaillé dans les services de renseignements rwandais et avait
interrogé des officiers zaïrois capturés », etc.
La crainte de certains Congolais à l’égard de J. Kabila est
d’autant plus justifiée que, depuis son indépendance, tous les
leaders politiques Rwandais à Kigali ont toujours poussé leurs
concitoyens à émigrer et à s’installer dans le Kivu. Bien plus,
ils cherchent même à s’approprier cette partie de notre
territoire. Depuis dix ans, les FDLR, sans avoir obtenu le
statut de réfugiés, ne refusent-ils pas de regagner le Rwanda ?
Plus que ça, J. Kabila et A. Ruberwa, soupçonnés d’être
Rwandais, occupent non seulement la tête de l’Etat, mais aussi
la direction de notre armée nationale et de nos services des
renseignements, instruments stratégiques de notre souveraineté.
Avec l’aide des experts du pays de « Tonton Michel », ils ont
entrepris de nous ravir légalement le Kivu. La preuve ?
Depuis la Constitution de Luluabourg de 1964 (soumise aussi au
référendum), le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat
congolais. Il en est le propriétaire exclusif. Les individus,
personnes physiques ou morales, n’ont qu’un droit de jouissance.
Depuis lors, même sous Mobutu, cela a toujours été ainsi. Mais
voici que sous J. Kabila et Ruberwa, l’Etat congolais n’est plus
propriétaire du sol et du sous-sol. L’article 9 de la
Constitution du 18 février 2006 dispose en effet que l’Etat
n’exerce plus qu’une souveraineté permanente sur le sol et le
sous-sol congolais. Et, plus grave encore, de façon alambiquée,
l’art. 217 ajoute que : « La RDC peut conclure des traités ou
accords d’association ou de communauté comportant un abandon
partiel de souveraineté en vue de promouvoir l’unité africaine
». Certes, toute cession d’une portion de territoire exige qu’un
référendum soit organisé, mais quand on voit comment celui des
18 et 19 décembre 2005 a été organisé avec l’aide de la «
Communauté internationale », les risques que nous puissions
perdre notre Kivu sont réels. Même nos compatriotes qui sont au
PPRD n’aimeront pas que le Congo perde le Kivu au profit du
Rwanda.
Eu égard à ce qui précède et sans préjudice des critères comme
l’âge du président (30 ans), la non exigence d’un diplôme pour
être candidat, le refus d’un débat entre candidats, etc),
comment ne pas se méfier ? Aimons-nous vraiment le Congo ?
L’histoire nous jugera.
Par:
Fidèle Zegbe Zegs
Avocat au Barreau de Kinshasa – Gombe (RDC)
Doctorant en droit
Source:
CongoOne
, Mise en ligne le 17-05-06
Retombées de la visite de
« Chairman » dans la province du Bandundu
A
Idiofa, Constant N’Dom réussit une mobilisation inédite au MLC
en présence de JP Bemba
Parton du MLC/Bandundu, le ministre Constant N’Dom Nda Ombel a
prêché par l’exemple dans son propre fief à Idiofa. C’était à
l’occasion de la visite du Président National du Parti, le Vice-
Président Jean Pierre Bemba Gombo. Arrivé précipitamment à
Idiofa, juste la veille de la visite du « Chairman », N’Dom Nda
Ombel n’aura, en tout et pour tout, eu qu’un seul jour pour
préparer ce grand événement, là où il fallait au minimum une
semaine. Mais, curieusement, Jean Pierre Bemba a été surpris par
un véritable débordement en lieu et place d’une mobilisation
normale.
A Idiofa, fief de Constant N’dom Nda Ombel dans la Province du
Bandundu, le « Chairman » du MLC a eu droit à un accueil plus
que délirant. Une véritable marée humaine s’est déversée sur le
passage du Vice- Président de la République Jean Pierre Bemba
accueilli comme un messie.
Partout où il est passé, « JPB » était agréablement surpris de
voir des milliers de congolais qui tenaient tous à lui serrer la
main comme s’ils en récoltaient une bénédiction. Les gardes du
corps et autres militaires commis à la sécurité du « Chairman »
étaient très visiblement débordés par une démonstration de force
qu’ils n’avaient pas prévue et qui faisait l’effet d’une bombe.
