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* RDCongo: climat tendu pour un démarrage timide de la campagne présidentielle (AFP)
* Communiqué de presse (14/10/06)
* Réaménagement institutionnel (14/10/06)
* Commission mixte PPRD-MLC: William Lacy Swing en colère (13/10/06-J-Alain Kabongo)
* Hier à Cinépolis : Les Kinois collent " IGWE " à J.P. Bemba !(Tshieke Bukasa)
* Brèves:
Terrorisme : Sabotage des émetteurs de CKTV et CCTV Katanga et Tricherie en perspective: achat des cartes d’électeurs
* Second tour de la présidentielle: L’UN invite les jeunes congolais à voter utile (Albert tshiambi)
* Quand Olivier Kamitatu prend la place de Vital Kamhere...Comme au MLC, il contrôle déjà l'AMP de Kabila. (Congo Inter 09/10/2006)
* Révélation d'Olenghankoy au Cinépolis: La campagne de Jean-Pierre Bemba démarre par l'Est (Dom, le Phare)
* Union pour la nation : Olenghankoy réarme les candidats députés provinciaux
* La député Dimandja : c’est à coup de dollars que Kabila a débauché au sein de Codeco
*Bemba: une vision, une démarche et la ferme volonté d’arriver à ses fins
* Débat. Fuite en avant de J Kabila:Deuxième tour de la présidentielle : Kabila-Bemba : pas de débat contradictoire télévisé
*Grande Marche de Congolais à Paris Samedi 02 septembre 2006
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JP Bemba : « je vais surprendre » RD CONGO - 16 juillet 2006 - PROPOS RECUEILLIS À KINSHASA PAR PHILIPPE PERDRIX (Jeune Afrique)
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JP Bemba a communié jeudi avec les populations d’Isiro et de Buta
*Joseph Kabila est non seulement un imposteur mais aussi un bandit et un fraudeur. Il a tenté de faire assassiner Jean-Pierre Bemba
*L'Eglise menace de ne pas reconnaître la validité des scrutins

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Le MLC  prend une dimension internationale  avec son adhésion à l'International de Démocrates du centre, IDC
* Equateur : Jean-Pierre Bemba Gombo brise le clivage Nord-Sud
* L’affaire de la radiation d’Olivier Kamitatu du parti Mlc devant la Justice

*JB Bemba : « Je n’ai jamais menacé de mettre le pays à feu et   à sang  après les élections » !
*JPBG:
Un contrat social avec le peuple congolais
*Jean-Pierre Bemba Gombo, candidat de la Justice, de la Sécurité et du Développement
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« On veut me diaboliser »
Kinshasa De Notre envoyée spéciale Forte carrure serrée dans un costume strict, le vice président Jean-Pierre Bemba Gombo a le verbe rapide, la répartie facile. A la veille de la campagne électorale, rentrant d'une tournée au Kivu le président du Mouvement de Libération du Congo enchaîne les réunions et contacts diplomatiques. "LESOIR Édition du 27/06/2006
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Joseph Kabila:
La rhétorique présidentielle.
Joseph Kabila avait-il pris la peine de prendre connaissance de son allocution avant de la prononcer devant l’aréopage des personnalités venues participer à la naissance de l’AMP ? Manque de conviction forte. Manque de cohérence. C’est la double impression laissée par ce discours prononcé, samedi 24 juin à Kinshasa, lors du lancement officiel du cartel politique « Alliance pour la majorité présidentielle ». Ce texte n’a pas été convainquant faute de conviction de la part du locuteur. « Joseph » a donné l’impression de réciter une excellente compilation de bonnes intentions. Ceux qui ont rédigé le « programme politique » du chef de l’Etat sortant ont perdu de vue une règle élémentaire en communication politique. A savoir que tout discours doit refléter une certaine cohérence avec l’action ou l’image de l’acteur politique. C’est le fameux « je fais ce que je dis ». A défaut de cohérence, l’image de l’homme politique se brouille..."wait and see"
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Révélations sur la face cachée de la gestion par l’UE  de la Transition en RDC, par H. NGBANDA

