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La rhétorique présidentielle

Joseph Kabila avait-il pris la peine de prendre connaissance de son allocution avant de la prononcer devant l’aréopage des personnalités venues participer à la naissance de l’AMP ? Manque de conviction forte. Manque de cohérence. C’est la double impression laissée par ce discours prononcé, samedi 24 juin à Kinshasa, lors du lancement officiel du cartel politique « Alliance pour la majorité présidentielle ». Ce texte n’a pas été convainquant faute de conviction de la part du locuteur. « Joseph » a donné l’impression de réciter une excellente compilation de bonnes intentions. Ceux qui ont rédigé le « programme politique » du chef de l’Etat sortant ont perdu de vue une règle élémentaire en communication politique. A savoir que tout discours doit refléter une certaine cohérence avec l’action ou l’image de l’acteur politique. C’est le fameux « je fais ce que je dis ». A défaut de cohérence, l’image de l’homme politique se brouille. Bonne gouvernance, respect des droits humains, dialogue, tolérance, égalité de chance, réconciliation etc. Kabila a énuméré tous ces beaux principes auxquels lui et son entourage n’ont jamais manifesté une adhésion sincère. Comment y croire ? Vocation tardive ? Ceux qui ont rédigé le discours présidentiel ont perdu de vue également que « Joseph » est candidat à sa propre succession. Pour convaincre les futurs électeurs sur le bien-fondé de sa prétention, le président candidat doit commencer par défendre le bilan des cinq années passés au pouvoir. Ses « priorités » à venir ne peuvent être crédibles qu’au regard des résultats obtenus par rapport aux promesses faites le 26 janvier 2001. Quelques exemples. Il est indécent d’entendre Kabila parler de la « réconciliation nationale » ainsi que de la « restitution » des biens confisqués aux dignitaires de l’ancien régime. L’homme feint d’ignorer qu’il ne peut y avoir de vraie réconciliation sans une justice juste et équitable ; sans la paix des cœurs et des esprits. Ignore-t-il que des propriétaires des immeubles confisqués n’ont pu récupérer ceux-ci que moyennant la prise en charge, par eux, des frais de relogement des individus – souvent proches de la présidence de la République - qui occupent leurs habitations sans titre ni droit ? Et que ceux qui n’ont pas les moyens de passer cette étrange transaction attendent désespérément de reprendre leurs propriétés ? Ignore-t-il franchement que depuis une décennie, on assiste au retour en force du tribalisme et du régionalisme ? N’est-ce pas la preuve de l’incapacité de l’Etat à garantir l’intérêt de chacun et de tous et surtout de permettre à chaque citoyen de se sentir membre à part entière de la grande famille congolaise ? On se demande bien si « Joseph » vit dans le même pays que ses compatriotes lorsqu’il promet « une action décisive contre l’impunité par la réhabilitation de l’appareil judiciaire». Pourra-t-il faire en cinq ans ce qu’il n’a pu faire en …cinq ans aux miliciens et autres officiers mutins qui entretiennent l’instabilité au Nord Katanga, dans les provinces du Kivu et dans le district de l’Ituri ? Le refus du dialogue, l’intolérance par la répression des militants de l’opposition sont des signes qui caractérisent le pouvoir en place. Le 26 janvier 2001, le successeur de Mzee avait promis aux Congolais de faire « toute la lumière » sur la disparition de son illustre prédécesseur. Cinq ans après, l’opinion congolaise reste unanimement sur sa faim. Le méga-procès organisé en 2002 n’a pas fait éclater la vérité. Cela n’a pas empêché l’ex-Cour d’ordre militaire de distribuer, au propre comme au figuré, des peines maximalistes. N’est-il pas suspect que l’homme présenté comme le témoin oculaire du meurtre soit toujours en liberté. D’aucuns n’hésitent pas à clamer, à tort ou à raison, que les véritables assassins de LD Kabila ne sont pas parmi les personnalités civiles et militaires embastillées à Makala. Au total, l’allocution prononcée par Kabila ne peut convaincre que les faibles d’esprit et autres chasseurs de trésors. La RD Congo a, de toute urgence, besoin des gouvernants capables non seulement de dire mais surtout de faire ce qu’ils disent. En politique, la rhétorique ne suffit pas !

L’UE dévoile le calendrier électoral complet du Congo
(ARIB.INFO 14/06/2006)

@rib News, 14/06/06 - Le représentant de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs, Aldo AJELLO, a dévoilé ce mardi le calendrier des élections prévues au cours des prochains mois en République démocratique du Congo (RDC), avec la proclamation des résultats définitifs d’un éventuel second tour de la présidentielle fixée au 30 novembre.

Le calendrier annoncé par la Commission électorale indépendante (CEI) congolaise ne porte jusqu’à présent que sur le premier tour de l’élection présidentielle et les législatives (à un tour), qui se tiendront toutes deux le 30 juillet, après plusieurs reports.

Au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, M. AJELLO a ébauché le calendrier complet, tel que circulant sous le manteau à Kinshasa - mais non encore rendu public par la CEI. Son président, l’abbé Apollinaire MALU MALU, a réaffirmé samedi qu’il annoncerait à la fin du mois de juin la suite du calendrier, qui doit fixer la date du second tour de la présidentielle et l’élection des députés provinciaux (devant à leur tour élire les gouverneurs de province et les sénateurs).

Selon M. AJELLO, la proclamation définitive des résultats des deux premiers scrutins devrait avoir lieu... le 14 septembre, soit plus d’un mois et demi après leur tenue. La campagne pour le second tour de la présidentielle - si aucun des 33 candidats n’obtient la majorité absolue au premier - s’étendra du 15 septembre au 14 octobre.
L’éventuel second tour de la présidentielle et les provinciales devraient se dérouler le 15 octobre, avec une proclamation des résultats provisoires le 19 novembre et l’annonce des résultats finaux le 30 novembre - soit bien après l’échéance de la transition en cours en RDC depuis 2003 et qui était fixée au 30 juin.

Au total, onze scrutins sont prévus en 2006 en RDC et doivent conclure une transition politique difficile initiée en 2003 après une guerre civile et régionale de près de cinq ans qui a fait, directement et indirectement, quelque quatre millions de morts.

Plus de 25,6 millions d’électeurs, dans un pays de près de 60 millions d’habitants et de la taille de l’Europe occidentale, sont appelés à participer à ces élections, devant doter la RDC d’un régime semi-présidentiel dans un Etat unitaire fortement décentralisé.

L’Union européenne va mener une opération militaire de quatre mois - du 29 juillet au 30 novembre - pour épauler les 17.000 Casques bleus de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), dans la partie occidentale du pays et « dissuader » d’éventuels perturbateurs. (Source 7sur7)

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Le mariage de Joseph Kabila de nouveau reporté

Le mariage du président de la République Joseph Kabila, 35 ans, avec Olive Lembe di-Sita, 27 ans, prévu le 10 juin, a de nouveau été repoussé d'une semaine, a-t-on appris mercredi de source proche de la présidence de la République. C'est la seconde fois que ce mariage, initialement prévu le 4 juin, est reporté, depuis la publication des bans début mai.