C’est à croire que toute la population d’Idiofa se retrouvait
dans la rue, abandonnant maisons, champs…. A la gloire de Bemba.
Pourtant, pour toute préparation, Constant N’Dom Nda Ombel
n’avait eu qu’un seul jour, le Président National du MLC ayant
pratiquement improvisé cette descente comme pour jauger, sur le
terrain, le poids politique du Président de l’Interfédéral du
MLC dans la Province du Bandundu. Arrivé donc la veille à Idiofa,
Constant N’Dom n’a pas pu disposer d’une semaine comme il
l’aurait souhaité pour préparer la visite du Président National
du Parti dans son fief électoral à Idiofa.
Mais N’Dom Nda Ombel n’a eu que sa crédibilité personnelle pour
réussir une mobilisation inédite pratiquement dans les annales
du MLC, pour ne pas parler d’une vraie mobilisation où les gens
accouraient, non pour ces t-shirts, pagnes et autres gestes pour
arracher leur présence, mais par adhésion, par amour. Chose rare
en RDC où généralement, le même comité d’accueil, sans
conviction et sans adhésion, s’improvise juste en échange d’un
pourboire face à tout politicien.
Le vrai message à décoder de cette démonstration de force, c’est
qu’Idiofa ne jure que par Constant N’Dom Nda Ombel. D’ailleurs,
c’est depuis l’époque de Mobutu que « Constant » vit dans une
symbiose palpable avec la population d’Idiofa sous la conduite
des chefs coutumiers. Bien que résidant à Kinshasa, Constant
N’Dom Nda Ombel n’a pas attendu d’être élevé au rang de
Président de l’Interfédéral du MLC/Bandundu pour préparer son
fief électoral. Mais, cette mobilisation n’est que la suite
logique d’une complicité inébranlable.
Au regard de cette démonstration de force , il est un fait
indéniable : Constant N’dom Nda Ombel fait partie des cadres du
MLC ayant des assises réelles et qui peuvent contribuer
largement à l’élection de Jean Pierre Bemba à la présidentielle.
Le pouvoir a dépouillé la Gécamines
Une ONG néerlandaise publie un rapport sur la manière dont
l'entreprise minière continue à être dépecée.
La Banque mondiale accusée.
L'Institut néerlandais pour l'Afrique australe (NiZA)
vient de publier avec l'ONG anversoise International Peace
Information Service (IPIS), un rapport de 80 pages sur le
Congo-Kinshasa, intitulé «L'Etat contre le peuple»(1), fruit de
«cinq mois» d'étude.
NiZA poursuit, en quelque sorte, l'enquête onusienne qui avait
dénoncé le pillage du Congo, pendant la guerre, par des réseaux
d'élites liés aux rébellions et à leurs alliés ainsi qu'au
gouvernement Kabila et à ses soutiens extérieurs.
Le clan Kabila
Le rapport note ainsi que, durant la transition comme pendant la
guerre, «l'impunité, au lieu de la responsabilité, semble être
la règle» en matière de mauvaise gouvernance et de corruption.
Et n'hésite pas à accuser la Banque mondiale d'avoir fait preuve
d'une coupable négligence en ne défendant pas le patrimoine
national congolais contre ses prédateurs. «L'interaction entre
le gouvernement congolais et la Banque mondiale a résulté en un
processus de privatisation anarchique et opaque qui a dépouillé
la Gécamines (entreprise minière d'Etat) de tous ses actifs»,
dit le texte. Celle-ci «est désormais liée par d'innombrables
contrats à des partenaires privés, souvent douteux, qui ne
rapportent rien, ou à peine, à la Gécamines ou au Trésor».
Le rapport se concentre sur le Katanga, où le dépeçage de la
société minière nationale a entraîné un chômage généralisé qui
risque d'«exacerber les tensions politiques et ethniques
sous-jacentes qui menacent de déclencher un violent conflit». Il
a aussi fait exploser l'exploitation minière artisanale, menée
dans des conditions dramatiques et dont la production quitte le
pays non raffinée, le privant d'autres ressources.