*Déclaration politique conjointe des partis politiques congolais sur la dégradation de la situation des libertés publiques en Rdc
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Arrestation du pasteur Kuthino: la vice-présidence Ecofin répond au gouverneur de Kinshasa
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François Muamba : « Il n’y a pas d’affaire Bemba-Cpi, mais plutôt Kinshasa-Bangui contre Bemba
* Visite de travail du Président National dans les deux Kasaï
DÉCISION N°039/PRES/MLC/2006 DU…24/02/2006.PORTANT RESTRUCTURATION DU COMITE EXÉCUTIF NATIONAL DU MLC
* Olivier Kamitatu et consorts perdent leur qualité de parlementaires
* Décision n°001/CF-MLC/12-05 prenant acte de la démission tacite d’un membre fondateur
*
Le Discours du Président National du MLC à la matinée  politique du 23 avril 2005
L'Arrêt  de la CSJ du 24/02/2006 en PDF
Lettre de désignation
du Président de l'Assemblée Nationale de la RDC en PDF

MESSAGE DE FÉLICITATION ET DE SOUTIEN

Le Congo-Kinshasa peut-il éviter d'être demain dirige par une «BONNE DICTATURE» ?
Par Congovision

Il est des vérités dures à avaler. Le monde, tel qu'il est actuellement, est dirigé par des individus qui imposent leurs lois et leurs visions des choses aux autres. Pour se faire, ils servent des notions comme « communauté internationale » pour tester leurs
théories réfléchies souvent par des experts ayant un network parfois dépassant les frontières des Etats. Le commun des mortels se laisse souvent bercer dans une illusion du hasard et de l'improvisation. Puis, dans ces genres d'analyses, les notions de « bons » et « mauvais », « bien » et « mal » connaissent souvent plusieurs détours et définitions. Les notions d' « aide », de « banque mondiale » par exemple cacheraient la réalité à traduire crûment par « prêts », « dettes remboursables avec intérêts ». Aussi, transposé dans l'actuel Congo, malgré toute sa bonne volonté, malgré toutes les déclarations de bonnes intentions, consciemment ou inconsciemment, c'est peut-être forcer la dose de faire croire que la communauté internationale a donné beaucoup d'argent au processus électoral sans pouvoir tirer un quelconque bénéfice ou sans même avoir un petit mot ou un petit doigt à pointer sur les
élections et sur le régime qui demain dirigera le Congo-Kinshasa. Même si officiellement on pourra croire à une telle position, mais officieusement il doit exister des jeux d'alliances, des conciliabules, des coups bas contre certains et des peaux de bananes aux pieds des autres. D'ailleurs, à en croire Thomas Kanza dans son ouvrage Conflict in the Congo. The Rise and the Fall of Lumumba (Peguins, 1972) et dans sa déclaration de politique générale à la Conférence Nationale Souveraine, l'avenir du Congo se décide toujours depuis les centres d'influences post-coloniaux se situant dans le triangle Bruxelles-Paris-Washington, auquel il faudra ajouter la Grande Bretagne et, à une certaine mesure la Chine, l'influence et la percée des asiatiques en RDC n'étant plus un rêve. Ces pays ayant constitués pendant la transition ce qu'on appelle la CIAT (Comité Internationale d'Appui à la Transition) Or, parlant de la transition, Marie-France CROS et François MISSER notent dans
leur récent ouvrage Géopolitique du Congo (RDC) (Editions Complexe, 2006 - ISBN 2-8048-0071-7) que : le Congo a été « placé sous la tutelle de la CIAT au plan politique » et « sous celle de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international au plan économique » (pg. 132) .

