|
Flash
Joseph Kabila évacue d'urgence sa femme et sa fille de
Kinshasa
mardi 22 août 2006
Joseph Kabila a fait partir sa femme et sa fille hier
matin à 9h20, heure de Kinshasa, de l'aéroport de Ndjili,
côté militaire avec plus de 20 valises à bord de son
avion privé.
Moralité : Il savait qu'il allait pourrir la situation
quelques heures plus tard.
Correspondant anonyme en direct de Kinshasa
www.laconscience.com/breve.php?id_breve=1110
Les 20, 21 et 22 août 2006 : la RDC allait de nouveau
basculer dans le chaos
Kinshasa vient de connaître trois jours de haute
tension. Les 20, 21 et 22 août 2006, la capitale a été
soumise à des tirs nourris de la part des éléments
armés. D’une part la Garde présidentielle, et de l’autre
la garde rapprochée du vice-président Jean-Pierre Bemba.
Actes prémédités ? Provocation ? Tentative de coup de
force ? Il faudra prendre encore son mal en patience
pour avoir des réponses précises à ces interrogations.
Ce qu’il faut retenir dans un premier temps, c’est que
ces trois jours vécus par les Kinois allaient replonger
de nouveau la République démocratique du Congo dans le
chaos.
Il était 18h15’, ce dimanche de 20 août, lorsque les
premiers tirs retentirent au centre ville de Kinshasa,
alors que toute la population s’apprêtait à connaître
les résultats provisoires du premier tour de l’élection
présidentielle.
C’était le début d’un nouveau cauchemar qui allait
plonger Kinshasa dans l’incertitude, car les
affrontements avaient redoublé d’ardeur au fil des
heures. Armes automatiques et lourdes crépitaient,
certes, de façon sporadique, mais avec une rare
intensité. Juste suffisant pour obliger la population
kinoise, très étonnée par cette violence, à se terrer.
Trois jours durant, les Kinois ont vécu dans la peur,
l’anxiété, ne sachant que faire et ignorant les origines
de ces affrontements. Entre-temps, on comptait déjà des
victimes, tant dans les deux camps que parmi la
population civile prise entre deux feux.
Que s’est-il réellement passé ? Qui a été le premier à
tirer sur l’autre ? Les versions divergent, d’abord par
la folie des rumeurs. Ensuite, suivant que l’on se
trouve dans le camp de Kabila ou de Bemba. La rumeur
selon laquelle il s’agissait d’un cas isolé, attribué
dans un premier temps aux shégués, plus tard à un
militaire ivre, a été aussitôt écartée.
En effet, selon le camp de la présidence de la
République, il s’est agi des actes de provocation de la
garde rapprochée du vice-président Bemba, et des propos
incendiaires diffusés à sa chaîne de télévision. Dans la
journée du lundi 21 août, toujours selon la même source,
il y eut une tentative d’un « coup de force », à en
croire le porte-parole du chef de l’ Etat, Kudura
Kasongo, qui intervenait sur Digital Congo, avec une
attaque dirigée contre le palais de la Nation, symbole
du siège des institutions de la République.
Le camp du vice-président Bemba rejette toutes ces
accusations affirmant que ce sont des éléments du GSSP
qui ont été les premiers à attaquer le siège du MLC.
Ensuite, la résidence du vice-président Bemba qui, en
ces moments, c’est-à-dire le lundi 21 août aux environs
de 15 heures, s’entretenait avec les ambassadeurs et
membres du Ciat. Ceux-ci ont été extraits de ces lieux
grâce à l’intervention efficace des éléments de la Monuc
et de l’Eufor.
Qui dit vrai ? Seule une enquête indépendante pourrait
donner une réponse précise à cette interrogation.
Entre-temps, le mal est fait et il importe en ces
moments de tirer rapidement des leçons utiles dans la
mesure où l’on n’est pas encore sorti de l’auberge.
Le potentiel
Par Freddy Monsa Iyaka Duku
REDOUTANT LE DEUXIEME TOUR, LE CAMP KABILA PERD SON SANG
FROID ET TIENT A ÉLIMINER PHYSIQUEMENT JEAN PIERRE
BEMBA.
"Réflexion
de notre membre Dr KABEYA KANDOLO MUHEMBA"
Le MLC n' a aucune raison au stade actuel à provoquer
une guerre en RDC
Grâce à une vigilance sans faille, le tripatouillage sur
le quel avaient misé les conseillers de Kabila a
complètement raté.
Le peuple congolais est assez mûr pour se choisir sa
voie et ses dirigeants.
Effectivement, nous avions raison, les électeurs ne
pouvaient jamais dépasser les 18.000.000.
Pressions sur la Cour Suprême de Justice pour annuler
les élections.
Une voie royale s'ouvre à JP BEMBA pour accéder
démocratiquement à la Présidence de la RDC.
Chasser le naturel, il revient toujours au galop,
La population congolaise se rappellera qu'aux mois de
Novembre et Décembre de l'année passée, Le MLC, le RCD,
l'UDPS et le CIAT avaient convenu d'un calendrier pour
se retrouver en vue des négociations politiques pour de
rechercher voies et moyens afin de faire participer l'UDPS
qui se sentait exclue, et à juste titre d'ailleurs, au
processus électoral actuel et avoir une fin de
transition apaisée.
Le PPRD qui se croyait malin et qui avait complètement
misé, en l'absence de l'UDPS , d'offrir l'élection à
Kabila dès le premier tour, s 'était opposé, et boycotté
sans réserves ces négociations à tel point qu'elles n
'auront jamais eu lieu. Toutes les tentatives pour faire
repêcher cet autre grand parti sont restées vaines ou
reçu la fin de non recevoir.
Même quelques jours avant les élections le voeu le plus
cher émis par toute la classe politique congolaise le
MLC en tête et le clergé congolais qui estimaient qu'il
fallait appeler au dialogue ne trouvera aucun écho de la
part du parti présidentiel.
Le comble et le plus surprenant, comme le ridicule ne
tue pas, était d'entendre le président sortant J. Kabila
, imbu de lui-même et enflé par un orgueil sans
vergogne, aller demander loin, mais très loin de
Kinshasa , aux populations de Kamina de savoir ce que
ces dernières pouvaient penser des négociations
politiques réclamées à Kinshasa; et l'on entendît ce que
Kabila eusse voulu entendre. Un NON à la mesure de son
initiateur.
Le grand magicien sans scrupule qui se croyait avoir le
tour dans sa poche jouait le tout pour le tour, ne
pouvait en aucune façon penser un seul instant que le
tour à son tour pouvait lui jouer des tours.......et la
suite tout le monde la connaît.
Le général Major se trouve aujourd'hui coincé avec une
équation simple mais de taille qu'il doit résoudre à
tout prix .