«Les innombrables accords de joint venture que la Gécamines a
conclus comportent de nombreuses anomalies, qui sont toutes
pernicieuses pour l'Etat (congolais) et pour la Gécamines», dit
le rapport. Ce dernier indique que «d'habitude ces accords sont
négociés par les directeurs de la Gécamines, mais le président
Kabila et les membres de son entourage interviennent souvent
dans les pourparlers. Les conditions de ces contrats, jugées par
des experts comme étonnamment défavorables pour la Gécamines,
donnent de sérieuses raisons de penser que les fonctionnaires
participants aux négociations ont reçu des pots-de-vin».
En outre, «la corruption pourrait également expliquer que les
autorités congolaises permettent que les contrats de joint
venture ne soient pas correctement exécutés dans la plupart des
cas».
Le rapport dénonce en particulier le «clan katangais de
Kabila et ses médiateurs de pouvoir, qui ont maintenu leur
position quasiment hégémonique dans cette province depuis
presque une décennie. Il est difficile de trouver des pièces à
conviction probantes de la corruption, mais des preuves
incontestables montrent que le PPRD de Kabila utilise la
Gécamines comme un véhicule pour financer le parti».
Le rapport de NiZA souligne aussi la
«responsabilité» de la Banque mondiale dans cette situation.
Celle-ci, depuis 5 ans, «supervise et finance la restructuration
de la Gécamines» mais «n'a pas été capable ou désireuse de faire
face à l'énorme obstruction politique que les efforts déployés
pour mettre en oeuvre des pratiques de bonne gouvernance» ont
«rencontrée».
Kov, Kamoto et le cadastre
Outre une présentation générale de la situation, le rapport de
NiZA présente l'étude de cas: la mise en place ratée d'un
cadastre minier; la manière dont les actifs de la Gécamines à
Kov et à Kamoto ont été transférés à des sociétés privées
-Global Enterprises Corporate, de l'Israélien Dan Gertler, et
Kinross-Forrest, immatriculée aux îles Vierges britanniques, un
paradis fiscal.
(La Libre belgique
du 27/04/2006)
Marie-France Cros.
Devant les
délégués de la Smi, du Parlement, de la police Azarias Ruberwa
plaide pour des élections apaisées
La salle de conférences du ministère des Affaires étrangères a
servi de cadre à la tenue d’un séminaire portant sur la
problématique du processus sécuritaire pour des élections
apaisées. Cette rencontre qui a eu lieu le week end dernier.
Elle s’inscrit dans l’optique des solutions à mettre en place
avant, pendant et après les échéances électorales. Pour y
arriver, Me Azarias Ruberwa, vice-président de la République en
charge de la Commission Politique, Défense et sécurité a attiré
l’attention des participants sur la responsabilité qui leur
incombe de jouer franc jeu afin que le pays passe de la
transition à une troisième République réellement réconciliée,
apaisée et sécurisée. Ce qui nécessite, d’après lui l’amorce
d’un travail de fourmis, la main dans la main en vue de relever
le premier défi en rapport avec les forces de police et de
l’armée considérées à juste titre comme le pilier grâce auquel
seront organisées des élections crédibles.
Devant les délégués de la structure militaire d’intégration des
Forces armées de la République démocratique du Congo (Smi), du
Parlement, de la Police nationale et de la société civile, Mé
Azarias Ruberwa a indiqué que sur 18 brigades initialement
prévues, 12 sont formées et déjà à pied d’œuvre, tandis que les
6 autres le seront d’ici les prochaines élections.
A
cet effet, la question de l’équipement reste entière, la gestion
de l’armée n’est pas transparente et que le nombre d’effectifs
des éléments déclarés est sans commune mesure avec la réalité,
a-t-il déploré. Avant de s’exclamer : « Où va le surplus
puisque, selon lui, le budget reste suffisant ».
Face à cette situation, Me Azarias Ruberwa a préconisé l’octroi
par le gouvernement d’un budget extraordinaire pour les trois
derniers mois en faveur de ces corps dans le but de pallier aux
insuffisances ainsi constatées et garantir leur efficacité.
L’autre problématique est liée directement à l’opération de
Désarmement, démobilisation et réinsertion (D.D.R.) où l’on
retrouve comme en Ituri, certains soldats démobilisés qui ont
rejoint les rangs, pire, des armées restent cachées pour servir
des rapines spécialement par des militaires non payés.