Selon le chef de la Maison civile du chef de l'État, Théodore Mugalu, la bénédiction nuptiale sera donnée par l'archevêque de Kinshasa, le cardinal Frédéric Etsou, et le président de l'Église du Christ au Congo (protestante), Mgr Pierre Marini Bodho.

La cérémonie qui se déroulera à la Cité de l'Union africaine (ouest de Kinshasa) - sera précédée par le mariage civil dans la commune de la Gombe, dans le centre de la capitale congolaise.

Le président Kabila séjourne depuis le 31 mai au Katanga (sud-est), la riche province minière d'où sa famille est originaire, dans le cadre d'une mission d'inspection.
Mardi, le chef de l'Etat qui est candidat à sa propre succession à l'élection présidentielle du 30 juillet, s'est rendu à Kamina, à environ 500 km au nord-ouest de Lubumbashi (capitale du Katanga), où il a à nouveau assuré que les élections étaient "irréversibles" et se tiendraient "à la date prévue".

Le président Kabila devrait regagner Kinshasa en fin de semaine et s'entretenir lundi avec la délégation du Conseil de sécurité de l'Onu, qui termine en RDC une tournée africaine
Kinshasa, 8/06/2006 (afriquecentrale.info, via mediacongo.net)



 

Arrestation du pasteur Kuthino: la vice-présidence Ecofin répond au gouverneur de Kinshasa

La vice-présidence de la République en charge de la Commission économique et financière vient de réagir aux propos tenus par le gouverneur de la ville de Kinshasa à la suite de d’arrestation ce dimanche 14 mai 2006 du pasteur Kuthino Fernando, chef spirituel de l’Eglise Armée de Victoire. Le communiqué, signé par le conseiller en communication du vice-président Jean Pierre Bemba, rejette les allégations du gouverneur de la ville et exige une enquête.

1. Le cabinet du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financière a appris par les médias que le pasteur Fernando Kuthino, chef spirituel de l’Eglise « Armée de la Victoire», a été arrêté le dimanche 14 mai 2006 aussitôt après l’adresse à ses fidèles au stade Tata Raphaël, dans la commune de Kalamu ;

2. Selon le gouverneur de la ville de Kinshasa qui a livré cette information, l’infortuné a été appréhendé par les services spéciaux de la Police aux motifs que:

- il aurait tenu des propos incendiaires à même de troubler l’ordre public;

- la perquisition sur son lieu de culte aurait abouti à la découverte des armes et autres effets de guerre, et deux de ses gardes du corps appartiendraient à la garde rapprochée du vice-président de la République Jean-Pierre Bemba ;

3. Le cabinet du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financière est surpris par la légèreté des allégations faites par le gouverneur de la ville de Kinshasa en violation du principe du secret de l’instruction pénale. En s’érigeant en instance judiciaire avant la conclusion d’une enquête sérieuse, celui-ci tente d’établir un lien entre la sécurité du révérend Kuthino et la garde du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financière. Ces affirmations gratuites dénotent d’une volonté manifeste de nuire par la diffamation afin d’occulter le message d’éveil de la conscience du peuple congolais.

4. Cette information véhiculée pour semer la confusion dans l’opinion appelle de la part du cabinet du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financière les précisions suivantes :

a. Il n’y a aucun militaire affecté d’une manière ou d’une autre à la sécurité du pasteur Kuthino par les services du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financière;

b. Selon toute vraisemblance, les deux éléments Fardc, en tenue civile et qui n’étaient pas de service, trouvés sur place, y étaient en toute légalité dans l’exercice de leur liberté de culte consacrée par la Constitution ;

c. En cette période électorale, l’usage intempestif des forces de l’ordre et l’instrumentalisation des organes de la loi pour bâillonner les libertés publiques est un acte irresponsable de forfaiture et gravement attentatoire à ces libertés, particulièrement la liberté d’expression ;

d. La mise en place d’une commission d’enquête indépendante s’impose avant que cette affaire soit étouffée comme l’ont été celles des coup d’Etat montés de la Pentecôte et d’Eric Lenge, officier de la garde rapprochée du chef de l’Etat.

D’autant qu’il est inadmissible de fouler aux pieds les principes modernes d’un Etat de droit.

En tout état de cause, le cabinet du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financière dénonce une cabale, un montage grossier destiné à nuire à l’honorabilité et à la dignité d’un homme de Dieu.

L’Etat de droit que tous les Congolais appellent de tous leurs vœux ne s’accommode pas des pratiques du temps révolu du gouvernement Afdl. Est-ce la préfiguration de l’Etat Afdl/Pprd? Fait à Kinshasa, le 15 mai 2006

MOÏSE MUSANGANA

CONSEILLER EN COMMUNICATION DU VICE-PRESIDENT EN CHARGE DE LA

COMMISSION ECONOMIQUE ET FINANCIERE
 


Élection présidentielle en RDC : pourquoi il ne faut pas choisir J. Kabila

 

Je l’avoue d’emblée : c’est après la lecture de l’ouvrage de Vital Kamhere de 158 pages intitulé « Pourquoi j’ai choisi Kabila » que j’ai éprouvé la nécessité d’écrire ce papier. Ce titre s’est imposé à moi, non pas pour « prendre le contre pied » de M. Kamhere, mais pour dresser un autre portrait de lui basé sur des faits réels. La démocratie n’appelle-t-elle pas une pluralité d’opinions ?

Mais de prime abord, il faut se réjouir de cette initiative de V. Kamhere qui, comme H. Ngbanda, consignent leurs idées dans des ouvrages. A défaut d’être des programmes politiques, ces écrits constituent des témoignages de référence à même de permettre aux Congolais de les juger. Les générations futures apprécieront la façon dont le Congo a été géré. Sans aucun doute, l’ouvrage de M. V.Kamhere convaincra certains Congolais de voter pour J. Kabila, mais il est de notre devoir, en tant que scientifique, d’éclairer notre peuple sur la manière dont notre pays est dirigé. Après, chacun votera en son âme et conscience. En tant que juriste, nous allons nous limiter aux aspects juridiques de la fonction du président J. Kabila car, sans sécurité juridique, aucune stabilité politique ni développement économique harmonieux en RDC n’est possible.

1. Violation de la constitution et de la loi n° 04/023 du 12 novembre 2004 portant organisation générale de la défense : ignorance ou incompétence ?