Toutes projections faites, le PPRD sera incapable de
faire élire Kabila au deuxième tour et l'offrir un
second mandat, car même si les électeurs de Gizenga,
Zanga Mobutu et Oscar Kashala au premier tour sont des
électeurs naturels de Bemba quelque soit le cas de
figure JPBG garde toutes ses chances de se faire élire
au second tour en plus." AZALI MWANA MBOKA ." comme
aiment le dire les Congolais
Hier soir, j'étais très étonné d'entendre une grande
pointure du PPRD et qui n'est pas le moindre dans la
hiérarchie de ce parti, me dire: ah cher ami, il faut
nécessairement arrêter ce processus et faire participer
l'UDPS à celui-ci. Yerodia et Kamerhé nous ont conduit
sur une voie sans issue! Kabila n'aura aucune
possibilité de se faire élire, si il n'a fait que 44% de
voix malgré tout ce qu'on lui avait promis.
Une tension politique délibérément entretenue par Kabila,si
nous perdons, il y aura un bain de sang à Kinshasa, car
nous n'aimerions pas perdre la capitale! Malheureusement
c'est la perspective qui s'annonce pour ce PPRD
actuellement!
Il ne manquait plus que ça! lui ai répondu. Comment un
parti sérieux comme le vôtre peut-il prétendre avoir la
lisibilité de la situation politique congolaise, peut à
ce stade, alors que ils étaient des opposants acharnés à
ces négociations, prendre subitement conscience et goût
aux négociations auxquelles ils étaient farouchement
opposés?
Heureusement que l'UDPS n'a pas mordu à l'hameçon, les
responsables de ce mouvements disent claire et haut: que
le processus électoral actuel doit continuer jusqu'à la
phase finale des élections car telle était la volonté du
PPRD.
La vigilance dont tous les participants aux élections
ont fait montre est parvenue à mettre en échec toutes
les tentatives du PPRD à tricher et faire passer Kabila
dès le premier tour comme ils pouvaient le prétendre.
Le 27 juillet dernier, au cour d'une conférence de
presse à Bruxelles, nous avons dénoncé la tentative qui
était mise en place au Ministère de l'Intérieur en RDC
qui voulait que plus d'UN MILLION ET DEMI des cartes
d'électeurs des personnes décédées puissent être mises à
contribution pour faire élire Kabila au premeir tour.
Cette machination malgré certaines tentatives aux
quelles ils sont parvenus ici et là, a échoué.
Mais jusqu'à ce jour d'après nos informations, ces
cartes n'ont été détruites non plus.
Nous avions démontré noir sur blanc selon les avis que
nous avions de spécialistes que nous avions sollicités
et avis qui ne pouvaient souffrir d'aucune faille, avec
une population élective estimée à 25.000.000 d'inscrits
en juillet 2005, cette population élective ne pouvait
dépasser les 18.000.000 d'électeurs à la date de vote,
c'est à dire au 30 juillet 2006. Effectivement les
statistiques nous ont donné complètement raison, les
participants au vote ont été 17.000.000.
Voilà que pris à son propre jeu Kabila conscient de sa
défaite se mord le doigt et provoque dans la grande
métropole congolaise une guerre sans raison qui a pour
conséquence, reporter des échéances électorales que le
peuple congolais appelle de tout son coeur.
Le peuple congolais est assez mûr aujourd'hui pour
comprendre où se trouvent ses intérêts et les défendre
jalousement.
Elle est amère la coupe, mais il faut la boire jusqu'à
la fin. Ne trouvant aucune solution pour s'en sortir au
deuxième tour comme un animal blessé, arc-bouté dans son
terrier, le PPRD grand défenseur des vertus
démocratiques ne trouve la voie de sortie que dans une
guerre qui replongera nos populations dans une situation
qui est déjà précaire. Voilà que nos amis qui
claironnent tous les jours comme étant grands défenseurs
de la démocratie qui veulent tuer la démocratie!
Nous savions que sous les apparences d'un régime
démocratique qui se mettait en route pour servir le pays
il n' y avait que la même bande de pilleurs tant décriée
par LDK qui usait de la patience du peuple pour mieux
l'asservir dans une dictature qui ne disait pas son nom.
Aujourd'hui les masques sont tombés! Nous ne les
laisserons pas faire, car nous venons d'apprendre qu'une
rencontre a eu lieu ce soir entre le Ministre de
Justice, le Président de la Cour Suprême et le
Conseiller Politique à la Présidence de la République en
vue d'analyser la situation et de procéder à
l'annulation des élections dont le MLC n'est pas
demandeur. Nous dénonçons vigoureusement cette
manipulation.
Quelque soit le cas de figure, le MLC en rangs de
bataille derrière un seul homme JP BEMBA GOMBO, ensemble
avec le Renaco et toutes les forces vives nous nous
battrons pour défendre, bec et ongle, l' idéal de la
population entière afin que soit élu notre candidat,
candidat du peuple, celui de l'espoir dans l'avenir,
JPBG "le Chairman".
1-Chercher une guerre maintenant et à ce stade après
avoir mis en échec les tentatives de vol , de la
tricherie qui ne sont pas les objectifs à notre
calendrier et peut servir en aucun cas l'intérêt de
notre population.
2-L'opinion nationale et internationale retiendra que
que le MLC et son Président sont victimes d'une
conspiration bien orchestrée destinée à éliminer
physiquement Jean Pierre Bemba.
3-JPBG a au coeur la souffrance de la population
congolaise et empêchera avec les autres forces vives par
les moyens démocratiques tous ceux qui s'interposeront
sur la voie d'acquisition de cette liberté et de jouir
de l'estime des suffrages de la population congolaise
que celle-ci veut lui rendre.
4-Nous estimons que nous avons perdu assez de temps et
le MLC tient à son tour affirmer que nous tenons à aller
inexorablement vers le deuxième tours des élections,
dans la paix, l'unité et la concorde nationales.
Actuellement, nous ne sommes disposés d'aller aux
négociations avec ceux qui mentent et pillent le peuple.
Avec Dieu, Nous vaincrons.
Dr KABEYA KANDOLO MUHEMBA,
Membre du MLC.
Ancien patron des services secrets zaïrois et conseiller
spécial en matière de sécurité du président Mobutu,
Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba commente les résultats
du premier tour de l’élection présidentielle du 30
juillet ainsi que les affrontements sanglants qui
opposent depuis dimanche 20 août à Kinshasa les
partisans de Joseph Kabila à ceux de Jean-Pierre Bemba.
Ngbanda préside actuellement le cartel politique «
Alliance des patriotes pour la refondation du Congo » (APARECO),
basé en France.
«
Joseph Kabila est non seulement un imposteur mais aussi
un bandit et un fraudeur. Il a tenté de faire assassiner
Jean-Pierre Bemba»
Quel est votre commentaire sur les résultats du premier
tour de l’élection présidentielle du 30 juillet ?
Je tiens à dire d’emblée que les 44,81% des voix obtenus
par Joseph Kabila procèdent tout simplement d’une
mascarade. Sur base des renseignements en ma possession,
le président sortant a obtenu en réalité la moitié des
sept millions des voix dont il s’attribue. Le
raz-de-marée dont on parle à l’Est du Congo résulte de
bourrages des urnes et nullement des votes exprimés par
les électeurs. Cette situation a d’ailleurs été signalée
par les observateurs internationaux. Il y a eu aussi des
étrangers venus des pays frontaliers qui ont voté.