L'illusion du hasard

Essayant de comprendre les crises congolaises et surtout les différents scénarii probables de sortie avec les élections en vue, nous avons titré dans un premier article que le soutien à Joseph Kabila pourrait être non pas seulement le fait de Louis Michel seul comme individu , mais, partant d'une interview d'un ministre français de la coopération, que ce soutien pourrait être la résultante d'une vraie stratégie et approche de la part des bailleurs et des experts au chevet du Congo-Kinshasa. D'ailleurs, les nouvelles
révélations venant du Rwanda et les différents documentaires réalisées avec les personnes impliquées dans les guerres congolaises, notamment les président rwandais Paul Kagamé, Ougandais Museveni, le général Kabarebe et les autres membres de l'ancienne AFDL montrent bien que là où le congolais ne semble voir que improvisation et hasard, en fait ce sont des résultantes des planifications savamment étudiées et tenant compte des certains équilibres sous-régionaux, de certaines erreurs et hésitations (de la communauté internationale). En fait, le Rwanda a compris, après le génocide, que la communauté internationale a souvent ses solutions qui ne vont pas nécessairement ensemble avec les solutions des Etats eux-mêmes. « Aides-toi et le ciel t'aidera. »

L'ombre du génocide

Dans ses ouvrages « Ainsi sonna le glas ! La mort du Maréchal Mobutu » et « Dossiers secrets en Afrique Centrale » , Honoré Ngbanda, ancien conseiller de Mobutu en matière de sécurité, revient sur un fait : l'attentat contre
l'avion du président Habyarimana du Rwanda et son homologue burundais le 6 avril 1994 et le génocide rwandais qui s'en est suivit furent en fait le détonateur d'une nouvelle politique américaine dans les Grands Lacs. Aussi toute approche et analyse politiques pour la sous région doivent toujours tenir compte du fait « génocide rwandais » . Il faudra écouter par exemple le général Canadien Delaire, au début de cette année, dans son speech devant le Premier Ministre Tony Blair lors de la commémoration de l'holocauste juive à Cardiff, capitale du Pays des Galles, cérémonie placée sous le haut patronage de Sa Majesté la Reine Elisabeth, pour se rendre compte que, consciemment ou inconsciemment, certains dirigeants des grandes puissances et même des Nations Unies à l'époque du génocide, pourraient avoir aujourd'hui, et peut-être pour longtemps encore, une conscience chargée pour ne pas avoir empêché le génocide, alors que toutes les informations sur terrain
soulignaient sur son imminence et qu'ils en avaient les moyens. Aussi, ne faudra-t-il pas penser attendre encore des générations pour effacer cet ombre surtout que l'actuel pouvoir de Kigali, d'une certaine façon, utilisera toujours ce drame à son actif, comme moyen de propagande ou comme force de pression.

La vraie couleur des rebellions congolaises

On comprend ainsi que les rebellions congolaises, commençant par l'AFDL, ne furent que des alibis utilisés surtout par le Rwanda pour accomplir sa besogne au Congo parce que la communauté internationale, les Nations Unies, n'arrivaient pas à trouver solutions à ses requêtes : en finir avec les ex. FAR et les Interhamwe qui menaçaient de revenir conquérir le pouvoir à partir de l'Est du Congo où ils avaient trouvé refuges. Et, à en croire encore Ngbanda, les partisans du président Habyarimana avaient traversé la frontière
congolaise avec tous les attributs du pouvoir rwandais : police, armée, banque nationale comprise. Une fois au Congo, n'ayant rencontré aucune résistance et, l'appétit venant en mangeant ou vice-versa, ils se transformèrent aussi en prédateurs. Mais, les planificateurs avaient besoin des congolais comme avant-gardes propagandistes, recrutés parmi les opposants au régime de Mobutu, et bénéficiaient aussi du nouveau rapport des forces des grandes puissances sur terrain. Les américains, déjà en force en Ouganda, étaient derrière le Rwanda, et les Français avec la controverse de l'opération « turquoise » avait mauvaise presse et battaient en retraite. Dès lors, comme l'avait vu Mobutu, le Congo-Kinshasa, à cause de ses ressources naturelles, longtemps tampon et utilisé pendant la guerre froide pour différents rôles dont celui du contrôle, de la déstabilisation, de la sécurisation des régimes l'entourant (le Tchad d'Hussein Habré, l'Angola avec le soutien
américain à Savimbi, coups d'Etat en Ouganda et en Centrafrique, etc…), devenait une vraie monnaie d'échange. A ce sujet d'ailleurs, la position américaine était claire : il fallait en finir avec Mobutu et rechercher un autre leader pour la sous région des grands lacs. L'AFDL était ainsi un vrai produit des voisons du Congo. Un inconnu et intrus allait en faire son affaire : Laurent-Désiré Kabila dont personne ne savait vraiment pas ce qu'il mijotait derrière la tête.