Le président J. Kabila viole impunément la Constitution. En effet, le 18 février 2006, devant toute la Nation et en présence des invités comme le président en exercice de l’Union Africaine, Denis Sassou Nguesso ou le Commissaire européen aux affaires humanitaires, qualifiés par certains Congolais de « Tonton Michel » en raison de son intervention intempestive dans les affaires intérieures du Congo, J. Kabila promulgua la Constitution soumise au référendum les 18 et 19 décembre 2005. En droit, à partir de cette date, il n’y a plus de doute possible que celle-ci entre en vigueur et, sauf dispositions concernant les attributions des institutions politiques de la transition, la Constitution de transition du 4 avril 2003 est abrogée. A partir du 18 février 2006, lorsque le Chef de l’Etat agit dans le cadre de son pouvoir réglementaire, il ne prend plus des décrets mais des ordonnances. En effet, l’article 79 al. 3 de la Constitution du 18 février 2006 est formel : « Le Président de la République statue par voie d’ordonnance ». Mais lui continue à prendre des décrets.

En effet, on se souviendra utilement qu’à la suite des requêtes introduites contre lui devant la CSJ pour violation de la loi électorale, J. Kabila prit, en date du 15 mars 2006, soit après l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, le décret n° 06/012 portant acceptation de sa démission volontaire de l’armée. Quelques jours avant, soit le 8 mars 2006, il avait aussi signé deux décrets n°s 06/008 et 009 portant nomination de M. Sam Bokolombe et Kikata Ngima respectivement directeurs généraux à la DGI et à la DGRAD, tandis que Mme Kute Kibambe, Alphonse Bansumi et Jean Kalala Mukongo étaient désignés comme directeurs généraux adjoints à la DGI et à la DGRAD. Il signa encore des décrets accordant la personnalité juridique à des SARL ( nous n’avons pas mis la main sur ces décrets mais avions suivi le compte rendu du gouvernement à ce sujet sur radio okapi). Certains de ces décrets peuvent être consultés sur le site officiel de la présidence. Celui concernant sa démission ainsi que la loi organique des FARDC nous ont été transmis par un employé de la présidence de la République ! ( C’est dire à quel point, même dans son entourage immédiat, des patriotes se lèvent pour défendre le Congo).

J. Kabila que M. V. Kamhere présente comme diplômé de l’Université de Washington ne sait-il pas qu’il a promulgué une nouvelle Constitution dont il est le garant ? Les juristes qui entourent le Chef de l’Etat au propre comme au figuré ignorent-ils qu’une nouvelle Constitution est entrée en vigueur ? Ses partisans invoquent celle-ci quand cela les arrange, comme c’est le cas pour l’art. 222, mais le Chef de l’Etat lui même se comporte comme si le Congo était encore régit par la Constitution de transition du 4 avril 2003, jetant ainsi une confusion dans les esprits et semant une insécurité juridique dans la gestion des affaires de l’Etat. Peut-on faire confiance à un pareil Chef d’Etat pour conduire encore pendant cinq ans la destinée du Congo ?

A supposer même que nous soyons sous l’empire de la Constitution du 4 avril 2003, en étudiant son décret du 15 mars 2006 portant acceptation de sa démission de l’armée, il appert clairement qu’il l’a aussi violé, de même que la loi organique sur l’armée que nous nous sommes procurée et qu’il cite d’ailleurs dans ledit décret. Cette constitution prévoyait que ses décrets étaient délibérés en Conseil de ministres (art. 71) tandis que l’article 31 dernier alinéa de la loi n° 04/023 du 12 novembre 2004 portant organisation générale de la défense et des forces armées porte que « Le Conseil Supérieur de la Défense donne un avis conforme sur toutes les autres questions relatives à la Défense Nationale ». Sont membres de ce Conseil le président de la République, les quatre Vice-présidents, le Ministre de la Défense, celui de l’Intérieur, des affaires étrangères, le Chef d’Etat-major Général des forces armées, le chef d’Etat-Major de la force terrestre, de la force aérienne et de la force navale. Et l’article 33 al 4 de la loi organique des FARDC est encore plus explicite puisqu’il dispose que « … les décisions du Conseil Supérieur de défense sont prises par consensus, à défaut, à la majorité simple des membres présents ». Mais aucune des autorités compétentes relevant du Conseil supérieur de la Défense n’éleva la voix contre ces violations. Les candidats présidents qui ont exigé la démission de Malu Malu peuvent, s’ils le veulent, attaquer ce décret en annulation devant la Cour suprême puisqu’il leur cause préjudice en instituant une inégalité de chances entre eux, au mépris de la Constitution qui prévoit que tous les Congolais sont égaux devant la loi. Mais quand les citoyens hésitent à saisir la justice parce que « la décision est connue d’avance », les risques d’une justice privée et de la barbarie deviennent réels.

En outre, le 23 mars 2006, lors du dépôt de son dossier à la CEI, J. Kabila avait aussi violé l’art. 10 al. 8 de la loi électorale en ce qu’il n’avait pas apporté la preuve de sa démission acceptée de l’armée. C’est lorsqu’ils furent assignés en justice qu’il prit un décret à la place d’une ordonnance pour compléter son dossier, ignorant carrément de protéger aussi le Général Likulia dont on n’a toujours pas connaissance de l’acte juridique mettant fin à son statut militaire. Certains avaient qualifié cette attitude d’égoïste car, s’il ne sait assurer la protection d’un Congolais, qu’en sera-t-il des autres soixante millions ? Par ailleurs, si l’on peut comprendre sa réserve pendant que le procès était en cours, son silence après le prononcé de l’arrêt est incompréhensible. Alors qu’on vit à l’époque des communications, il n’a pipé un mot à la Nation sur ce sujet important, préférant écouter ce qu’en disaient les Congolais. Ce sont ses collaborateurs qui, par procuration, expliquèrent aux Congolais le bien fondé de sa démarche, donnant par là un avant-goût de la façon dont il mènera sa campagne électorale. L. Michel n’avait-il pas dit qu’il avait une grande capacité d’écoute ?

Ce sont là les autres portraits de J. Kabila qu’il convient aussi de « vendre » aux Congolais. Mais il y a plus grave, la problématique de sa nationalité.

2. Contestations de la nationalité congolaise de J. Kabila : question d’ordre public

En lisant V. Kamhere, on s’attend à voir se dissiper les doutes sur la nationalité de J. Kabila. Mais ils persistent. Pour rappel, selon le Belge Erik Kennes, J. Kabila est né à Mpiki, à coté d’Esango près de Hewa Bora. Le Procureur Général Luhonge Kabinda Ngoy avait requis en 2001 lors de son investiture qu’il est né à Hewa Bora II. C’est du reste ce qui est repris dans la note biographique officielle. Le président aurait-il le don d’ubiquité pour qu’il naisse à deux endroits différents ? Où sont les ressortissants de Mpiki ou de Hewa Bora II ? Dans quelles écoles primaires était-il inscrit ? Où sont ses amis d’enfance ? Sans revenir sur le caractère rabougri de cette note biographique, il importe de relever que des témoignages abondent, ne se contredisant jamais mais situant au contraire l’origine et la nationalité de J. Kabila au Rwanda. Quelques références s’imposent.