Rappelez-vous l’article du quotidien « Le Soir » daté du
2 août lequel faisait état des populations qui
retraversaient la frontière pour regagner le Rwanda
après le vote. Ce ne sont pas des Congolais qui
quittaient le pays. Les auteurs de ces fraudes avaient
escompté une victoire de Kabila dès le premier tour. Si
en dépit de ces tripatouillages, ils n’ont réussi à
réunir que 7 millions et demi des voix (sur 17, 9
millions de votants/ 25 millions d’inscrits), cela
signifie qu’il y a eu sept millions et demi des voix des
personnes qui n’ont pas participé au vote. Ce qui
équivaut exactement au nombre des voix que Kabila vient
de réaliser grâce à la fraude au premier tour.
Pensez-vous que la situation sera différente lors du
second tour ?
Au second tour, comme il va y avoir une forte
mobilisation de tous les Congolais et une surveillance
stricte des opérations électorales, Kabila - autant que
ses protecteurs - est conscient qu’il n’a plus aucune
chance de gagner. Les Congolais veulent plus que jamais
se débarrasser des étrangers qui dirigent leur pays. Je
peux vous assurer que même si les autres prétendants à
la présidence étaient « achetés », il n’est pas sûr que
leurs électorats respectifs suivent à la lettre le mot
d’ordre. Les Congolais sont décidés à prendre en mains
leur sort.
On assiste depuis dimanche à des affrontements à l’arme
lourde entre partisans de Kabila et ceux de Bemba. Vous
attendiez-vous à une telle tournure des événements ?
Je m’y attendais. Et ce, pour la simple raison que
j’avais la conviction que Kabila n’allait pas gagner au
premier tour. La situation qui se déroule sous nos yeux
devait donc arriver. Il ne restait, en effet, aux
étrangers qui occupent notre pays que le recours à la
violence pour exécuter Jean-Pierre Bemba. Joseph Kabila
veut manifester son mécontentement vis-à-vis de ses
parrains étrangers. C’est un message qu’il a voulu
envoyer à ses protecteurs en attaquant la résidence de
Bemba pendant que les ambassadeurs des Etats membres du
CIAT s’y trouvaient. C’est l’histoire de « l’enfant
chéri » qui boude ses « parents ».
En tant que spécialiste des renseignements, pensez-vous
que le président Kabila ait pu ne pas être informé de la
présence de ces diplomates chez le vice-président Bemba
?
Kabila savait que Bemba conférait avec les ambassadeurs
du CIAT dans sa résidence. Il a d’abord piqué une sainte
colère lorsque la communauté internationale lui a
communiqué les résultats du premier tour. Selon les
informations en ma possession, Kabila a piqué une crise
en apprenant l’annonce d’un second tour. En attaquant la
résidence de Bemba, Kabila manifeste sa mauvaise humeur
face au « revirement » de la communauté internationale
qui a pris conscience que le peuple congolais s’est
complètement rangé du côté du « fils du pays ». « Joseph
» sait que cette même communauté internationale est
actuellement entrain de « négocier » un changement de
cap. On le voit, c’est un double message que le chef d’Etat
sortant a envoyé à Jean-Pierre Bemba et à la communauté
internationale.
Des témoins à Kinshasa – c’est le cas également du
quotidien bruxellois « Le Soir » daté du 22 août –
assurent que les troupes européennes présentes dans la
capitale congolaise ont mis plusieurs heures avant
d’intervenir à la résidence de Bemba où se trouvaient
toujours les ambassadeurs du CIAT. Quel est votre
commentaire ?
Il est clair que les troupes européennes ne sont pas
allées à Kinshasa pour maintenir la paix après les
élections. Ces troupes sont allées au Congo-Kinshasa en
prévision d’une victoire de Joseph Kabila au premier
tour. La mission des soldats européens consistait
uniquement à mâter les partisans de Jean-Pierre Bemba.
Des avions de chasse et des drones survolaient
régulièrement les positions des hommes de Bemba à Maluku.
Les troupes européennes ne s’occupaient que de Bemba. Le
scénario qui se déroule actuellement à Kinshasa n’avait
pas été prévu par la communauté internationale. Celle-ci
a été surprise. Cette communauté internationale avait
cru que la population congolaise n’allait pas réagir
face à la parodie électorale qui se préparait. La même
communauté internationale est surprise de voir que c’est
son « poulain » qui a déclenché les hostilités. Si les
troupes de Jean-Pierre Bemba avaient osé attaquer la
résidence de Joseph Kabila, je peux vous assurer que
Bemba ne serait plus vivant aujourd’hui. Les forces
européennes l’auraient exécuté immédiatement.
Avez-vous pu entrer en contact avec Jean-Pierre Bemba
depuis dimanche ?
Absolument.
Quel est l’état de son moral ?
Son moral est très haut. Depuis très longtemps, nous
étions préparés à faire face à la situation en cours. Je
ne peux pas tout révéler ici. Les gens croient à tort
que les Congolais sont des idiots. On a tendance à
sous-estimer la capacité d’organisation des Congolais.
Je peux vous dire qu’à partir d’aujourd’hui, la
communauté internationale va aller de surprise en
surprise. Ce n’est pas encore fini !
Depuis lundi, la communauté internationale a invité,
sans succès, les deux camps antagonistes à cesser les
hostilités. Des tirs résonnaient encore mardi matin.
Pensez-vous qu’il s’agirait d’un double langage ?
Certains m’accusent de mettre l’huile sur le feu lorsque
je stigmatise la duplicité de cette communauté
internationale. Avant et pendant les élections, cette
communauté internationale s’est évertué à casser les
tympans des Congolais par des « mises en garde » à
l’encontre des « fauteurs des troubles ». N’avait-on pas
entendu que ceux qui oseraient contester les résultats
des élections par des voies non légales trouveront les
troupes d’Eufor-RDC sur leur chemin ? Où sont passés ces
troupes européennes pendant que la garde présidentielle
sème la mort? Faudrait-il donner tort à ceux qui
affirment que ces troupes ne sont que dans le but de
soutenir l’homme qui est au pouvoir ? En vérité, c’est
le réveil des Congolais qui a surpris la communauté
internationale. Celle-ci ne sait plus sur quel pied
danser.
Depuis la publication des résultats du premier tour,
Jean-Pierre Bemba n’a fait aucune déclaration. Pourquoi,
selon-vous ?
Nous savons aujourd’hui que Joseph Kabila a commandité
un attentat contre Jean-Pierre Bemba. Il est clair qu’il
a voulu le liquider. Les preuves sont là ! Ces preuves
seront publiées. Pour le moment, Bemba ne peut pas
prendre le risque de dire n’importe quoi. Il a des
choses beaucoup plus graves à révéler à la population au
sujet non seulement du vote mais aussi du complot qui
s’est tramé contre sa personne. Avant que Joseph Kabila
ne déclenche son offensive généralisée, Bemba a fait
l’objet d’une tentative d’assassinat.
