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*JB
Bemba : « Je n’ai jamais menacé de mettre le pays à feu et
à sang après les élections » !
*JPBG:
Un
contrat social avec le peuple congolais
*Jean-Pierre
Bemba Gombo, candidat de la Justice, de la Sécurité et du
Développement
*« On
veut me diaboliser »
Kinshasa De Notre
envoyée spéciale Forte carrure serrée dans un costume
strict, le vice président Jean-Pierre
Bemba Gombo a le verbe
rapide, la répartie facile. A la veille de la campagne
électorale, rentrant d'une tournée au Kivu le président du
Mouvement de Libération du Congo enchaîne les réunions et
contacts diplomatiques. "LESOIR
Édition du 27/06/2006"
*Joseph
Kabila:La
rhétorique présidentielle.
Joseph Kabila avait-il pris la peine de prendre connaissance
de son allocution avant de la prononcer devant l’aréopage
des personnalités venues participer à la naissance de l’AMP
? Manque de conviction forte. Manque de cohérence. C’est la
double impression laissée par ce discours prononcé, samedi
24 juin à Kinshasa, lors du lancement officiel du cartel
politique « Alliance pour la majorité présidentielle ». Ce
texte n’a pas été convainquant faute de conviction de la
part du locuteur. « Joseph » a donné l’impression de réciter
une excellente compilation de bonnes intentions. Ceux qui
ont rédigé le « programme politique » du chef de l’Etat
sortant ont perdu de vue une règle élémentaire en
communication politique. A savoir que tout discours doit
refléter une certaine cohérence avec l’action ou l’image de
l’acteur politique. C’est le fameux « je fais ce que je dis
». A défaut de cohérence, l’image de l’homme politique se
brouille..."wait and see"
*Révélations
sur la face cachée de la gestion par l’UE de la
Transition en RDC,
par H. NGBANDA
*
*Arrestation
du pasteur Kuthino: la vice-présidence Ecofin répond au
gouverneur de Kinshasa
*
François
Muamba : « Il n’y a pas d’affaire Bemba-Cpi, mais plutôt
Kinshasa-Bangui contre Bemba
*
Visite de travail du Président National dans les deux Kasaï
DÉCISION
N°039/PRES/MLC/2006 DU…24/02/2006.PORTANT RESTRUCTURATION DU
COMITE EXÉCUTIF NATIONAL DU MLC
*
Olivier
Kamitatu et consorts perdent leur qualité de parlementaires
*
Décision n°001/CF-MLC/12-05 prenant acte de la
démission tacite d’un membre fondateur
*
Le Discours du Président National du MLC à la matinée politique du 23 avril 2005
L'Arrêt
de la CSJ du 24/02/2006 en PDF
Lettre de désignation
du Président de l'Assemblée Nationale de la RDC en
PDF
MESSAGE DE
FÉLICITATION ET DE SOUTIEN
Le Congo-Kinshasa peut-il éviter d'être demain dirige par
une «BONNE DICTATURE» ?
Par Congovision
Il est des vérités dures à avaler. Le monde, tel qu'il est
actuellement, est dirigé par des individus qui imposent
leurs lois et leurs visions des choses aux autres. Pour se
faire, ils servent des notions comme « communauté
internationale » pour tester leurs
théories réfléchies souvent par des experts ayant un network
parfois dépassant les frontières des Etats. Le commun des
mortels se laisse souvent bercer dans une illusion du hasard
et de l'improvisation. Puis, dans ces genres d'analyses, les
notions de « bons » et « mauvais », « bien » et « mal »
connaissent souvent plusieurs détours et définitions. Les
notions d' « aide », de « banque mondiale » par exemple
cacheraient la réalité à traduire crûment par « prêts », «
dettes remboursables avec intérêts ». Aussi, transposé dans
l'actuel Congo, malgré toute sa bonne volonté, malgré toutes
les déclarations de bonnes intentions, consciemment ou
inconsciemment, c'est peut-être forcer la dose de faire
croire que la communauté internationale a donné beaucoup
d'argent au processus électoral sans pouvoir tirer un
quelconque bénéfice ou sans même avoir un petit mot ou un
petit doigt à pointer sur les
élections et sur le régime qui demain dirigera le
Congo-Kinshasa. Même si officiellement on pourra croire à
une telle position, mais officieusement il doit exister des
jeux d'alliances, des conciliabules, des coups bas contre
certains et des peaux de bananes aux pieds des autres.