Pour conjurer le mal, Azarias Ruberwa a salué le déploiement
bientôt de la force européenne de maintien de la paix pendant
les élections avant de mettre en garde les militaires et les
policiers contre une éventuelle appartenance politique.
Ce qui serait dommageable pour la suite des événements, a-t-il
poursuivi. Il espère que la logique des composantes va
disparaître. « Soyez unis, évitez de prendre position pour tel
ou tel candidat. Soyez apolitiques, sachez que ce qui fait votre
noblesse, c’est que tout le monde recourt à vous », a-t-il
martelé.
Azarias Ruberwa a par ailleurs évoqué d’autres paramètres
susceptibles d’hypothéquer le processus. Il s’agit de
l’exclusion faute de l’implication de tout le monde, la méfiance
considérée comme un virus avant de conseiller la classe
politique congolaise de s’imprégner de la culture du dialogue,
du compromis et de la communion qui en constituent l’âme d’une
nation sans laquelle on tournera en rond
Le Potentiel
Activité du Vice-Président en Charge de l’ECOFIN
L’envoyé
spécial de l’Union Européenne dans les pays de Grands lacs, Aldo
Ajello a présenté ce jeudi 20-04-2006 au Vice-Président de la
République en charge de l’Ecofin Jean-Pierre Bemba Gombo les
deux commandants qui seront à la tête de la force européenne
attendue très prochainement en RDC. Le Général de corps d’armée
Allemand Viereck et le français Damay respectivement
commandant général et commandant second qui dirigeront les 1.500
soldats européens. La dite délégation comprenait aussi
l’ambassadeur de l’Union Européenne en RDC monsieur de Carlo De
Filipi, et de l’ambassadeur allemand en RDC monsieur Reinhard
Bucholz. Dans un premier temps seuls 500 d’entre eux
seront déployés sur le territoire congolais en appui aux forces
de la monuc. Pendant ce temps les 1.000 autres seront cantonnés
à l’extérieur de la RDC.
L’Union
Européenne qui a répondu favorable à la demande de l’ONU de
renforcer les effectifs de la monuc n’attend plus maintenant que
la publication du calendrier électoral par la CEI pour commencer
le déploiement de cette force européenne.
Oumar Alpha Konaré, mission finale à Kinshasa
Comme à l’époque de Mobutu à qui le secrétaire d’État américain
James Baker vînt dire à N’Sele que «game is over» - les jeux
sont faits - avant les adieux de l’ambassadeur américain aux
Nations unies Bill Richardson à la tête de tous les services de
l’Oncle Sam, le général malien Alpha Oumar Konaré, «Premier
ministre» de l’Afrique, a été chargé par la Communauté
internationale via l’UA de passer un message sans équivoque à la
classe politique r-dcongolaise et à Étienne Tshisekedi, le seul
opposant de poids à avoir raté le train d’une Transition
rocailleuse et qui menace de torpiller celle-ci.
Les va-et-vient entre le Palais de la Nation, la présidence
r-dcongolaise et son appartement du GHK en disaient long. Le
Malien a d’abord passé son message à Joseph Kabila Kabange avant
de recevoir les quatre Vipi, puis... Étienne Tshisekedi et,
aussitôt, il s’est engouffré dans sa limousine pour aller faire
part à JKK de la réaction - réponse - du chef de l’Udps et... de
ses propres conclusions.
Nul ne s’imagine que tout va bien à Kinshasa. Contrairement à la
langue de bois diplomatique, tout est à l’arrêt. La transition
avait voulu d’un leadership responsable, on ne saurait dire
qu’il s’agit de celle-là aujourd’hui. La CÉI soudain est à
l’arrêt. Elle n’émet plus sur la même longueur d’onde avec
l’Exécutif. Reçu en milieu de semaine à l’Espace présidentiel,
l’abbé Malumalu ne répond plus à... l’espace présidentiel au
lendemain de son annonce du début de la campagne électorale.
Certes, le lancement de celle-ci implique arrêt pour les
Candidats d’actionner les leviers non seulement financiers
(système bancaire) mais politiques (médias publics) de l’État.