Certains analystes estiment que la RD Congo devrait être
mise sous-tutelle des Nations Unies au motif que la
rivalité Kabila-Bemba devient un facteur potentiel de
déstabilisation du pays. Que répondez-vous ?
Dans un entretien antérieur avec votre journal, j’avais
dit qu’il n’est pas sûr que les élections ramèneront la
paix et surtout une solution durable à la crise
congolaise. Vous le savez autant que moi que les cinq
préalables devant précéder le processus électoral n’ont
pas été réalisés. Il ne faudrait dès lors pas s’étonner
que les consultations politiques en cours engendrent
l’instabilité. J’ai été surpris de voir la journaliste
Colette Braeckman faire un parallélisme entre la
situation au Congo avec les élections de 1992 en Angola.
Depuis longtemps, je n’ai cessé de citer le précédent
angolais. Certains m’accusaient d’être un « fauteur de
troubles ».
Selon vous, que faire pour dénouer cette crise ?
Les Congolais doivent prendre en mains la destinée de
leur pays.
Comment ?
Il n’y a pas trente-six solutions. Kabila vient de
montrer sa véritable face. Il cherche à faire un coup de
force pour se maintenir au pouvoir. Face à cette
situation, nous – la population, les étudiants et les
militaires - devons nous préparer à un affrontement. Il
est aujourd’hui illusoire de compter sur la communauté
internationale. Encore moins sur le gouvernement qui
n’existe d’ailleurs plus. Ces deux entités ne peuvent
plus rien faire pour les Congolais. Si nous ne prenons
garde, le schéma de la balkanisation de notre pays sera
mis en exécution. Rappelez-vous que lors de la campagne
électorale, d’aucuns ont voulu opposer l’Est à l’Ouest
de notre pays. Alors que cette « fracture » est loin
d’exister au sein de la population. Dans les jours à
venir, nous allons lancer un appel à la mise en place
d’une « organisation » qui doit mettre fin à la
situation actuelle.
L’envoyé spécial de l’UE dans la région des Grands Lacs,
Aldo Ajello, vous a accusé récemment de « tromper la
population congolaise ». Quelle est votre réaction ?
Je suis surpris par cette déclaration de l’ambassadeur
Ajello, un homme que je connais très bien et porte en
haute estime. Je comprends qu’il n’est que le
porte-parole d’une politique arrêtée par l’institution à
laquelle il appartient. Je suis étonné quand il dit que
je suis entrain de tromper le peuple congolais en
affirmant que la communauté internationale a jeté son
dévolu sur Kabila. Les faits ne me donnent-ils pas
raison ? D’ailleurs c’est le rapport rédigé par
l’ambassadeur de l’UE à Kinshasa, Carlo De Filippi, qui
a mis à nu cette magouille. Pourquoi Ajello n’a-t-il pas
démenti le contenu de ce document lorsque je l’ai fait
publier ? D’ailleurs la journaliste Colette Braeckman
écrit dans un de ses articles que la communauté
internationale n’avait pas prévu un budget pour financer
le deuxième round des élections. N’est-ce pas là une
preuve que la victoire de Joseph, au premier tour, était
bien « programmé » ?
L’hebdomadaire britannique « Sunday Times » fait état
d’un trafic d’uranium entre la RD Congo et l’Iran. Dans
une enquête réalisée par l’hebdomadaire bruxellois «
Trends tendances », deux collaborateurs du président
Kabila sont cités. Il s’agit de Augustin Katumba Mwanke
et d’un certain John Kahozi. Que savez-vous de neuf sur
cette affaire ?
J’ai laissé aux journalistes le soin d’analyser les
premiers éléments qui étaient en ma possession. D’autres
documents seront publiés ; des documents très accablants
pour Joseph Kabila. Dans ma lettre publiée récemment,
j’évoque le nom de John Kahozi. C’est l’homme de mains
de Kabila. C’est son argentier.
Après les événements sanglants de Kinshasa, pensez-vous
que Kabila est toujours qualifié pour diriger la RD
Congo ?
Le travail que nous menons consiste à démontrer au
peuple congolais et au reste du monde que Kabila est non
seulement un imposteur mais aussi un bandit et un
fraudeur. Cet homme n’est pas digne d’être à la tête du
« Grand Congo ». D’ailleurs, il fait tout son possible
pour empêcher le déroulement du second tour de la
présidentielle. Il sait parfaitement que la prochaine
campagne électorale sera « meurtrière » pour lui avec
notamment le dossier relatif au trafic de l’uranium. Ce
n’est pas pour rien qu’il a déployé ses sbires à travers
l’Europe. Les réactions du monde occidental seront
surprenantes.
Propos recueillis par B. Amba Wetshi
Marco Banguli rate
sa cible
(LP)
Marco Banguli, ministre des
Finances et candidat à la députation, s’est cru autorisé
à donner une leçon de déontologie au Phare sur une
chaîne qui n’a pas diffusé l’information relative à un
excédent des votants dans le territoire d’Isangi.
Aveuglé sans doute par son fanatisme politique, il a
déclaré péremp-toirement avoir consulté le site internet
de la CEI et n’avoir pas trouvé les 28.141 électeurs
excédentaires dont Le Phare s’est fait l’écho dans son
édition du mardi 15 août.
Que son « Excellence » sache bien que l’abbé Apollinaire
Malumalu, président de la Commission Electorale
Indépendante, dans son point de presse donné le même
mardi, a reconnu cette situation bizarre et l’a mise sur
le compte d’une erreur de transmission des résultats.
Monsieur l’abbé président s’est empressé de dire que
l’erreur avait été corrigée.
Que dire donc ? L’erreur était bel et bien là et Le
Phare n’a rien inventé, ainsi que tentait de l’insinuer
le ministre des Finances. Marco Banguli aurait dû avoir
l’honnêteté de dire à ses amis politiques à qui il
tenait absolument à plaire qu’il était tombé sur la
version corrigée des résultats de compilation du
territoire d’Isangi.
Se donner tristement en spectacle comme il l’a fait,
croyant être le seul à pouvoir lire correctement les
tableaux des résultats affichés sur le site de la CEI
n’est pas digne du technocrate que nous avions apprécié
en d’autres circonstances. Il lui suffisait de jeter un
regard non partisan autour de lui, de voir la
multiplication des erreurs de transmission, de comptage
et de vérification ainsi que l’injection des bulletins
excédentaires comme on vient encore de le vivre à Mweka
et Kananga pour comprendre qu’en protestant contre des
évidences, on court le grave risque de perdre sa
crédibilité.
2006-08-18
Le phare
Elections-résultats:
Suspicion et animosité chez les Kinois
(Le Soir 19/08/2006)
A Limete, l'un des bastions de
l'opposition dans la capitale congolaise Kinshasa, des
électeurs découvrent enfin les résultats, pour leur
commune, de la présidentielle du 30 juillet: les
chiffres scotchés sur les piliers de la mairie
contrastent avec la tendance nationale.
"Pour la commune de Limete, les résultats sont vrais:
(Jean-Pierre) Bemba est en tête, suivi de (Antoine)
Gizenga", estime un jeune homme, tee-shirt beige sur
pantalon gris. "Mais dans l'est du pays, on nous
trompe", affirme-t-il, avec hargne et sous couvert
d'anonymat.