D'ailleurs, à en croire Thomas Kanza dans son ouvrage
Conflict in the Congo. The Rise and the Fall of Lumumba (Peguins,
1972) et dans sa déclaration de politique générale à la
Conférence Nationale Souveraine, l'avenir du Congo se décide
toujours depuis les centres d'influences post-coloniaux se
situant dans le triangle Bruxelles-Paris-Washington, auquel
il faudra ajouter la Grande Bretagne et, à une certaine
mesure la Chine, l'influence et la percée des asiatiques en
RDC n'étant plus un rêve. Ces pays ayant constitués pendant
la transition ce qu'on appelle la CIAT (Comité
Internationale d'Appui à la Transition) Or, parlant de la
transition, Marie-France CROS et François MISSER notent dans
leur récent ouvrage Géopolitique du Congo (RDC) (Editions
Complexe, 2006 - ISBN 2-8048-0071-7) que : le Congo a été «
placé sous la tutelle de la CIAT au plan politique » et «
sous celle de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire
international au plan économique » (pg. 132) .
L'illusion du hasard…
Essayant de comprendre les crises congolaises et surtout les
différents scénarii probables de sortie avec les élections
en vue, nous avons titré dans un premier article que le
soutien à Joseph Kabila pourrait être non pas seulement le
fait de Louis Michel seul comme individu , mais, partant
d'une interview d'un ministre français de la coopération,
que ce soutien pourrait être la résultante d'une vraie
stratégie et approche de la part des bailleurs et des
experts au chevet du Congo-Kinshasa. D'ailleurs, les
nouvelles
révélations venant du Rwanda et les différents documentaires
réalisées avec les personnes impliquées dans les guerres
congolaises, notamment les président rwandais Paul Kagamé,
Ougandais Museveni, le général Kabarebe et les autres
membres de l'ancienne AFDL montrent bien que là où le
congolais ne semble voir que improvisation et hasard, en
fait ce sont des résultantes des planifications savamment
étudiées et tenant compte des certains équilibres
sous-régionaux, de certaines erreurs et hésitations (de la
communauté internationale). En fait, le Rwanda a compris,
après le génocide, que la communauté internationale a
souvent ses solutions qui ne vont pas nécessairement
ensemble avec les solutions des Etats eux-mêmes. « Aides-toi
et le ciel t'aidera. »
L'ombre du génocide
Dans ses ouvrages « Ainsi sonna le glas ! La mort du
Maréchal Mobutu » et « Dossiers secrets en Afrique Centrale
» , Honoré Ngbanda, ancien conseiller de Mobutu en matière
de sécurité, revient sur un fait : l'attentat contre
l'avion du président Habyarimana du Rwanda et son homologue
burundais le 6 avril 1994 et le génocide rwandais qui s'en
est suivit furent en fait le détonateur d'une nouvelle
politique américaine dans les Grands Lacs. Aussi toute
approche et analyse politiques pour la sous région doivent
toujours tenir compte du fait « génocide rwandais » . Il
faudra écouter par exemple le général Canadien Delaire, au
début de cette année, dans son speech devant le Premier
Ministre Tony Blair lors de la commémoration de l'holocauste
juive à Cardiff, capitale du Pays des Galles, cérémonie
placée sous le haut patronage de Sa Majesté la Reine
Elisabeth, pour se rendre compte que, consciemment ou
inconsciemment, certains dirigeants des grandes puissances
et même des Nations Unies à l'époque du génocide, pourraient
avoir aujourd'hui, et peut-être pour longtemps encore, une
conscience chargée pour ne pas avoir empêché le génocide,
alors que toutes les informations sur terrain
soulignaient sur son imminence et qu'ils en avaient les
moyens. Aussi, ne faudra-t-il pas penser attendre encore des
générations pour effacer cet ombre surtout que l'actuel
pouvoir de Kigali, d'une certaine façon, utilisera toujours
ce drame à son actif, comme moyen de propagande ou comme
force de pression.