Laurent-Désiré Kabila ou le marché des dupes

Dans un vrai scénario des cow-boys, Laurent-Désiré Kabila s'imposa comme leader de la rébellion et s'accaparer du pouvoir en mettant tout le monde en confiance. Mais, contre toute attente, il se décidé de tourner le dos à ses anciens parrains. Son discours lors de son dernier passage à Kigali est un vrai crime de lèse-majesté. L'issue n'était pas à négocier :
les mêmes causes produisant les mêmes effets, le témoignage de Bugera par exemple est éloquent : la chute de Kabila était déjà acquise, nulle ait été l'intervention de l'Angola, de la Namibie et du Zimbabwe. D'où les nouvelles rebellions congolaises aux multiples facettes et aux multiples parrains. Lorsque intervint son assassinat, le 16 janvier 2001, c'est un vrai ouf de soulagement pour permettre aux uns et aux autres de finaliser leurs plans : en finir avec leurs rebellions et, peut-être indirectement, rechercher à mettre au pouvoir à Kinshasa leur homme de paille.

La transition et après…

Dès lors, on ne se tromperait pas à penser que le calme ne sera revenu au Congo-Kinshasa que lorsque ces pays inspirateurs des rebellions auront trouvé leurs compte ou les solutions à leurs revendications dans le chef du prochain régime au pouvoir à Kinshasa. D'ailleurs, on pourra
voir pendant toute la transition et le processus de paix congolais l'ombre du génocide planer et influencer les solutions probables. Aussi étonnant que tout le processus fût presque d'inspiration anglo-saxons, même tous les médiateurs attitrés parlaient anglais, alors que tous les acteurs congolais sont francophones.

Demain le Congo : les mêmes causes produisant les mêmes effets…

Mais poussant la réflexion et l'hypothèse plus loin, ne pourrait-on pas supposé que les bailleurs de la transition et les censeurs des élections, agissant sous la bannière de la communauté internationale, puissent aussi penser sur un système politique qui conviendrait au Congo à la fois pour l'éviter à la balkanisation,
dont le plan n'est plus un secret, des experts se retrouvant même dans les milieux congolais, et pour éviter de retomber sur les vraies mobiles des guerres, c'est-à-dire le soutien aux rebellions de tout bord trouvant arrière base au Congo. Ensuite, par rapport aux régimes politiques des pays voisins du Congo-Kinshasa dont l'influence anglo-saxonne n'est plus un secret, le Rwanda et l'Ouganda, passant d'ailleurs pour des régimes modèles de bonne gestion, de bonne gouvernance et de stabilité légendaire en Afrique (Cfr les déclarations du Ministre Belge des Affaires Etrangères De Gucht lors de son premier périple en Afrique Centrale), ne faudra-t-il pas supposé que les experts aient misé aussi sur un tel système politique pour le Congo-Kinshasa, les mêmes causes produisant les mêmes effets ? Or, ces régimes politiques qui dirigent le Rwanda et l'Ouganda, d'ailleurs parrains de toutes les rebellions congolaises, sont tout sauf des démocraties. En tout cas au sens dont
l'occident lui-même nous l'apprend où la démocratie a comme indice objectivement vérifiable le respect de la constitution votée au référendum, l'alternance au pouvoir, les élections multipartistes libres et transparentes, le respect des droits humains les plus élémentaires, la liberté d'expression pour tous, l'indépendance de la justice, pour ne citer que ces éléments. Les régimes dirigeant ces pays, et d'autres encore dans la même ligne de mire, sont dirigés par ce que nous osons qualifié de « bonne dictature » , bien que le concept soit un vice de forme. En fait, « la bonne dictature » n'est en fait que l'illustration de la logique de deux poids, deux mesures. Le concept pourrait d'ailleurs se rapprocher de ce que Jean Sévillia explique dans son ouvrage Le terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours (Perrins, 2004) au sujet du jugement sur les crimes du communisme et du nazisme : il existe de bons et mauvais assassins.
« Bonne Dictature »