A Limete, le vice-président et ex-rebelle Bemba décroche
59,5% des suffrages exprimés, suivi de l'opposant
historique Antoine Gizenga avec 14,7%. En troisième
position, arrive le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila
avec 13,7%.
Mais au niveau national, M. Kabila arrive largement en
tête devant MM. Bemba et Gizenga, notamment grâce à des
scores écrasants dans l'est du pays, selon des résultats
partiels affichés par la Commission électorale
indépendante (CEI) et compilés par l'AFP.
"On ne veut pas de ce Kabila et vous continuez à nous
l'imposer", répète avec animosité le jeune homme, en
référence à la communauté internationale accusée par des
habitants de Kinshasa de soutenir le président sortant.
"Comment les résultats peuvent-ils être si abondants à
l'est ? Il y a presque autant de votants que
d'inscrits", relève un fonctionnaire, tout aussi
suspicieux. "Il y a des manigances", assure-t-il.
Les observateurs ont salué globalement le bon
déroulement du scrutin malgré quelques irrégularités. Au
moment de la récolte des résultats, l'Union européenne a
elle dénoncé "plusieurs défaillances".
Dans ce concert de voix unanimes sur le parvis de la
mairie de Limete, une femme essaie de se faire entendre.
"Les résultats reflètent la réalité", lance-t-elle. "Il
n'y a pas eu de tricherie. Partout, les gens ont
travaillé avec une conscience nationale. Les élections
ont été démocratiques et transparentes", affirme, avec
aplomb, Hélène Kalunga, directrice d'une école à Limete.
"C'est pas vrai", lui rétorque un habitant du quartier
d'une trentaine d'années.
"Ceux qui parlent de fraude sont des aigris", lâche
Hélène, vêtue d'une jupe coupée dans un imprimé où l'on
peut lire "Sainte Vierge".
Alain, un fonctionnaire, essaie de calmer les esprits.
"C'est la première fois qu'on a des élections. C'est une
expérience, il faut comprendre qu'il y a des opinions
différentes".
Le premier tour de l'élection présidentielle et les
législatives (un seul tour) du 30 juillet sont les
premiers scrutins libres et démocratiques organisés
depuis plus de quarante ans dans l'ex-Zaïre. Les
résultats provisoires de la présidentielle doivent être
annoncés d'ici dimanche.
"Je veux que le Congo change", affirme Georges, un
chômeur de 56 ans. "On cherche un patriote à la tête du
pays. On ne veut pas d'étranger", ajoute-t-il, en
reprenant à son compte le discours d'une partie de
l'opposition qui remet en cause la nationalité de M.
Kabila.
"La population congolaise soutient Bemba massivement. Au
cas où il ne passe pas, on va réagir, peut-être
violemment", prévient un autre électeur, qui refuse de
donner son nom.
Sur la façade de la mairie délabrée aux couleurs bleu et
jaune de la RDC, est tendue une banderole: "La sécurité
des élections est l'affaire de tous".
Une vingtaine de véhicules de la police, avec des hommes
lourdement armés, traversent le quartier. A quelques
centaines de mètres de là, des habitants les menacent:
"Voleurs, nous allons vous brûler".
© Copyright Le Soir
Présidentielle
2006-2ème tour : l’article 114 pose problème
(Le Potentiel 19/08/2006)
Les «résultats partiels» publiés
jusqu’ici par la CEI ne rassurent pas encore les
états-majors des principaux challengers à la
présidentielle. Si la majorité absolue n’est obtenue par
aucun candidat au premier tour, le second devrait
légalement intervenir après la proclamation des
résultats définitifs par la Cour suprême de justice.
Encore faut-il qu’au préalable la haute Cour ait traité
ou déclaré irrecevables les recours introduits. Dans
tous les cas, la perspective du second tour ouvre la
voie à plusieurs interprétations ainsi qu’à de nouveaux
problèmes.
Le peuple congolais a besoin de connaître, dans 24
heures, l’élu de son cœur. Il attend fébrilement la
proclamation, dimanche 20 août, des «résultats
provisoires» du scrutin présidentiel du 30 juillet
dernier. Si, au regard des derniers «résultats
provisoires» la majorité absolue n’est pas réalisée par
l’un ou l’autre des principaux challengers, Joseph
Kabila et Jean-Pierre Bemba, un deuxième tour sera donc
programmé. Et bonjour les contraintes !
wait andsee!
Au fil des jours :
les « 15 » accusent
(Jacques Kimpozo Mayala)
Roger Lumbala, porte-parole du
Cartel de 19 candidats à l'élection présidentielle,
donne lecture d'un document signé par 15 d'entre eux et
dans lequel il est fait état de plusieurs anomalies
constatée lors des scrutins présidentiel et législatifs
du 30 juillet 2006. Il épingle notamment le bourrage des
urnes, les cas de double et triple enrôlement, l'achat
des voix devant les centres de vote, le détournement des
votes d'électeurs analphabètes, l'intimidation de
nombreux électeurs par des Interahamwe à l'Est du pays,
l'évasion des bulletins de vote et la substitution de
plusieurs procès-verbaux des opérations de
dépouillement, etc.
Compte tenu de toutes ces irrégularités, les signataires
tirent la conclusion ci-après :
-" invitons le peuple congolais à constater avec nous
que les élections présidentielle et législatives, telles
qu'organisées le 30 juillet 2006, ne réunissent pas les
conditions minimales de transparence, ne sont pas
génératrices de paix et ne peuvent en aucun cas produire
un nouvel ordre politique démocratique ;
- mettons en cause la validité du scrutin et déclarons
d'ores et déjà la CEI, les pouvoirs publics, la Ham, le
Ciat et la Monuc seuls responsables des consé-quences
dommageables qui en résulteraient ".
Il convient de signaler que c'est dans ce cartel que
militent Vincent Lunda Bululu, Gérard Kamanda wa Kamanda,
Nzanga Mobutu, Mboso Nkodia Mpuanga, Joseph Olenghankoy,
Pierre Anatole Mutusila, etc. C'est cette plate-forme
politique, rappelle-t-on, qui réclamait des
concertations politiques avant les élections, ainsi que
la publication préalable des listes électorales, la
justification correcte de l'excédent de 5 millions de
bulletins de vote, une claire localisation du serveur
central,etc.
Des PV fictifs à Mweka
Grande confusion et forte tension au centre de
compilation des résultats électoraux à Mweka, au Kasaï
Occidental, à la suite de l'arrivée de deux sacs
contenant des procès-verbaux de dépouillement jugés
fictifs par des témoins des candidats. Interpellé illico
pour justifier leur provenance, le chef du Bureau de
Liaison de la CEI se dit tout aussi surpris de la
présence de ces deux colis. Sous prétexte d'aller
requérir l'avis du chef du centre de compilation, il
réussit à se soustraire à la colère des témoins et de
certains candidats alertés par cette énième tentative de
manipulation des résultats à Mweka.