Ainsi, Etienne Kabila Taratibu, fils aîné de « Mze », censé être le propre frère de J. Kabila lui conteste-t-il, en vertu du Code de la Famille, sa nationalité congolaise d’origine. Il révèle qu’il est Rwandais de père et de mère ; H. Ngbanda, ancien patron des services secrets de l’ex-Zaïre, fut le premier à dénoncer publiquement J. Kabila comme étant un sujet rwandais ; M. Karel De Gucht, patron de la diplomatie belge, lui qui a accès aux documents officiels et à ceux des services secrets de son pays, lors d’un voyage officiel au cours duquel il va rencontrer J. Kabila, distribua non seulement une note biographique dans laquelle on révélait que J. Kabila était Rwandais, mais en plus, il ne refusa de l’infirmer, comme si sa conscience d’homme d’Etat l’avait incité à dire aux Congolais que celui qui les dirige n’est pas un national ; James Kabarebe qui est encore en vie était le Chef d’Etat-Major de notre armée nationale. Aujourd’hui, il exerce les mêmes fonctions au Rwanda. Or, le 9 juillet 1997, le « Washington Post » avait écrit que la mère de J. Kabila est la sœur de J. Kabarebe (voir Chronique politique d’entre deux guerres, G. de Villers et J. C. Willame, Cedaf, Harmattan) ; Le « Jeune Afrique » du 30 janvier 2001 écrit à son sujet qu’il avait intégré l’armée patriotique rwandaise et devint l’aide de camp du colonel James Kabarebe. A la chute de Lubumbashi, pendant la guerre de 1996-1997, il avait travaillé dans les services de renseignements rwandais et avait interrogé des officiers zaïrois capturés », etc.

La crainte de certains Congolais à l’égard de J. Kabila est d’autant plus justifiée que, depuis son indépendance, tous les leaders politiques Rwandais à Kigali ont toujours poussé leurs concitoyens à émigrer et à s’installer dans le Kivu. Bien plus, ils cherchent même à s’approprier cette partie de notre territoire. Depuis dix ans, les FDLR, sans avoir obtenu le statut de réfugiés, ne refusent-ils pas de regagner le Rwanda ? Plus que ça, J. Kabila et A. Ruberwa, soupçonnés d’être Rwandais, occupent non seulement la tête de l’Etat, mais aussi la direction de notre armée nationale et de nos services des renseignements, instruments stratégiques de notre souveraineté. Avec l’aide des experts du pays de « Tonton Michel », ils ont entrepris de nous ravir légalement le Kivu. La preuve ?

Depuis la Constitution de Luluabourg de 1964 (soumise aussi au référendum), le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat congolais. Il en est le propriétaire exclusif. Les individus, personnes physiques ou morales, n’ont qu’un droit de jouissance. Depuis lors, même sous Mobutu, cela a toujours été ainsi. Mais voici que sous J. Kabila et Ruberwa, l’Etat congolais n’est plus propriétaire du sol et du sous-sol. L’article 9 de la Constitution du 18 février 2006 dispose en effet que l’Etat n’exerce plus qu’une souveraineté permanente sur le sol et le sous-sol congolais. Et, plus grave encore, de façon alambiquée, l’art. 217 ajoute que : « La RDC peut conclure des traités ou accords d’association ou de communauté comportant un abandon partiel de souveraineté en vue de promouvoir l’unité africaine ». Certes, toute cession d’une portion de territoire exige qu’un référendum soit organisé, mais quand on voit comment celui des 18 et 19 décembre 2005 a été organisé avec l’aide de la « Communauté internationale », les risques que nous puissions perdre notre Kivu sont réels. Même nos compatriotes qui sont au PPRD n’aimeront pas que le Congo perde le Kivu au profit du Rwanda.

Eu égard à ce qui précède et sans préjudice des critères comme l’âge du président (30 ans), la non exigence d’un diplôme pour être candidat, le refus d’un débat entre candidats, etc), comment ne pas se méfier ? Aimons-nous vraiment le Congo ? L’histoire nous jugera.

Par: Fidèle Zegbe Zegs
Avocat au Barreau de Kinshasa – Gombe (RDC)
Doctorant en droit

Source: CongoOne , Mise en ligne le 17-05-06


 

Retombées de la visite de « Chairman » dans la province du Bandundu

 A Idiofa, Constant N’Dom réussit une mobilisation inédite au MLC en présence de JP Bemba 

Parton du MLC/Bandundu, le ministre Constant N’Dom Nda Ombel a prêché par l’exemple dans son propre fief à Idiofa. C’était à l’occasion de la visite du Président National du Parti, le Vice- Président Jean Pierre Bemba Gombo. Arrivé précipitamment à Idiofa, juste la veille de la visite du « Chairman », N’Dom Nda Ombel n’aura, en tout et pour tout, eu qu’un seul jour pour préparer ce grand événement, là où il fallait au minimum une semaine. Mais, curieusement, Jean Pierre Bemba a été surpris par un véritable débordement en lieu et place d’une mobilisation normale.

A Idiofa, fief de Constant N’dom Nda Ombel dans la Province du Bandundu, le « Chairman » du MLC a eu droit à un accueil plus que délirant. Une véritable marée humaine s’est déversée sur le passage du Vice- Président de la République Jean Pierre Bemba accueilli comme un messie.

 Partout où il est passé, « JPB » était agréablement surpris de voir des milliers de congolais qui tenaient tous à lui serrer la main comme s’ils en récoltaient une bénédiction. Les gardes du corps et autres militaires commis à la sécurité du « Chairman » étaient très visiblement débordés par une démonstration de force qu’ils n’avaient pas prévue et qui faisait l’effet d’une bombe. C’est à croire que toute la population d’Idiofa se retrouvait dans la rue, abandonnant maisons, champs…. A la gloire de Bemba.

Pourtant, pour toute préparation, Constant N’Dom Nda Ombel n’avait eu qu’un seul jour, le Président National du MLC ayant pratiquement improvisé cette descente comme pour jauger, sur le terrain, le poids politique du Président de l’Interfédéral du MLC dans la Province du Bandundu. Arrivé donc la veille à Idiofa, Constant N’Dom n’a pas pu disposer d’une semaine comme il l’aurait souhaité pour préparer la visite du Président National du Parti dans son fief électoral à Idiofa.

 Mais N’Dom Nda Ombel n’a eu que sa crédibilité personnelle pour réussir une mobilisation inédite pratiquement dans les annales du MLC, pour ne pas parler d’une vraie mobilisation où les gens accouraient, non pour ces t-shirts, pagnes et autres gestes pour arracher leur présence, mais par adhésion, par amour. Chose rare en RDC où généralement, le même comité d’accueil, sans conviction et sans adhésion, s’improvise juste en échange d’un pourboire face à tout politicien. 