Resté - oublié - sur le quai par une Transition de tous les
enjeux à l’image du fiston Kevin persécuté du film «Maman j’ai
raté l’avion», Tshisekedi doit être «traité» avec délicatesse
afin que la «maison» de la famille MacCallister partie à Paris
sans lui - comme dans l’ouvrage de Chris Collumbus d’Hollywood -
ne flambe pas.
Controverse, polémique et confusion sont telles que la Cour
suprême de Justice ne saurait faire l’unanimité autour d’elle et
l’abbé Malumalu qui croit de son devoir d’affirmer désormais
haut et fort son indépendance - lui qui vit grâce à la seule
Communauté internationale - préfère s’en remettre au Parlement.
Est-il manipulé? La crise de confiance est réelle. Quand on voit
des plénipotentiaires de la Présidence de la République passer
d’une station télé à l’autre dans le quasi désordre pour
s’expliquer sur la gestion récente du dossier du chef de l’État,
que Bukavu est en proie à une nouvelle «libération» et, last but
not least, ce pavé inattendu du consul
angolais à Lubumbashi Pedro Gomes
Ngoma dénonçant l’enrôlement de plusieurs citoyens de son
pays vivant à Kapolowe, à 90 kms de Lubumbashi - ce qui n’est
pas pour faire le bonheur de la CÉI -, il y a de quoi dire avec
Alpha Oumar Konaré arrivé en mission finale (de sauvetage) dans
la Capitale qu’«il y a des choses qu’il faut encore consolider».
Même s’il rassure aussitôt: «Si tout le monde n’est pas là, ça
peut poser des problèmes politiques. Mais ça n’enlève rien à la
légitimité de ce qui va se mettre en place. Nous devons tout
faire pour que ceux qui ne seront pas là puissent toujours
continuer à rendre de grands services à leur pays».
(Le Soft 21/04/2006)
Prof. Lunda-Bululu : «On ne peut pas passer par le tripotage
pour faire accepter sa candidature à l’élection présidentielle »
Président
national de Rassemblement des forces sociales et fédéralistes (Rsf),
Prof. Lunda-Bululu, qui est également candidat à l’élection
présidentielle, s’est confié au Potentiel. Au menu, le verdict
rendu le 13 avril 2006 par la Cour suprême de Justice sur les
requêtes en invalidation de la candidature de Joseph Kabila
introduites par le président du Front patriotique et celui de la
Convention chrétienne. Quelle lecture fait-il du verdict de la
Cour suprême de justice, jugeant les deux requêtes irrecevables
par défaut de qualité des requérants ? Dans sa réponse, prof.
Lunda-Bululu affirme que « la Cour s’est conformée à la loi,
plus précisément à l’article 25 de la loi électorale », mais il
fait remarquer en même temps qu’« en leur qualité d’acteurs
politiques et de citoyens, les requérants avaient un intérêt
manifeste pour saisir la Cour suprême de Justice.
Malheureusement, la loi électorale précise la catégorie de
citoyens qui peuvent se faire prévaloir d’un intérêt en matière
de contestations relatives à la validité ou à l’invalidité des
candidatures ». Pour Lunda-Bululu, « le problème se situe au
niveau de la loi électorale. Les élections dans un régime qui se
veut démocratique intéressent et les électeurs et les
candidats», a-t-il dit avant d’jouter: «J’ai du mal à comprendre
que la contestation de candidature soit reconnue uniquement aux
candidats de la même circonscription… ». Dans tous les cas, fait
observer le président national de Rsf, «
tout citoyen qui a l’ambition de diriger la République au niveau
le plus élevé ne peut passer par le tripotage, le chipotage, le
grenouillage et le magouillage pour faire accepter sa
candidature à l’élection présidentielle. Le sens de l’honneur et
de la dignité le lui interdit ». Interview.
Vous
attendiez-vous à ce que, après publication par la Cei de la
liste provisoire des candidats présidents, quelqu’un introduise
une requête en invalidation de la candidature de Joseph Kabila ?
Je m’y
attendais puisqu’on en parlait dans les salons et sur la voie
publique.
Comment
avez-vous réagi lorsque vous aviez appris que c’était le
président du Front patriotique et celui de la Convention
chrétienne qui étaient les auteurs de la requête en invalidation
de la candidature de Kabila ?