Jusqu'à la tombée de la nuit, aucun responsable local de
la Commission Electorale Indépendante ne se fait voir.
Ce qui ne fait qu'accentuer la rumeur de la fraude
électorale qui se répand comme une traînée de poudre. En
attendant de voir clair dans l'affaire des
procès-verbaux fictifs, les témoins des candidats
décrètent la suspension des opérations de compilation.
Z'Ahidi Ngoma
déballe la CEI
Accusé d'avoir fait allégeance au
pouvoir 1+4 pendant les 36 mois de Transition et d'avoir
trahi la cause de l'opposition non armée, Arthur Z'Ahidi
Ngoma, Vice-président chargé de la Commission
Socio-Culturelle, remet sa casquette d'opposant devant
une brochette de journalistes réunis en sa résidence. Sa
communication a pour menu principal les élections. " Ce
sont les voix des machines qui sont comptabilisées et
non celles exprimées par le peuple le 30 juillet ",
attaque-t-il en guise de préambule. " On a outillé le
côté militariste parce que ce qui a été fait et qui est
en train d'être fait n'est pas propre ".
Selon l'ancien prisonnier de Buluwo, le peuple congolais
vient de manquer un nouveau rendez-vous avec l'histoire,
comme ce fut le cas en 1960. Ecoeuré par les tricheries
électorales observées le 30 juillet 2006, il pense qu'
"un tel exercice ne peut pas produire la légitimité
démocratique qu'on recherchait ".
Arthur Z'Ahidi Ngoma, s'exprimant comme un acteur
politique évoluant en dehors des institutions
nationales, soutient que les bailleurs des fonds du
processus électoral congolais, en mobilisant la Monuc et
l'Eufor, préparent " la paix des cimetières ".
Interrogé sur sa participation à une compétition
électorale réputée non transparente à partir des
opérations d'identification et d'enrôlement, le leader
des " Forces du Futur " et du " Camp de la patrie "
réfute le constat selon lequel il aurait été roulé dans
la farine. " Ni naïf, ni complice. Nous avons voulu
aller jusqu'au bout pour ne pas prêter le flanc à ceux
qui pensaient que les Congolais avaient peur des
élections. Nous avons voulu tester la bonne volonté de
la CEI et des bailleurs de fonds, et prendre le peuple à
témoin en l'amenant à vivre le manque de visibilité et
de transparence dans le chef de la CEI et de son
processus où tout est fluctuant ; mais la bonne foi n'a
pas été au rendez-vous ".
28.141 électeurs excédentaires à Isangi
A l'affichage des résultats au centre de compilation de
la CEI du territoire d'Isangi, en Province Orientale, le
trop plein d'électeurs fait tiquer des témoins des
candidats. En effet, alors que 155.017 votants sont
enregistrés dans les 282 bureaux de vote, ils sont bel
et bien183.164 à l'issue des opérations de
dépouillement. Naturellement, l'on pense à un exercice
sous-marin de bourrage des urnes.
C'est au cours du point de presse animé à Kinshasa 24
heures plus tard par l'abbé Apollinaire Malumalu,
président de la Commission Electorale Indépendante, que
la presse apprend que le surplus d'électeurs observé à
Isangi était imputable à une erreur de transmission des
résultats.
Qu'à cela ne tienne, le doute demeure quant à la
transparence des verdicts électoraux non seulement à
Isangi mais sur l'ensemble du territoire national où
l'accumulation d'erreurs de comptage, de transmission
associées aux cas avérés d'injections de bulletins
fictifs dans les centres de compilation ressemble à un
exercice planifié.
Adieu Roger Nimy !
La nouvelle du décès inopiné de
Roger Nimy, président fédéral du MLC/Bas-Congo et ancien
ministre du Tourisme et des Sports, dans une clinique
bruxelloise, est accueillie à Kinshasa dans la stupeur
générale. On n'a du mal à croire que cet homme au
physique de catcheur a pu perdre son duel avec un
adversaire invincible : la mort. Par empoisonnement ? La
rumeur court.
Ses proches le présentaient comme un brillant et
bouillant juriste, à l'image de son aîné biologique,
Nimy Mayidika Ngimbi, ancien Directeur de cabinet et
Conseiller Spécial du maréchal Mobutu en matière de
sécurité. Mais à dire vrai, le grand public ne le
découvre qu'en décembre 2003, avec l'affaire de son
historique coup de gueule à l'endroit du Chef de l'Etat,
Joseph Kabila. A en croire les témoignages de plusieurs
de ses collègues membres du gouvernement, Roger Nimy
n'accepte pas de devoir solliciter une autorisation même
pour un séjour dans son village natal, ainsi que l'exige
une instruction communiquée à la DGM (Direction Générale
des Migrations) par le cabinet du président de la
République. Il proteste haut et fort, au cours d'un
conseil des ministres présidée par Joseph Kabila.
Considérant cela comme un outrage à leur chef de file,
les ministres PPRD exigent sa démission, faute de quoi
ils ne participent plus aux réunions du gouvernement. De
son côté, Jean-Pierre Bemba refuse de céder, car
entre-temps, il se dit lui aussi victime des propos
diffamatoires de la part de Joseph Olenghankoy, ministre
des Transports et Communications, dans une interview
accordée à Grands Lacs Magazine.
Au terme d'une longue crise gouvernementale, Roger Nimy,
qui s'affiche alors comme ministre RCD/N, s'efface.
Pourtant, on le revoit encore dans l'équipe
gouvernementale, lors du remaniement de janvier 2005, au
portefeuille de la Jeunesse, Sports et Loisirs, en
remplacement d'Omer Egwake. Mais il va rendre le tablier
après huit mois de travail, sans raison plausible, au
profit de Jacques Lungwana.
L'armée angolaise
en état d'alerte
L'armée angolaise est en alerte maximale. Ses troupes
sont déployées le long de la frontière angolo-congolaise,
principalement dans le secteur du Bas-Congo. Les
officiels angolais restent bouche et motus cousus. Les
observateurs pour leur part estiment que ce dispositif
militaire n'est pas le fait du hasard, à cinq jours de
la proclamation des résultats dits provisoires par la
Commission Electorale Indépendante. On croit savoir que
Luanda pressent une mauvaise tournure d'éventuelles
contestations électorales à Kinshasa. Auquel cas, ses
troupes n'hésiteraient pas à prêter main-forte à la
Monuc et l'Eufor pour rétablir l'ordre qui serait
troublé. La manœuvre d'anticipation de l'armée angolaise
donnerait raison aux personnes qui, comme Arthur Z'Ahidi
Ngoma, pensent que la présence des troupes de ces deux
structures s'inscrit davantage dans la logique de la
répression que de la sécurisation du processus
électoral.
2006-08-18
Après Mweka,
Kananga, Isangi…des bureaux fantômes à Befale
Décidément, la CEI n’est
pas encore au bout de ses peines. Après les cas de Mweka,
Kananga, Isangi, on vient de découvrir d’autres cas de
fraude à Befale, à l’étape de la compilation.Il s’agit
de l’existence des bureaux fantômes qui ont opéré
illégalement et, au même titre que d’autres bureaux
opérationnels légalement autorisés à fonctionner.