La vraie couleur des rebellions congolaises
On comprend ainsi que les rebellions congolaises, commençant
par l'AFDL, ne furent que des alibis utilisés surtout par le
Rwanda pour accomplir sa besogne au Congo parce que la
communauté internationale, les Nations Unies, n'arrivaient
pas à trouver solutions à ses requêtes : en finir avec les
ex. FAR et les Interhamwe qui menaçaient de revenir
conquérir le pouvoir à partir de l'Est du Congo où ils
avaient trouvé refuges. Et, à en croire encore Ngbanda, les
partisans du président Habyarimana avaient traversé la
frontière
congolaise avec tous les attributs du pouvoir rwandais :
police, armée, banque nationale comprise. Une fois au Congo,
n'ayant rencontré aucune résistance et, l'appétit venant en
mangeant ou vice-versa, ils se transformèrent aussi en
prédateurs. Mais, les planificateurs avaient besoin des
congolais comme avant-gardes propagandistes, recrutés parmi
les opposants au régime de Mobutu, et bénéficiaient aussi du
nouveau rapport des forces des grandes puissances sur
terrain. Les américains, déjà en force en Ouganda, étaient
derrière le Rwanda, et les Français avec la controverse de
l'opération « turquoise » avait mauvaise presse et battaient
en retraite. Dès lors, comme l'avait vu Mobutu, le
Congo-Kinshasa, à cause de ses ressources naturelles,
longtemps tampon et utilisé pendant la guerre froide pour
différents rôles dont celui du contrôle, de la
déstabilisation, de la sécurisation des régimes l'entourant
(le Tchad d'Hussein Habré, l'Angola avec le soutien
américain à Savimbi, coups d'Etat en Ouganda et en
Centrafrique, etc…), devenait une vraie monnaie d'échange. A
ce sujet d'ailleurs, la position américaine était claire :
il fallait en finir avec Mobutu et rechercher un autre
leader pour la sous région des grands lacs. L'AFDL était
ainsi un vrai produit des voisons du Congo. Un inconnu et
intrus allait en faire son affaire : Laurent-Désiré Kabila
dont personne ne savait vraiment pas ce qu'il mijotait
derrière la tête.
Laurent-Désiré Kabila ou le marché des dupes
Dans un vrai scénario des cow-boys, Laurent-Désiré Kabila
s'imposa comme leader de la rébellion et s'accaparer du
pouvoir en mettant tout le monde en confiance. Mais, contre
toute attente, il se décidé de tourner le dos à ses anciens
parrains. Son discours lors de son dernier passage à Kigali
est un vrai crime de lèse-majesté. L'issue n'était pas à
négocier :
les mêmes causes produisant les mêmes effets, le témoignage
de Bugera par exemple est éloquent : la chute de Kabila
était déjà acquise, nulle ait été l'intervention de
l'Angola, de la Namibie et du Zimbabwe. D'où les nouvelles
rebellions congolaises aux multiples facettes et aux
multiples parrains. Lorsque intervint son assassinat, le 16
janvier 2001, c'est un vrai ouf de soulagement pour
permettre aux uns et aux autres de finaliser leurs plans :
en finir avec leurs rebellions et, peut-être indirectement,
rechercher à mettre au pouvoir à Kinshasa leur homme de
paille.
La transition et après…
Dès lors, on ne se tromperait pas à penser que le calme ne
sera revenu au Congo-Kinshasa que lorsque ces pays
inspirateurs des rebellions auront trouvé leurs compte ou
les solutions à leurs revendications dans le chef du
prochain régime au pouvoir à Kinshasa. D'ailleurs, on pourra
voir pendant toute la transition et le processus de paix
congolais l'ombre du génocide planer et influencer les
solutions probables. Aussi étonnant que tout le processus
fût presque d'inspiration anglo-saxons, même tous les
médiateurs attitrés parlaient anglais, alors que tous les
acteurs congolais sont francophones.