Le vrai message à décoder de cette démonstration de force, c’est qu’Idiofa ne jure que par Constant N’Dom Nda Ombel. D’ailleurs, c’est depuis l’époque de Mobutu que « Constant » vit dans une symbiose palpable avec la population d’Idiofa sous la conduite des chefs coutumiers. Bien que résidant à Kinshasa, Constant N’Dom Nda Ombel n’a pas attendu d’être élevé au rang de Président de l’Interfédéral du MLC/Bandundu pour préparer son fief électoral. Mais, cette mobilisation n’est que la suite logique d’une complicité inébranlable.  

Au regard de cette démonstration de force , il est un fait indéniable : Constant N’dom Nda Ombel fait partie des cadres du MLC ayant des assises réelles et qui peuvent contribuer largement à l’élection de Jean Pierre Bemba à la présidentielle.


 



Le pouvoir a dépouillé la Gécamines


Une ONG néerlandaise publie un rapport sur la manière dont l'entreprise minière continue à être dépecée. La Banque mondiale accusée.
L'Institut néerlandais pour l'Afrique australe (NiZA) vient de publier avec l'ONG anversoise International Peace Information Service (IPIS), un rapport de 80 pages sur le Congo-Kinshasa, intitulé «L'Etat contre le peuple»(1), fruit de «cinq mois» d'étude.

NiZA poursuit, en quelque sorte, l'enquête onusienne qui avait dénoncé le pillage du Congo, pendant la guerre, par des réseaux d'élites liés aux rébellions et à leurs alliés ainsi qu'au gouvernement Kabila et à ses soutiens extérieurs.
Le clan Kabila

Le rapport note ainsi que, durant la transition comme pendant la guerre, «l'impunité, au lieu de la responsabilité, semble être la règle» en matière de mauvaise gouvernance et de corruption. Et n'hésite pas à accuser la Banque mondiale d'avoir fait preuve d'une coupable négligence en ne défendant pas le patrimoine national congolais contre ses prédateurs. «L'interaction entre le gouvernement congolais et la Banque mondiale a résulté en un processus de privatisation anarchique et opaque qui a dépouillé la Gécamines (entreprise minière d'Etat) de tous ses actifs», dit le texte. Celle-ci «est désormais liée par d'innombrables contrats à des partenaires privés, souvent douteux, qui ne rapportent rien, ou à peine, à la Gécamines ou au Trésor».

Le rapport se concentre sur le Katanga, où le dépeçage de la société minière nationale a entraîné un chômage généralisé qui risque d'«exacerber les tensions politiques et ethniques sous-jacentes qui menacent de déclencher un violent conflit». Il a aussi fait exploser l'exploitation minière artisanale, menée dans des conditions dramatiques et dont la production quitte le pays non raffinée, le privant d'autres ressources.

«Les innombrables accords de joint venture que la Gécamines a conclus comportent de nombreuses anomalies, qui sont toutes pernicieuses pour l'Etat (congolais) et pour la Gécamines», dit le rapport. Ce dernier indique que «d'habitude ces accords sont négociés par les directeurs de la Gécamines, mais le président Kabila et les membres de son entourage interviennent souvent dans les pourparlers. Les conditions de ces contrats, jugées par des experts comme étonnamment défavorables pour la Gécamines, donnent de sérieuses raisons de penser que les fonctionnaires participants aux négociations ont reçu des pots-de-vin».
En outre, «la corruption pourrait également expliquer que les autorités congolaises permettent que les contrats de joint venture ne soient pas correctement exécutés dans la plupart des cas».
Le rapport dénonce en particulier le «clan katangais de Kabila et ses médiateurs de pouvoir, qui ont maintenu leur position quasiment hégémonique dans cette province depuis presque une décennie. Il est difficile de trouver des pièces à conviction probantes de la corruption, mais des preuves incontestables montrent que le PPRD de Kabila utilise la Gécamines comme un véhicule pour financer le parti».
Le rapport de NiZA souligne aussi la «responsabilité» de la Banque mondiale dans cette situation. Celle-ci, depuis 5 ans, «supervise et finance la restructuration de la Gécamines» mais «n'a pas été capable ou désireuse de faire face à l'énorme obstruction politique que les efforts déployés pour mettre en oeuvre des pratiques de bonne gouvernance» ont «rencontrée».
Kov, Kamoto et le cadastre

Outre une présentation générale de la situation, le rapport de NiZA présente l'étude de cas: la mise en place ratée d'un cadastre minier; la manière dont les actifs de la Gécamines à Kov et à Kamoto ont été transférés à des sociétés privées -Global Enterprises Corporate, de l'Israélien Dan Gertler, et Kinross-Forrest, immatriculée aux îles Vierges britanniques, un paradis fiscal.

(La Libre belgique du 27/04/2006)

Marie-France Cros.


Devant les délégués de la Smi, du Parlement, de la police Azarias Ruberwa plaide pour des élections apaisées

La salle de conférences du ministère des Affaires étrangères a servi de cadre à la tenue d’un séminaire portant sur la problématique du processus sécuritaire pour des élections apaisées. Cette rencontre qui a eu lieu le week end dernier. Elle s’inscrit dans l’optique des solutions à mettre en place avant, pendant et après les échéances électorales. Pour y arriver, Me Azarias Ruberwa, vice-président de la République en charge de la Commission Politique, Défense et sécurité a attiré l’attention des participants sur la responsabilité qui leur incombe de jouer franc jeu afin que le pays passe de la transition à une troisième République réellement réconciliée, apaisée et sécurisée. Ce qui nécessite, d’après lui l’amorce d’un travail de fourmis, la main dans la main en vue de relever le premier défi en rapport avec les forces de police et de l’armée considérées à juste titre comme le pilier grâce auquel seront organisées des élections crédibles.

Devant les délégués de la structure militaire d’intégration des Forces armées de la République démocratique du Congo (Smi), du Parlement, de la Police nationale et de la société civile, Mé Azarias Ruberwa a indiqué que sur 18 brigades initialement prévues, 12 sont formées et déjà à pied d’œuvre, tandis que les 6 autres le seront d’ici les prochaines élections.

A cet effet, la question de l’équipement reste entière, la gestion de l’armée n’est pas transparente et que le nombre d’effectifs des éléments déclarés est sans commune mesure avec la réalité, a-t-il déploré. Avant de s’exclamer : « Où va le surplus puisque, selon lui, le budget reste suffisant ».

Face à cette situation, Me Azarias Ruberwa a préconisé l’octroi par le gouvernement d’un budget extraordinaire pour les trois derniers mois en faveur de ces corps dans le but de pallier aux insuffisances ainsi constatées et garantir leur efficacité.