En tant que
partis politiques, ils sont intéressés par le processus
électoral. Je n’ai donc pas été surpris par leur décision. Mais,
j’admire leur courage politique qui, comme vous le savez, n’est
pas donné à tout le monde dans notre pays.
Pourquoi
aucun candidat président n’a eu l’initiative de saisir la Cour
suprême de justice à ce sujet ?
Je ne peux pas
parler pour les autres candidats. Souvenez-vous, en ce qui me
concerne, que lors d’une interview dans votre journal, j’ai
déclaré que l’acte d’identification et d’enrôlement du président
de la République était nul et de nul effet pour avoir violé
l’article 9 dernier tiret de la loi sur l’identification et
l’enrôlement des électeurs, lequel range « les militaires et
policiers en fonction » parmi les citoyens qui « Ne peuvent être
inscrits sur la liste des électeurs ». Un autre acteur
politique, M. Mumba Gama, alors secrétaire général du Rcd, avait
fait une déclaration dans le même sens. Mais, à l’époque les
opérateurs politiques n’avaient pas été préoccupés par ces
prises de position.
Beaucoup
parlent de la conspiration du silence de la part de tous les
autres candidats face à une question relative au statut d’un
candidat président de la République. Qu’en dites-vous ?
S’agissant de
moi, l’on ne peut parler de la conspiration du silence puisque,
comme je viens de le dire, j’ai fait fonctionner à temps la
sonnette d’alarme. Peut-être m’étais-je levé trop tôt.
Quelle
lecture faites-vous du verdict rendu, dans la soirée de jeudi 13
avril, par la Cour suprême de Justice jugeant les deux requêtes
irrecevables par défaut de qualité des requérants ?
La Cour suprême
de justice s’est conformée à la loi, plus précisément à
l’article 25 de la loi électorale.
Etes-vous
du même avis que la Cour suprême de justice qui a estimé que les
requêtes en invalidation de la candidature de J. Kabila avaient
pêché par la forme, les requérants n’ayant pas intérêt à agir ?
En leur qualité
d’acteurs politiques et de citoyens, les requérants avaient un
intérêt manifeste pour saisir la Cour suprême de justice.
Malheureusement, la loi électorale précise la catégorie de
citoyens qui peuvent se faire prévaloir d’un intérêt en matière
de contestations relatives à la validité ou à l’invalidité des
candidatures.
Etait-ce
une raison pour que la Cour n’ait pas trouvé nécessaire de se
saisir d’office de l’affaire pour examiner le fond de la
question ?
Lorsqu’une
juridiction saisie déclare irrecevable une demande judiciaire,
elle ne peut examiner le fond.
Le vice,
c’est à dire le défaut de qualité des requérants, devrait-il
dédouaner la Cour ?
Personne ne
cherche à dédouaner la Cour. Celle-ci s’est conformée à la loi.
Cependant, un jour ou l’autre, on reviendra sur le fond. Et
alors, la haute juridiction devra se prononcer sur les questions
de droit qui ont appuyé les deux requêtes.
Avez-vous
vu une quelconque ombre de considérations politiques dans
l’arrêt de la Cour suprême de justice comme on le laisse
entendre dans certains milieux politiques ?
Dès lors que la
Cour s’est basée uniquement et sur les considérations d’ordre
juridique, je ne suis pas fondé à remettre en cause la décision
sur l’irrecevabilité de la requête puisqu’elle repose sur
l’article 25 de la loi électorale.
Où se
trouverait le problème ? Dans la loi électorale ou au niveau des
juridictions appelées à juger de la conformité ou de la
régularité de toutes les candidatures par rapport aux
dispositions de la loi électorale, même en dehors de tout
recours ?
Le problème se
situe au niveau de la loi électorale. Les élections dans un
régime qui se veut démocratique intéressent et les électeurs et
les candidats. J’ai du mal à comprendre que la contestation de
candidature soit reconnue uniquement aux candidats de la même
circonscription. D’autant que l’élection présidentielle
n’intéresse pas une circonscription déterminée, mais toute la
République dont le territoire est la circonscription électorale.
Le parlement, à mon avis, eût été mieux inspiré de reconnaître
le droit de contester une candidature à une élection,
présidentielle ou autre, à tout citoyen, électeur ou non,
candidat ou non.