Les premiers ministres des conférences nationales africaines (André Milongo - Congo Brazzaville, Etienne Tshisekedi – Congo Kinshasa, Joseph Kokkou Kofigoh – Togo) ont fait une très mauvaise expérience du soutien de la démocratie par ses propres chantres en l'occurrence les vieilles démocraties occidentales, la France en tête. Lorsque leurs intérêts sont en jeu, le discours de la Baule de François Mitterrand avec son concept de bonne gouvernance est vite jeté aux calendes grecques. Tout porterait à croire que les pouvoirs occidentaux se plairaient à voir les dictatures diriger les pays africains ou que, ayant tissés trop des relations avec elles, ils voulaient à tout prix ne pas les lâcher. Le cas du Togo et du Madagascar est une preuve de cette logique de deux poids, deux mesures qui caractériserait les nouvelles relations Nord-Sud.

Pour le Congo-Kinshasa, Honoré Ngbanda révèle entre autres que, pendant qu'à Kinshasa et dans le pays, le peuple en avait marre de Mobutu qui avait torpillé la Conférence Nationale, la France mettait en place, dès 1994 à Gbadolité, un vrai bureau de sauvetage de Mobutu, brisant son isolement diplomatique, pour pouvoir contrecarrer l'influence américaine dans la sous région. La démocratie congolaise devenait donc un vœu pieux et Mobutu pouvait faire la grande gueule en disant régner par défit.

Aussi, la notion de « dictature » devient elle-même aussi une notion à double vitesse. Un régime n'est reconnu comme dictature et exposé aux sanctions internationales que lorsqu'un pays puissant de ce monde le déclare ainsi. Et, comme l'écrit Sony Labou
Tansi dans un de ses romans au sujet de ce pays imaginaire producteur mondial d'ananas dont le ministre avait insulté les américains à la conférence internationale des prix des matières premières, lorsque les américains refusa d'acheter leurs ananas, ce furent le tours des français, puis des allemands, puis le monde entier suivra ce pas. Et, d'un jour aux lendemains, un dictateur peut bénéficier de toutes les éloges ou vice-versa, selon son appui et son soutient aux intérêts d'un tel camp ou d'un tel pays. Les intérêts variant souvent selon les vagues de l'histoire. Le cas de Mobutu lâché par les américains est un exemple éloquent.

Curieusement, la même notion de dictature par exemple ne trouverait parfois des bémols auprès des populations (africaines) elles-mêmes. Quelle différence existe-t-il entre Robert Mugabe du Zimbabwe et Youweri Museveni de l'Ouganda ? La réponse dépend soit que l'on est du côté du gouvernement britannique
soit du côté des africains. Car, en réalité, ce sont ces pays-là qui distribuent des titres et attributs de dictateur ou de démocrate. Un dictateur aux yeux des britanniques qu'est Mugabe est un petit héros dans les rues de Kinshasa. La meilleure explication est à trouver peut-être dans la fable de Jean de la Fontaine, les animaux malades de la peste : « Selon qu'on soit puissant ou faible, le jugement de la cours vous rend blanc ou noir » . Plus d'un expert n'arrivent toujours pas à expliquer comment les britanniques arrivent-ils à se frotter le nez avec le régime de Mugabe dans la gestion du dossier congolais, dès lors qu'on sait que Mugabe est le parrain de Kabila. En outre, quel genre de régime le premier peut-il inspiré au deuxième, lorsqu'on sait comment Mugabe était pour Laurent-Désiré Kabila ce qu'est le chacal pour le chien ! Il semblerait que c'est la real politik .