Demain le Congo : les mêmes causes produisant les mêmes
effets…
Mais poussant la réflexion et l'hypothèse plus loin, ne
pourrait-on pas supposé que les bailleurs de la transition
et les censeurs des élections, agissant sous la bannière de
la communauté internationale, puissent aussi penser sur un
système politique qui conviendrait au Congo à la fois pour
l'éviter à la balkanisation,
dont le plan n'est plus un secret, des experts se retrouvant
même dans les milieux congolais, et pour éviter de retomber
sur les vraies mobiles des guerres, c'est-à-dire le soutien
aux rebellions de tout bord trouvant arrière base au Congo.
Ensuite, par rapport aux régimes politiques des pays voisins
du Congo-Kinshasa dont l'influence anglo-saxonne n'est plus
un secret, le Rwanda et l'Ouganda, passant d'ailleurs pour
des régimes modèles de bonne gestion, de bonne gouvernance
et de stabilité légendaire en Afrique (Cfr les déclarations
du Ministre Belge des Affaires Etrangères De Gucht lors de
son premier périple en Afrique Centrale), ne faudra-t-il pas
supposé que les experts aient misé aussi sur un tel système
politique pour le Congo-Kinshasa, les mêmes causes
produisant les mêmes effets ? Or, ces régimes politiques qui
dirigent le Rwanda et l'Ouganda, d'ailleurs parrains de
toutes les rebellions congolaises, sont tout sauf des
démocraties. En tout cas au sens dont
l'occident lui-même nous l'apprend où la démocratie a comme
indice objectivement vérifiable le respect de la
constitution votée au référendum, l'alternance au pouvoir,
les élections multipartistes libres et transparentes, le
respect des droits humains les plus élémentaires, la liberté
d'expression pour tous, l'indépendance de la justice, pour
ne citer que ces éléments. Les régimes dirigeant ces pays,
et d'autres encore dans la même ligne de mire, sont dirigés
par ce que nous osons qualifié de « bonne dictature » , bien
que le concept soit un vice de forme. En fait, « la bonne
dictature » n'est en fait que l'illustration de la logique
de deux poids, deux mesures. Le concept pourrait d'ailleurs
se rapprocher de ce que Jean Sévillia explique dans son
ouvrage Le terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours (Perrins,
2004) au sujet du jugement sur les crimes du communisme et
du nazisme : il existe de bons et mauvais assassins.
« Bonne Dictature »
Les premiers ministres des conférences nationales africaines
(André Milongo - Congo Brazzaville, Etienne Tshisekedi –
Congo Kinshasa, Joseph Kokkou Kofigoh – Togo) ont fait une
très mauvaise expérience du soutien de la démocratie par ses
propres chantres en l'occurrence les vieilles démocraties
occidentales, la France en tête. Lorsque leurs intérêts sont
en jeu, le discours de la Baule de François Mitterrand avec
son concept de bonne gouvernance est vite jeté aux calendes
grecques. Tout porterait à croire que les pouvoirs
occidentaux se plairaient à voir les dictatures diriger les
pays africains ou que, ayant tissés trop des relations avec
elles, ils voulaient à tout prix ne pas les lâcher. Le cas
du Togo et du Madagascar est une preuve de cette logique de
deux poids, deux mesures qui caractériserait les nouvelles
relations Nord-Sud.
Pour le Congo-Kinshasa, Honoré Ngbanda révèle entre autres
que, pendant qu'à Kinshasa et dans le pays, le peuple en
avait marre de Mobutu qui avait torpillé la Conférence
Nationale, la France mettait en place, dès 1994 à Gbadolité,
un vrai bureau de sauvetage de Mobutu, brisant son isolement
diplomatique, pour pouvoir contrecarrer l'influence
américaine dans la sous région. La démocratie congolaise
devenait donc un vœu pieux et Mobutu pouvait faire la grande
gueule en disant régner par défit.