L’autre problématique est liée directement à l’opération de Désarmement, démobilisation et réinsertion (D.D.R.) où l’on retrouve comme en Ituri, certains soldats démobilisés qui ont rejoint les rangs, pire, des armées restent cachées pour servir des rapines spécialement par des militaires non payés.

Pour conjurer le mal, Azarias Ruberwa a salué le déploiement bientôt de la force européenne de maintien de la paix pendant les élections avant de mettre en garde les militaires et les policiers contre une éventuelle appartenance politique.

Ce qui serait dommageable pour la suite des événements, a-t-il poursuivi. Il espère que la logique des composantes va disparaître. « Soyez unis, évitez de prendre position pour tel ou tel candidat. Soyez apolitiques, sachez que ce qui fait votre noblesse, c’est que tout le monde recourt à vous », a-t-il martelé.

Azarias Ruberwa a par ailleurs évoqué d’autres paramètres susceptibles d’hypothéquer le processus. Il s’agit de l’exclusion faute de l’implication de tout le monde, la méfiance considérée comme un virus avant de conseiller la classe politique congolaise de s’imprégner de la culture du dialogue, du compromis et de la communion qui en constituent l’âme d’une nation sans laquelle on tournera en rond

Le Potentiel


Activité du Vice-Président en Charge de l’ECOFIN

 L’envoyé spécial de l’Union Européenne dans les pays de Grands lacs, Aldo Ajello a présenté ce jeudi 20-04-2006 au Vice-Président de la République en charge de l’Ecofin Jean-Pierre Bemba Gombo les deux commandants qui seront à la tête de la force européenne attendue très prochainement en RDC. Le Général de corps d’armée Allemand Viereck et le français Damay respectivement commandant général et commandant second qui dirigeront les 1.500 soldats européens. La dite délégation comprenait aussi l’ambassadeur de l’Union Européenne en RDC monsieur de Carlo De Filipi, et de l’ambassadeur allemand en RDC monsieur Reinhard Bucholz. Dans un premier temps seuls 500 d’entre eux seront déployés sur le territoire congolais en appui aux forces de la monuc. Pendant ce temps les 1.000 autres seront cantonnés à l’extérieur de la RDC.
L
’Union Européenne qui a répondu favorable à la demande de l’ONU de renforcer les effectifs de la monuc n’attend plus maintenant que la publication du calendrier électoral par la CEI pour commencer le déploiement de cette force européenne.


Oumar Alpha Konaré, mission finale à Kinshasa


Comme à l’époque de Mobutu à qui le secrétaire d’État américain James Baker vînt dire à N’Sele que «game is over» - les jeux sont faits - avant les adieux de l’ambassadeur américain aux Nations unies Bill Richardson à la tête de tous les services de l’Oncle Sam, le général malien Alpha Oumar Konaré, «Premier ministre» de l’Afrique, a été chargé par la Communauté internationale via l’UA de passer un message sans équivoque à la classe politique r-dcongolaise et à Étienne Tshisekedi, le seul opposant de poids à avoir raté le train d’une Transition rocailleuse et qui menace de torpiller celle-ci.

Les va-et-vient entre le Palais de la Nation, la présidence r-dcongolaise et son appartement du GHK en disaient long. Le Malien a d’abord passé son message à Joseph Kabila Kabange avant de recevoir les quatre Vipi, puis... Étienne Tshisekedi et, aussitôt, il s’est engouffré dans sa limousine pour aller faire part à JKK de la réaction - réponse - du chef de l’Udps et... de ses propres conclusions.

Nul ne s’imagine que tout va bien à Kinshasa. Contrairement à la langue de bois diplomatique, tout est à l’arrêt. La transition avait voulu d’un leadership responsable, on ne saurait dire qu’il s’agit de celle-là aujourd’hui. La CÉI soudain est à l’arrêt. Elle n’émet plus sur la même longueur d’onde avec l’Exécutif. Reçu en milieu de semaine à l’Espace présidentiel, l’abbé Malumalu ne répond plus à... l’espace présidentiel au lendemain de son annonce du début de la campagne électorale.

Certes, le lancement de celle-ci implique arrêt pour les Candidats d’actionner les leviers non seulement financiers (système bancaire) mais politiques (médias publics) de l’État. Resté - oublié - sur le quai par une Transition de tous les enjeux à l’image du fiston Kevin persécuté du film «Maman j’ai raté l’avion», Tshisekedi doit être «traité» avec délicatesse afin que la «maison» de la famille MacCallister partie à Paris sans lui - comme dans l’ouvrage de Chris Collumbus d’Hollywood - ne flambe pas.

Controverse, polémique et confusion sont telles que la Cour suprême de Justice ne saurait faire l’unanimité autour d’elle et l’abbé Malumalu qui croit de son devoir d’affirmer désormais haut et fort son indépendance - lui qui vit grâce à la seule Communauté internationale - préfère s’en remettre au Parlement.

Est-il manipulé? La crise de confiance est réelle. Quand on voit des plénipotentiaires de la Présidence de la République passer d’une station télé à l’autre dans le quasi désordre pour s’expliquer sur la gestion récente du dossier du chef de l’État, que Bukavu est en proie à une nouvelle «libération» et, last but not least, ce pavé inattendu du consul angolais à Lubumbashi Pedro Gomes Ngoma dénonçant l’enrôlement de plusieurs citoyens de son pays vivant à Kapolowe, à 90 kms de Lubumbashi - ce qui n’est pas pour faire le bonheur de la CÉI -, il y a de quoi dire avec Alpha Oumar Konaré arrivé en mission finale (de sauvetage) dans la Capitale qu’«il y a des choses qu’il faut encore consolider».

Même s’il rassure aussitôt: «Si tout le monde n’est pas là, ça peut poser des problèmes politiques. Mais ça n’enlève rien à la légitimité de ce qui va se mettre en place. Nous devons tout faire pour que ceux qui ne seront pas là puissent toujours continuer à rendre de grands services à leur pays».