Supposons qu’un
électeur « X » vivant à l’intérieur du territoire national
apprend que le candidat « Y » à l’élection présidentielle ne
remplit pas les conditions prévues par la loi, doit-il se taire,
doit-il passer nécessairement par un candidat ou le parti de ce
dernier pour demander l’invalidation du candidat à la
magistrature suprême ? La réponse aurait dû être négative. Mais,
la loi votée par le parlement des composantes et entités en a
décidé autrement.
Il y a aussi un
problème sérieux du côté de la Commission électorale
indépendante, Cei. Comment celle-ci a-t-elle pu identifier et
enrôler un militaire en la personne du général major Joseph
Kabila, en violation de la loi sur l’identification et
l’enrôlement des électeurs ?
A quoi
doit-on s’attendre pour l’avenir dans le cas de contentieux en
matière électorale ?
Le problème de
l’irrégularité de la candidature du général major Joseph Kabila
n’est pas terminé dès lors qu’il est reconnu par tout le monde,
y compris le procureur général de la République, que l’intéressé
s’est fait enrôler étant militaire en fonction, violant ainsi la
loi n°04/028 du 24 décembre 2004 portant enrôlement et
identification des électeurs en Rdc. Cette violation rend le
candidat Joseph Kabila inéligible conformément à l’article 21,
alinéa 1er de la loi électorale.
Qu’on se le
dise : tout candidat à l’élection présidentielle aura le droit,
après la publication des résultats, de contester la
participation du général major Joseph Kabila au scrutin, non
seulement pour identification et enrôlement irréguliers, mais
aussi pour irrégularité de la procédure de démission de l’armée.
Sur ce dernier aspect, on relèvera que les deux requêtes ont
démontré d’une manière magistrale que la procédure de démission
suivie par le général major n’a pas été conforme à la
législation en vigueur.
Dans tous les
cas, tout citoyen qui a l’ambition de diriger la République au
niveau le plus élevé ne peut passer par le tripotage, le
chipotage, le grenouillage et le magouillage pour faire accepter
sa candidature à l’élection présidentielle. Le sens se l’honneur
et de la dignité le lui interdit.
Le Potentiel/21-04-06
Assemblée nationale
de
la RDC
Thomas Luhaka
préside la plénière ce mercredi
Par Albert tshiambi
Il a fallu beaucoup de temps pour que les choses
reviennent à la normale à l’Assemblée nationale après le départ
de M. Olivier Kamitatu, à la suite de l’application de l’arrêt
de la Cour suprême de justice.
Plusieurs rencontres ont été organisées par son
successeur, Thomas Luhaka, en vue de trouver des voies et moyens
susceptibles de reprendre le déroulement serein des travaux à
l’Assemblée nationale.
Après s’être entretenu avec les membres du
bureau, les présidents des Commissions et les présidents de
groupes parlementaires, Thomas Luhaka a demandé aux uns et aux
autres de privilégier l’intérêt général de la nation avant toute
autre considération.
A l’issue de toutes ces rencontres, un compromis
a été trouvé en ce qui concerne les différentes matières qui
seront examinées au cours de la session ordinaire d’avril 2006.
Il ressort de ses entretiens que les honorables
députés vont pouvoir rependre le chemin du Palais du peuple ce
mercredi 19 avril, sauf changement de dernière minute.
Parmi les matières qui seront examinées au cours
de cette session figurent la loi portant organisation et
attribution du Conseil supérieur de la magistrature, la loi
portant statut des magistrats, la loi réprimant les violences
sexuelles, l’audition du rapport de missions relatif à l’examen
des dossiers des travailleurs illégalement licenciés et
suspendus au sein de vingt-quatre entreprises, ainsi que la
validation des mandats de députés.
Outre ces points, les députés se pencheront sur
certains dossiers restés en suspens lors des sessions
antérieures. Il s’agit, par exemple, des rapports des vacances
parlementaires, du contrôle parlementaire, etc.
Il sied de noter que la session ordinaire
d’avril marque la fin de l’actuelle législative. Le gros du
travail a été déjà fait par les députés au cours des sessions
précédentes.
Jean-Pierre Bemba Gombo répond à J.A.