Lesquels bureaux ont aussi envoyé leurs résultats et
leurs bulletins au bureau de compilation à Boende. Le
président Malumalu, dans sa conférence de presse de
mardi dernier, a reconnu le cas de la délocalisation des
bureaux de vote à Befale en province de l’Equateur.
Il s’agit du déplacement de trois bureaux de vote du
centre de Lifanga (secteur de Duale), un centre plus de
trois mille électeurs, vers le centre de Boeke, dans le
secteur Befumbo à plus de 160 km de Lifanga alors que
celui-ci n’en compte que moins de 1.500.
Fallait-il donc, par ce motif, que des villageois de
Lifanga se rendent à pied à 160 km pour voter ? Quelle
rationalité aurait présidé à la décision de réduction du
nombre de bureaux d’un centre de trois mille électeurs
pour en tripler le nombre dans un autre centre non
proche et qui compte en tout et pour tout mille
électeurs ?
La moralité à tirer de ce cas est simple : les
villageois du centre de Lifanga ne se sont pas rendus à
Boeke. Comme ceux de Boeke n’ont pas augmenté en nombre.
Au bout du compte, la population se demande donc à quoi
ont servi ces bureaux promeneurs.
BEFALE, DIX BUREAUX DE VOTE DISSIMULES
A Befale, dix bureaux de vote agréés ont fonctionné,
mais dissimulés dans la population. En réalité, ce sont
des bureaux non opérationnels, qui ont pourtant fait
parvenir leurs bulletins dûment signés par leurs
présidents et témoins (lesquels ?) ; et leurs résultats
ont été comptabilisés. Comme quoi, ces bureaux fantômes
ont opéré en toute clandestinité.
En amont et en aval, des indications qui soutiennent
cette triste et vaste fraude sont patentes.
A 48 heures du scrutin du 30 juillet dernier, le
responsable du Bureau de Liaison de Boende s’est
personnellement rendu à Befale pour substituer
d’autorité la 1ère mise en place établie de commun
accord avec les autres membres du bureau. Il la
remplacera par une nouvelle aux contours flous,
concoctée en catimini. Au jour d’aujourd’hui, seul le
président du bureau de liaison est en mesure d’indiquer
les impératifs motivant cet acte.
Cet agent de la CEI ne s’est pas arrêté là, il a fait
injonction aux centres et bureaux de vote des secteurs
de Duale et Lomako de transmettre résultats et bulletins
directement à Boende, ignorant le Bureau relais de
Befale.
Le 3ème élément qui présageait de cette forfaiture est
le bruit qui courait deux semaines avant les élections
faisant état de la perte des cartons de bulletins de
vote de Befale. Certaines chaînes de TV désabusées par
des candidats ont osé, sans la moindre preuve, entamer
l’honorabilité d’un député indépendant et celle de son
collègue d’un parti politique.
Aujourd’hui, on se pose la question de savoir à qui
profite le crime.
C’est peut-être aux responsables de la CEI de démonter
la filière, sans doute qu’ils ne manqueront pas de
dénicher les auteurs et les commanditaires.
Le cas de Befale se passe de commentaire, car on a vu
des bureaux de vote fonctionner dans des maisons de
famille ou de belle-famille des candidats. Des candidats
ont battu campagne les samedi 29 et dimanche 30 juillet
au mépris des dispositions de la Loi électorale. Comme
on a aussi vu des présidents de bureaux de vote refuser
aux personnes vulnérables physiquement et
intellectuellement le droit de se faire accompagner.
Pour tous ces motifs et par souci d’équité, la CEI doit
se prononcer sur le cas de Befale tel que décrit ci-haut,
sans attendre la réaction de la Cour suprême de justice.
M.K.
Par Le
Potentiel
Falsification des
résultats du vote : Lisanga Bonganga charge la Cei
(Dominique Mukenza)
Le président national de
la Convention chrétienne pour la démocratie (CCD),
Jean-Pierre Lisanga, est encore une fois monté au
créneau. Dans un communiqué intitulé « Cei et les
irrégularités électorales constatées », il dénonce non
seulement les magouilles dans le traitement des
résultats de vote, mais il démontre comment la
Commission électorale indépendante travaille en
complicité avec des inciviques qui se livrent à ce jeu
anti-démocratique.
En premier lieu, il souligne que jusqu’à ce jour, le
Centre national de centralisation des résultats (CNCR),
n’est pas opérationnel. Or, la date retenue pour la
publication des résultats provisoires par la Cei
approche.
En second lieu, le président de la CCD fait remarquer
que le guide de procédure n’est pas, non plus, respecté
par le pouvoir organisateur des élections. Selon ce
guide, les résultats électoraux devaient subir un ultime
contrôle avant leur publication.
Deux possibilités sont envisageables en cas de
manquement à cette disposi-tion. Soit, il y a la
contrainte liée à la gestion du temps par rapport au
calendrier ; soit il s’agit d’une volonté délibérée de
tripatouillage. D’emblée, Lisanga Bonganga exclut
l’hypothèse de la contrainte de temps, vu que la Cei
s’est accoutumée à l’élasticité de son calendrier.
Le vice de procédure constitue le deuxième point de la
dénonciation du président de la CCD. Celui-ci s’observe
au niveau du traitement des résultats dans ce sens qu’il
y a violation de la loi qui exige que les copies des
fiches des résultats, les procès-verbaux de
dépouillement et autres pièces nécessaires doivent être
déposés auprès de la Cour Suprême de Justice, afin de
lui permettre, en cas de conten-tieux, de se prononcer
dans le délai.
La CCD déplore de nombreuses disparitions des plis
électoraux. A titre d’exemple, il cite le cas d’un
manquant de 20 plis au district de la Tshangu, à
Kinshasa, soit un total de 6.000 bulletins. Même chose
pour le district de la Funa où on a enregistré la
disparition de 10 plis faisant 3.000 bulletins.
Enfin, Lisanga Bonganga soutient que la falsification
des résultats est facilitée par la Cei tant au plan
administratif que technique. Ici, il fait remarquer que,
dans la transcription des chiffres, on laisse des
espaces « blancs » de nature à permettre à tout
magouilleur d’y insérer n’importe quel autre chiffre, et
partant de modifier complètement la sommation.
Face à toutes ces irrégularités, il invite la communauté
nationale et internationale à la vigilance.
2006-08-18
Lephare
Illusions et rêves
brisés : Aldo Ajelo ne perce pas le mystère du
raz-de-marée
(Jean
N’Saka wa N’Saka, journaliste indépendant)
Au sortir de la visite que
l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la Région
des Grands Lacs de l’Afrique centrale, Aldo Ajello, et
le représentant de l’UE en RDC, Carlo De Filippi, ont
rendue lundi 14 août au vice-président Jean-Pierre Bemba
dans sa résidence de la Gombe, le premier cité s’est
confié à la presse en ces termes : « Le peuple congolais
s’est rendu massivement aux urnes le 30 juillet,
confondant ceux qui prétendaient que les Congolais ne
voteraient pas, mais qu’ils s’étaient fait enrôler
uniquement pour avoir la carte d’électeur tenant lieu de
pièce d’identité. C’est la victoire du peuple congolais
qu’il convient de saluer ». Il tenait ces propos
affichant l’air suffisant et narquois, accompagné de son
habituel sourire jovial et rusé. Les images projetées
sur le petit écran ce soir-là en faisant foi, du moins
pour les téléspectateurs qui n’étaient pas distraits.