Dès lors par
« bonne dictature » nous entendons tout régime au pouvoir en Afrique et dans un pays du tiers-monde où le président est élu pour plus de deux fois, après avoir modifié le fameux article de la constitution l'interdisant de se présenter pour une troisième mandat et que ce régime, ainsi élu à ces conditions, bénéficie du quitus des pays occidentaux, se cachant parfois derrière la communauté internationale. Il faudra jouter aussi que la « bonne dictature » est toujours élue d'une façon démocratique, c'est-à-dire que les nombreux observateurs venus supervisés les élections, chapeautés par la Fondation Jimmy Carter, n'ont constaté que quelques maladresses à minimiser. Au clair, le président ainsi élu s'octroie le droit de se représenter in saecula saeculorum . Le parlement étant souvent à sa cause, ce dernier redevient un président à vie, parce que les élections elles-mêmes seront toutes sauf transparentes. Les malheureux dans l'affaire
seront toujours les opposants farouches qui seront emprisonnés, interdits de circuler, puis relâchés après les élections. Un tel régime est une « bonne dictature » parce que le président n'est pas un dictateur comme le furent les Mobutu, Eyadema et Bokassa. Avec cette reconnaissance interne, une « bonne dictature » pour devenir ainsi a besoin d'une reconnaissance internationale qui passe par des parrains d'antan, des cercles d'amis, des salons d'influence. Après des manifestations d'oppositions et des condamnations de la communauté internationale, souvent pour faire plaisir aux opposants et aux manifestants, le nouveau régime fini toujours par avoir le quitus des grandes puissances, se disant agir par real politik , selon une approche de facto . Faisant un semblant d'ouverture avec des membres de l'opposition souvent corrompus et incorporés dans le nouveau gouvernement, la « bonne dictature » négociera tout sauf le fauteuil
présidentiel devenu alors une marque déposée. Avec la bénédiction des parrains étrangers, la « bonne dictature » va bénéficier des aides et des programmes de développement, souvent au nom du principe humanitaire. Quant à la démocratie elle-même, elle sera renvoyée aux calendes grecques. Quelles que soient les raisons avancées, stabilité, bonne gouvernance, etc… par les parrains occidentaux et certains gouvernements des pays nantis, ces régimes ne sont ni démocraties, ni dictatures, mais de « bonnes dictatures ». Des exemples sont légions en Afrique.

Spectre de la balkanisation
Spectre de la balkanisation

De l'autre côté, partant de la théorie de Voltaire d'in-gouvernabilité des grands Etats, sauf en les émiettant, nombreux pouvoir occidentaux et nombreux experts soutiennent encore que les Etats Africains, sortis tout droit de la colonisation où les frontières ont été taillées sans tenir
compte des réalités ethniques ou tribales, pour ne pas les voir disparaître ou revenir à la sauvagerie manifesté par le « génocide rwandais », auquel on oublie souvent le génocide burundais, devraient être ainsi gérés par des dictatures « new look ». D'ailleurs la nébuleuse balkanisation du Congo-Kinshasa trouverait dans la bonne dictature comme régime de gestion futur une vraie thérapie. En parlant de « bonne dictature », il serait moins prudent de se focaliser sur les individus « dictateurs » car, l'exemple du Togo et du Congo-Kinshasa, comparaison n'étant pas toujours raison, a bien montré que la dictature ne disparaît pas vraiment avec la mort du dictateur. Elle est un système qui crée au fil du temps une ribambelle d'acolytes, des chantres, des troubadours, des thuriféraires, des courtisans, des enfants de course, surtout des parrains et des bénéficiaires. D'ailleurs, à cause des pouvoirs changeant en occident aux rythmes des
élections et des décennies, la nouvelle « dictature » peut se permettre à un moment de défier même ses anciens parrains.

Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà...

Il faudra peut-être évoquer encore l'interview du ministre Français de la Coopération mentionnée dans notre premier article pour comprendre qu'en matière de politiques internationales et des concepts politiques, on ne se tromperait pas en citant Blaise Pascal : « Plaisante justice, qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà... »

En effet, alors que nombreuses personnes disent que les dernières élections au Tchad furent une vraie mascarade car le président a, comme tous les autres avant lui, changé le fameux article de la constitution qui ne lui permettaient plus de se représenter pour un troisième
mandat, la réponse du ministre Français fait réfléchir à plus d'une fois. Transposé au Congo, l'hypothèse d'une « bonne dictature » n'est plus une utopie, rien qu'à voir comment le processus des élections s'est conduit avec comme attitudes inexplicables de la part de la communauté internationale : le mensonge (souligner dans une démarche proche de la désinformation que ces sont les premières élections au Congo depuis l'indépendance), le laisser-aller (n'avoir pas sanctionner les mauvais gestionnaires et les criminels de guerre) et l'intimidation (marteler que les congolais n'ont qu'un seul droit de respecter mordicus le processus).

Si les guerres congolaises furent d'inspiration de nos voisins de l'Est et si elles ont eu la bénédiction des parrains puissants, on pourrait ainsi penser que le système politique qui demain dirigera la RDC, s'il voudrait être en accord avec tous ses parrains, pour faire plaisir à ces voisins
et les rassurer, risquera d'être une copie conforme du modèle approuvé par les parrains africains et occidentaux du prochain régime en RDC. L'inverse risquerait d'être une utopie. Ainsi, l'une des premières démarches des uns et des autres sera ainsi d'amorcer la normalisation de tous ces régimes dans une espèce de la fameuse CPGL (Communauté des Pays des Grands Lacs) de l'époque, les loups ne se mangeant pas, qui se ressemble s'assemblant.

Avec un second tour des élections opposants Joseph Kabila à Jean-Pierre Bemba, le Congo-Kinshasa est ainsi coincé entre le marteau et l'enclume, les deux ayant des parrains politiques et militaires ayant eux-mêmes les mêmes patrons : le Rwanda et l'Ouganda étant soutenu par les USA, les deux pouvoirs étant issus d'un même maquis. Les élucubrations des affrontements de Kisangani n'ayant été que des remue-méninges d'un couple. D'ailleurs, dans le scénario d'un perdant acceptant
d'incorporer le perdant dans ces rangs, on reviendrait ainsi aux accords de l'Hôtel Cascade à Sun City où Joseph Kabila accepterait Jean-Pierre Bemba comme son premier ministre. Dès lors, les élections ne devenant ainsi qu'une mascarade, un vrai hold up tant décrié. Hélas, la real politik poussent à avoir les pieds sur terre. Car, en politique, dit-on, c'est celui qui a fort qui a raison. C'est peut-être de l'illusion que de croire que le Congo peut se décider seul de son avenir sans tenir compte de l'équilibre régional et sous-régional et surtout sans pouvoir savoir ce que pensent les grands de ce monde sur le Congo et sur l'Afrique.

Des lors, à l'hypothèse que le Congo-Kinshasa soit demain dirigé par une bonne dictature, il serait intéressant d'analyser comment une bonne dictature se met en place, quels en sont les grands et premiers chantiers, comment une bonne dictature peut virer et devenir une mauvaise dictature. Autant
de questions et hypothèses à approfondir…

Norbert X MBU-MPUTU
Freelance Journalist, Writer and Researcher in Anthropology and Sociology
Newport, Wales (United Kingdom)


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