CONGO (RDC) - 16 avril 2006 - par FRANÇOIS SOUDAN
Dans le n° 2360 de Jeune Afrique, rubrique « Confidentiel »,
vous avez publié un texte intitulé « Jean-Pierre Bemba prépare
sa campagne et inquiète les chancelleries ».
Loin d’entretenir une vaine
polémique, le Mouvement de libération du Congo (MLC) estime, au
nom de son président national, nécessaire de faire les
observations suivantes.
1. Signataire des Accords de
paix de 2002 en Afrique du Sud et partie prenante essentielle
aux Institutions de transition en cours, le MLC s’est
sérieusement préparé aux prochaines échéances électorales, dans
la mesure où elles seules donnent sens et cohérence à son combat
pour la démocratie et le développement de la République
démocratique du Congo. Mais le budget de campagne électorale que
vous lui attribuez dans votre article ne correspond aucunement
au plafond arrêté par les instances dirigeantes du parti : vos
chiffres sont simplement fantaisistes !
2. Les inquiétudes que vous
relayez n’ont aucun soubassement objectif, à moins qu’elles ne
se fondent sur elles-mêmes en vue de construire, pour des
desseins inavouables, l’épouvantail de ceux qui se croient
autorisés à dicter leur volonté au peuple congolais.
3. Pour le MLC, la démocratie
demeure, autant que la sécurité, l’unité et la réconciliation
des Congolais, sa noble cause. Ayant voué une précieuse partie
de leur jeunesse à son instauration, les animateurs du MLC
n’envisagent nullement de la sacrifier sur l’autel des intérêts
partisans. Au contraire, ils sont attentifs à la demande
unanimement exprimée par la population congolaise de voir les
élections se tenir dans la sérénité et la transparence totales,
indépendamment des injonctions extérieures favorables à tel ou
tel autre candidat président de la République.
4. À cet égard, le MLC en
appelle à tous les protagonistes, congolais et étrangers,
engagés à des degrés divers dans ce combat pour l’instauration
d’un État de droit au Congo, à faire preuve de responsabilité et
d’objectivité dans la gestion de la bonne fin de la transition
politique en cours.
François Muamba : « Il n’y a pas d’affaire Bemba-Cpi, mais
plutôt Kinshasa-Bangui contre Bemba
François Muamba était l’invité le lundi 17 avril
du Forum de la presse politique en sa double qualité de ministre
du Budget et secrétaire général du Mlc.
L’émission, qui a connu la participation de
Chantal Kanyimbo (Rtnc), Willy Kalengay (AA), Jerôme (Fiscalité
magazine), le pasteur Paul Diakese de la Tv Molière et Thierry
de Cctv s’est déroulée dans le cadre somptueux du Restaurant Le
Jourdain dans la commune de la Gombe.
Aucune question n’a été éludée tant en ce qui
concerne l’économie que la politique.
S’agissant de l’affaire Jean-Pierre Bemba-Cpi, il
a déclaré haut et fort, qu’il n’y a pas une affaire Bemba-Cpi,
mais plutôt une affaire Kinshasa-Bangui contre Jean-Pierre
Bemba.
François Muamba a laissé entendre que la cabale
est partie de Kinshasa, via Bangui et il sait de quoi il parle.
Etant donné que 2 personnages de l’entourage du chef de l’Etat
font constamment des navettes entre Kinshasa et Bangui.
A l’en croire, c’est une affaire ancienne qui
avait trouvé son dénouement en son temps parce que le Mlc
dispose d’une lettre des Nations Unies à cet effet.
Pour ce qui est des requêtes en invalidation de
la candidature du chef de l’Etat, le secrétaire général du Mlc a
fait savoir que les plaignants ont été déboutés sans qu’on leur
ait dit si les questions posées n’avaient pas de fonds et ne
méritaient pas d’être examinés.
En sa qualité de ministre du Budget, il parle
aussi du Programme économique de gouvernement dont le
financement au travers du Fmi et de la Banque mondiale est
arrivé ç échéance le 31 mars dernier.
Ci-dessous l’entretien François Muamba-Presse
retranscrite par Le Potentiel.
La politique économique du gouvernement a certes
produit des résultats comme la croissance qui est de 7 % et dont
l’exécutif ne cesse de se vanter chaque fois que l’occasion se
présente, mais on a l’impression que c’est un échec dans la
mesure |