De toute évidence, j’en déduis personnellement que M.
Aldo Ajello semble ne pas percevoir le mystère du
raz-de-marée du 30 juillet 2006 en RDC. Sans doute
pourra-t-il comprendre la raison de cet élan patriotique
quand les résultats électoraux seront officiellement
publiés par la CEI en rapport ou sans rapport avec la
vérité des urnes. C’est alors qu’il n’en croira pas ses
oreilles. Que les Congolaises et les Congolais soient
allés nombreux voter au lieu de s’abstenir, n’était pas
dû à ce qu’il pense. Il s’en est fallu de peu que le
scrutin soit boudé. Mais le peuple congolais, l’Eglise
catholique et les leaders politiques patriotes, se sont
finalement rendu compte que faire l’école buissonnière
des urnes, c’est risquer de tomber dans un traquenard
leur tendu par des ennemis du pays, dont ils devraient
alors éviter absolument de faire le jeu inconsciemment.
Les concepteurs et détenteurs d’un agenda caché
profiteraient aisément de cette imprudence pour
plébisciter leur candidat dans une compétition à sens
unique.
Que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO)
qui avait juré de méconnaître la validité du scrutin et
d’ignorer le pouvoir qui en sortirait et les conditions
qu’elle avait formulées pour la recherche d’un nouveau
consensus par négociation entre la classe politique et
la société civile n’étaient pas prises en compte, se
soit ravisée in extremis et ait exhorté le peuple à se
rendre massivement aux urnes, est la preuve de la
conscience d’un danger qui résulterait d’un mot d’ordre
donné au peuple de ne pas bouger de chez soi le 30
juillet 2006. C’est aussi le cas des dix-neuf
candidats-président qui avaient exigé le gel de la
campagne électorale pour une concertation politique
préalable, mais qui ne sont pas allés plus loin. Ils
avaient senti que le rejet de leur revendication
consistait à les pousser à s’abstenir pour laisser le
champ libre à la concrétisation d’une cabale. Cette
communion des sentiments a donné lieu à une coalition de
patriotes, tous âges et sexes confondus pour sauver le
pays en saisissant l’occasion de ces élections. Voilà
les tenants et les aboutissants explicatifs du
raz-de-marée électoral du 30 juillet 2006. D’où
illusions et rêves brisés.
D’ailleurs, depuis la clôture des opérations électorales
il y a plus de deux semaines, des voix de plus en plus
croissantes ne cessent de s’élever de diverses couches
sociales, religieuses et politiques, exigeant le respect
du verdict populaire, c’est-à-dire la vérité des urnes.
Cette exigence qui retentit comme une sommation,
démontre que le peuple congolais ne s’est pas rendu aux
urnes pour les beaux yeux de la Communauté
internatio-nale, à savoir le Conseil de sécurité,
l’Union européenne et le défunt Comité d’ac-compagnement
de la transition (CIAT). Bien au contraire. Dans sa
pensée, il est persuadé d’avoir émis un vote de sanction
et d’émancipation. Vote de sanction contre une coalition
de ceux qui ne rêvent que de recoloniser et de
privatiser son pays avec ses ressources du sol et du
sous-sol. Vote d’émancipation pour recouvrer à jamais sa
dignité et sa souveraineté. Ici Aldo Ajello se fait
prendre au mot comme il salue la victoire du peuple
remportée le 30 juillet 2006. Le peuple attend de voir
si l’Union européenne, le Conseil de sécurité et le CIAT
vont sincèrement respecter la vérité des urnes.
En fait de propos diplomatiques flatteurs à l’égard du
peuple congolais mais toujours suivis d’effet tout à
fait contraire, nous avons été servis depuis le
démarrage de la transition jusqu’à son terme
infructueux. Ceux qui nous assuraient qu’il n’y aurait
pas prolongation de la transition même d’une seconde,
s’étaient empressés sans se gêner le moins du monde, de
retourner vite leur veste le moment venu. Ceux qui
dénonçaient la corruption verticale et la mauvaise
gouvernance, n’avaient pas pour autant stoppé d’ouvrir
leur bourse au tonneau de Danaïdes. Ils nous avaient
même dit que voter contre la Constitution était un acte
anti-démocratique. Pouvons-nous prendre « saluer la
victoire du peuple congolais » pour argent comptant,
alors qu’on est visiblement préoccupé de téléguider le
maquillage de la vérité des urnes jugés surprenante,
inattendue, amère et incompatible avec les calculs de
commanditaires du processus ? Des messages fulminants
diffusés de temps en temps par le défunt Comité
d’accompagnement de la transition et l’Etat-major de l’Eufor
à Kinshasa, mettant d’avance en garde contre toute
contestation des résultats que la CEI de Malu Malu va
publier, n’autorisent pas à soutenir que la victoire du
peuple que M. Aldo Ajello salue est cette vérité des
urnes que le peuple attend.
N’est-il pas paradoxal que le peuple qui est sûr du
choix qu’il a fait aux urnes le 30 juillet 2006, qui
attend impatiemment la publication des résultats pour
fêter sa victoire, puisse se soulever à l’annonce
officielle par la CEI, alors qu’il devrait normalement
s’en réjouir ? A moins qu’il n’ait la conviction qu’on
lui a volé sa victoire. C’est peut-être cela que
sous-entend le caractère comminatoire des messages du
CIAT et de l’Eufor, qui sont à l’opposé des propos
élogieux tenus par Aldo Ajello. Et que faut-il inférer
des visites discrètes que des diplomates occidentaux
rendent aux candidats président alors qu’il est
recommandé à tout le monde d’attendre patiemment les
contestations de la CEI ? On s’interroge aussi sur la
raison d’être de ce dernier-né tardif qui s’appelle « le
Comité international des sages » qui voie que sa mission
consister à aider le processus électoral à se terminer
en paix alors même que les élections présidentielle et
législatives synchronisées ont déjà eu lieu dans des
conditions pas très catholiques.
En tout état de cause, une chose est certaine: réputé
naïf, apathique et inconscient, le peuple congolais
vient de surprendre ceux qui le sous-estimaient. Il a
semé la panique et le désarroi. Ce n’est pas de gaieté
de cœur qu’on salue sa victoire, mais la mort dans
l’âme.
2006-08-18
Lephare
Des pasteurs
congolais de France interpellent Malu Malu
(Tshieke Bukasa)
Réunis au sein du
Collectif des pasteurs patriotes congolais de France,
CPPC en sigle, des ministres de Dieu vivant en France
ont adressé, le 15 août dernier, une lettre ouverte au
président de la Commission électorale indépendante,
l’abbé Malu Malu. En effet, dans l’attente de la
|