(Le Soft 21/04/2006)
 



Prof. Lunda-Bululu : «On ne peut pas passer par le tripotage pour faire accepter sa candidature à l’élection présidentielle »

Président national de Rassemblement des forces sociales et fédéralistes (Rsf), Prof. Lunda-Bululu, qui est également candidat à l’élection présidentielle, s’est confié au Potentiel. Au menu, le verdict rendu le 13 avril 2006 par la Cour suprême de Justice sur les requêtes en invalidation de la candidature de Joseph Kabila introduites par le président du Front patriotique et celui de la Convention chrétienne. Quelle lecture fait-il du verdict de la Cour suprême de justice, jugeant les deux requêtes irrecevables par défaut de qualité des requérants ? Dans sa réponse, prof. Lunda-Bululu affirme que « la Cour s’est conformée à la loi, plus précisément à l’article 25 de la loi électorale », mais il fait remarquer en même temps qu’« en leur qualité d’acteurs politiques et de citoyens, les requérants avaient un intérêt manifeste pour saisir la Cour suprême de Justice. Malheureusement, la loi électorale précise la catégorie de citoyens qui peuvent se faire prévaloir d’un intérêt en matière de contestations relatives à la validité ou à l’invalidité des candidatures ». Pour Lunda-Bululu, « le problème se situe au niveau de la loi électorale. Les élections dans un régime qui se veut démocratique intéressent et les électeurs et les candidats», a-t-il dit avant d’jouter: «J’ai du mal à comprendre que la contestation de candidature soit reconnue uniquement aux candidats de la même circonscription… ». Dans tous les cas, fait observer le président national de Rsf, « tout citoyen qui a l’ambition de diriger la République au niveau le plus élevé ne peut passer par le tripotage, le chipotage, le grenouillage et le magouillage pour faire accepter sa candidature à l’élection présidentielle. Le sens de l’honneur et de la dignité le lui interdit ». Interview.

Vous attendiez-vous à ce que, après publication par la Cei de la liste provisoire des candidats présidents, quelqu’un introduise une requête en invalidation de la candidature de Joseph Kabila ?

Je m’y attendais puisqu’on en parlait dans les salons et sur la voie publique.

Comment avez-vous réagi lorsque vous aviez appris que c’était le président du Front patriotique et celui de la Convention chrétienne qui étaient les auteurs de la requête en invalidation de la candidature de Kabila ?

En tant que partis politiques, ils sont intéressés par le processus électoral. Je n’ai donc pas été surpris par leur décision. Mais, j’admire leur courage politique qui, comme vous le savez, n’est pas donné à tout le monde dans notre pays.

Pourquoi aucun candidat président n’a eu l’initiative de saisir la Cour suprême de justice à ce sujet ?

Je ne peux pas parler pour les autres candidats. Souvenez-vous, en ce qui me concerne, que lors d’une interview dans votre journal, j’ai déclaré que l’acte d’identification et d’enrôlement du président de la République était nul et de nul effet pour avoir violé l’article 9 dernier tiret de la loi sur l’identification et l’enrôlement des électeurs, lequel range « les militaires et policiers en fonction » parmi les citoyens qui « Ne peuvent être inscrits sur la liste des électeurs ». Un autre acteur politique, M. Mumba Gama, alors secrétaire général du Rcd, avait fait une déclaration dans le même sens. Mais, à l’époque les opérateurs politiques n’avaient pas été préoccupés par ces prises de position.

Beaucoup parlent de la conspiration du silence de la part de tous les autres candidats face à une question relative au statut d’un candidat président de la République. Qu’en dites-vous ?

S’agissant de moi, l’on ne peut parler de la conspiration du silence puisque, comme je viens de le dire, j’ai fait fonctionner à temps la sonnette d’alarme. Peut-être m’étais-je levé trop tôt.

Quelle lecture faites-vous du verdict rendu, dans la soirée de jeudi 13 avril, par la Cour suprême de Justice jugeant les deux requêtes irrecevables par défaut de qualité des requérants ?

La Cour suprême de justice s’est conformée à la loi, plus précisément à l’article 25 de la loi électorale.

Etes-vous du même avis que la Cour suprême de justice qui a estimé que les requêtes en invalidation de la candidature de J. Kabila avaient pêché par la forme, les requérants n’ayant pas intérêt à agir ?

En leur qualité d’acteurs politiques et de citoyens, les requérants avaient un intérêt manifeste pour saisir la Cour suprême de justice. Malheureusement, la loi électorale précise la catégorie de citoyens qui peuvent se faire prévaloir d’un intérêt en matière de contestations relatives à la validité ou à l’invalidité des candidatures.

Etait-ce une raison pour que la Cour n’ait pas trouvé nécessaire de se saisir d’office de l’affaire pour examiner le fond de la question ?

Lorsqu’une juridiction saisie déclare irrecevable une demande judiciaire, elle ne peut examiner le fond.

Le vice, c’est à dire le défaut de qualité des requérants, devrait-il dédouaner la Cour ?

Personne ne cherche à dédouaner la Cour. Celle-ci s’est conformée à la loi. Cependant, un jour ou l’autre, on reviendra sur le fond. Et alors, la haute juridiction devra se prononcer sur les questions de droit qui ont appuyé les deux requêtes.

Avez-vous vu une quelconque ombre de considérations politiques dans l’arrêt de la Cour suprême de justice comme on le laisse entendre dans certains milieux politiques ?

Dès lors que la Cour s’est basée uniquement et sur les considérations d’ordre juridique, je ne suis pas fondé à remettre en cause la décision sur l’irrecevabilité de la requête puisqu’elle repose sur l’article 25 de la loi électorale.

Où se trouverait le problème ? Dans la loi électorale ou au niveau des juridictions appelées à juger de la conformité ou de la régularité de toutes les candidatures par rapport aux dispositions de la loi électorale, même en dehors de tout recours ?

Le problème se situe au niveau de la loi électorale. Les élections dans un régime qui se veut démocratique intéressent et les électeurs et les candidats. J’ai du mal à comprendre que la contestation de candidature soit reconnue uniquement aux candidats de la même circonscription. D’autant que l’élection présidentielle n’intéresse pas une circonscription déterminée, mais toute la République dont le territoire est la circonscription électorale. Le parlement, à mon avis, eût été mieux inspiré de reconnaître le droit de contester une candidature à une élection, présidentielle ou autre, à tout citoyen, électeur ou non, candidat ou non.

Supposons qu’un électeur « X » vivant à l’intérieur du territoire national apprend que le candidat « Y » à l’élection présidentielle ne remplit pas les conditions prévues par la loi, doit-il se taire, doit-il passer nécessairement par un candidat ou le parti de ce dernier pour demander l’invalidation du candidat à la magistrature suprême ? La réponse aurait dû être négative. Mais, la loi votée par le parlement des composantes et entités en a décidé autrement.

Il y a aussi un problème sérieux du côté de la Commission électorale indépendante, Cei. Comment celle-ci a-t-elle pu identifier et enrôler un militaire en la personne du général major Joseph Kabila, en violation de la loi sur l’identification et l’enrôlement des électeurs ?

A quoi doit-on s’attendre pour l’avenir dans le cas de contentieux en matière électorale ?

Le problème de l’irrégularité de la candidature du général major Joseph Kabila n’est pas terminé dès lors qu’il est reconnu par tout le monde, y compris le procureur général de la République, que l’intéressé s’est fait enrôler étant militaire en fonction, violant ainsi la loi n°04/028 du 24 décembre 2004 portant enrôlement et identification des électeurs en Rdc. Cette violation rend le candidat Joseph Kabila inéligible conformément à l’article 21, alinéa 1er de la loi électorale.

Qu’on se le dise : tout candidat à l’élection présidentielle aura le droit, après la publication des résultats, de contester la participation du général major Joseph Kabila au scrutin, non seulement pour identification et enrôlement irréguliers, mais aussi pour irrégularité de la procédure de démission de l’armée. Sur ce dernier aspect, on relèvera que les deux requêtes ont démontré d’une manière magistrale que la procédure de démission suivie par le général major n’a pas été conforme à la législation en vigueur.

Dans tous les cas, tout citoyen qui a l’ambition de diriger la République au niveau le plus élevé ne peut passer par le tripotage, le chipotage, le grenouillage et le magouillage pour faire accepter sa candidature à l’élection présidentielle. Le sens se l’honneur et de la dignité le lui interdit.

Le Potentiel/21-04-06
 


Assemblée nationale de la RDC

Thomas Luhaka préside la plénière ce mercredi

Par  Albert tshiambi

Il a fallu beaucoup de temps pour que les choses reviennent à la normale à l’Assemblée nationale après le départ de M. Olivier Kamitatu, à la suite de l’application de l’arrêt de la Cour suprême de justice.

Plusieurs rencontres ont été organisées par son successeur, Thomas Luhaka, en vue de trouver des voies et moyens susceptibles de reprendre le déroulement serein des travaux à l’Assemblée nationale.

Après s’être entretenu avec les membres du bureau, les présidents des Commissions et les présidents de groupes parlementaires, Thomas Luhaka a demandé aux uns et aux autres de privilégier l’intérêt général de la nation avant toute autre considération.

A l’issue de toutes ces rencontres, un compromis a été trouvé en ce qui concerne les différentes matières qui seront examinées au cours de la session ordinaire d’avril 2006.

Il ressort de ses entretiens que les honorables députés vont pouvoir rependre le chemin du Palais du peuple ce mercredi 19 avril, sauf changement de dernière minute.

Parmi les matières qui seront examinées au cours de cette session figurent la loi portant organisation et attribution du Conseil supérieur de la magistrature, la loi portant statut des magistrats, la loi réprimant les violences sexuelles, l’audition du rapport de missions relatif à l’examen des dossiers des travailleurs illégalement licenciés et suspendus au sein de vingt-quatre entreprises, ainsi que la validation des mandats de députés.

Outre ces points, les députés se pencheront sur certains dossiers restés en suspens lors des sessions antérieures. Il s’agit, par exemple, des rapports des vacances parlementaires, du contrôle parlementaire, etc.

Il sied de noter que la session ordinaire d’avril marque la fin de l’actuelle législative. Le gros du travail a été déjà fait par les députés au cours des sessions précédentes.

 


Jean-Pierre Bemba Gombo répond à J.A.

CONGO (RDC) - 16 avril 2006 - par FRANÇOIS SOUDAN

 Dans le n° 2360 de Jeune Afrique, rubrique « Confidentiel », vous avez publié un texte intitulé « Jean-Pierre Bemba prépare sa campagne et inquiète les chancelleries ».

Loin d’entretenir une vaine polémique, le Mouvement de libération du Congo (MLC) estime, au nom de son président national, nécessaire de faire les observations suivantes.

1. Signataire des Accords de paix de 2002 en Afrique du Sud et partie prenante essentielle aux Institutions de transition en cours, le MLC s’est sérieusement préparé aux prochaines échéances électorales, dans la mesure où elles seules donnent sens et cohérence à son combat pour la démocratie et le développement de la République démocratique du Congo. Mais le budget de campagne électorale que vous lui attribuez dans votre article ne correspond aucunement au plafond arrêté par les instances dirigeantes du parti : vos chiffres sont simplement fantaisistes !

2. Les inquiétudes que vous relayez n’ont aucun soubassement objectif, à moins qu’elles ne se fondent sur elles-mêmes en vue de construire, pour des desseins inavouables, l’épouvantail de ceux qui se croient autorisés à dicter leur volonté au peuple congolais.

3. Pour le MLC, la démocratie demeure, autant que la sécurité, l’unité et la réconciliation des Congolais, sa noble cause. Ayant voué une précieuse partie de leur jeunesse à son instauration, les animateurs du MLC n’envisagent nullement de la sacrifier sur l’autel des intérêts partisans. Au contraire, ils sont attentifs à la demande unanimement exprimée par la population congolaise de voir les élections se tenir dans la sérénité et la transparence totales, indépendamment des injonctions extérieures favorables à tel ou tel autre candidat président de la République.

4. À cet égard, le MLC en appelle à tous les protagonistes, congolais et étrangers, engagés à des degrés divers dans ce combat pour l’instauration d’un État de droit au Congo, à faire preuve de responsabilité et d’objectivité dans la gestion de la bonne fin de la transition politique en cours.


 

François Muamba : « Il n’y a pas d’affaire Bemba-Cpi, mais plutôt Kinshasa-Bangui contre Bemba


François Muamba était l’invité le lundi 17 avril du Forum de la presse politique en sa double qualité de ministre du Budget et secrétaire général du Mlc.

L’émission, qui a connu la participation de Chantal Kanyimbo (Rtnc), Willy Kalengay (AA), Jerôme (Fiscalité magazine), le pasteur Paul Diakese de la Tv Molière et Thierry de Cctv s’est déroulée dans le cadre somptueux du Restaurant Le Jourdain dans la commune de la Gombe.

Aucune question n’a été éludée tant en ce qui concerne l’économie que la politique.

S’agissant de l’affaire Jean-Pierre Bemba-Cpi, il a déclaré haut et fort, qu’il n’y a pas une affaire Bemba-Cpi, mais plutôt une affaire Kinshasa-Bangui contre Jean-Pierre Bemba.

François Muamba a laissé entendre que la cabale est partie de Kinshasa, via Bangui et il sait de quoi il parle. Etant donné que 2 personnages de l’entourage du chef de l’Etat font constamment des navettes entre Kinshasa et Bangui.

A l’en croire, c’est une affaire ancienne qui avait trouvé son dénouement en son temps parce que le Mlc dispose d’une lettre des Nations Unies à cet effet.

Pour ce qui est des requêtes en invalidation de la candidature du chef de l’Etat, le secrétaire général du Mlc a fait savoir que les plaignants ont été déboutés sans qu’on leur ait dit si les questions posées n’avaient pas de fonds et ne méritaient pas d’être examinés.

En sa qualité de ministre du Budget, il parle aussi du Programme économique de gouvernement dont le financement au travers du Fmi et de la Banque mondiale est arrivé ç échéance le 31 mars dernier.

Ci-dessous l’entretien François Muamba-Presse retranscrite par Le Potentiel.

La politique économique du gouvernement a certes produit des résultats comme la croissance qui est de 7 % et dont l’exécutif ne cesse de se vanter chaque fois que l’occasion se présente, mais on a l’impression que c’est un échec dans la mesure