Aussi, la notion de « dictature » devient elle-même aussi
une notion à double vitesse. Un régime n'est reconnu comme
dictature et exposé aux sanctions internationales que
lorsqu'un pays puissant de ce monde le déclare ainsi. Et,
comme l'écrit Sony Labou
Tansi dans un de ses romans au sujet de ce pays imaginaire
producteur mondial d'ananas dont le ministre avait insulté
les américains à la conférence internationale des prix des
matières premières, lorsque les américains refusa d'acheter
leurs ananas, ce furent le tours des français, puis des
allemands, puis le monde entier suivra ce pas. Et, d'un jour
aux lendemains, un dictateur peut bénéficier de toutes les
éloges ou vice-versa, selon son appui et son soutient aux
intérêts d'un tel camp ou d'un tel pays. Les intérêts
variant souvent selon les vagues de l'histoire. Le cas de
Mobutu lâché par les américains est un exemple éloquent.
Curieusement, la même notion de dictature par exemple ne
trouverait parfois des bémols auprès des populations
(africaines) elles-mêmes. Quelle différence existe-t-il
entre Robert Mugabe du Zimbabwe et Youweri Museveni de
l'Ouganda ? La réponse dépend soit que l'on est du côté du
gouvernement britannique
soit du côté des africains. Car, en réalité, ce sont ces
pays-là qui distribuent des titres et attributs de dictateur
ou de démocrate. Un dictateur aux yeux des britanniques
qu'est Mugabe est un petit héros dans les rues de Kinshasa.
La meilleure explication est à trouver peut-être dans la
fable de Jean de la Fontaine, les animaux malades de la
peste : « Selon qu'on soit puissant ou faible, le jugement
de la cours vous rend blanc ou noir » . Plus d'un expert
n'arrivent toujours pas à expliquer comment les britanniques
arrivent-ils à se frotter le nez avec le régime de Mugabe
dans la gestion du dossier congolais, dès lors qu'on sait
que Mugabe est le parrain de Kabila. En outre, quel genre de
régime le premier peut-il inspiré au deuxième, lorsqu'on
sait comment Mugabe était pour Laurent-Désiré Kabila ce
qu'est le chacal pour le chien ! Il semblerait que c'est la
real politik .
Dès lors par
« bonne dictature » nous entendons tout régime au pouvoir en
Afrique et dans un pays du tiers-monde où le président est
élu pour plus de deux fois, après avoir modifié le fameux
article de la constitution l'interdisant de se présenter
pour une troisième mandat et que ce régime, ainsi élu à ces
conditions, bénéficie du quitus des pays occidentaux, se
cachant parfois derrière la communauté internationale. Il
faudra jouter aussi que la « bonne dictature » est toujours
élue d'une façon démocratique, c'est-à-dire que les nombreux
observateurs venus supervisés les élections, chapeautés par
la Fondation Jimmy Carter, n'ont constaté que quelques
maladresses à minimiser. Au clair, le président ainsi élu
s'octroie le droit de se représenter in saecula saeculorum .
Le parlement étant souvent à sa cause, ce dernier redevient
un président à vie, parce que les élections elles-mêmes
seront toutes sauf transparentes. Les malheureux dans
l'affaire
seront toujours les opposants farouches qui seront
emprisonnés, interdits de circuler, puis relâchés après les
élections. Un tel régime est une « bonne dictature » parce
que le président n'est pas un dictateur comme le furent les
Mobutu, Eyadema et Bokassa. Avec cette reconnaissance
interne, une « bonne dictature » pour devenir ainsi a besoin
d'une reconnaissance internationale qui passe par des
parrains d'antan, des cercles d'amis, des salons
d'influence. Après des manifestations d'oppositions et des
condamnations de la communauté internationale, souvent pour
faire plaisir aux opposants et aux manifestants, le nouveau
régime fini toujours par avoir le quitus des grandes
puissances, se disant agir par real politik , selon une
approche de facto . Faisant un semblant d'ouverture avec des
membres de l'opposition souvent corrompus et incorporés dans
le nouveau gouvernement, la « bonne dictature » négociera
tout sauf le fauteuil
présidentiel devenu alors une marque déposée. Avec la
bénédiction des parrains étrangers, la « bonne dictature »
va bénéficier des aides et des programmes de développement,
souvent au nom du principe humanitaire. Quant à la
démocratie elle-même, elle sera renvoyée aux calendes
grecques. Quelles que soient les raisons avancées,
stabilité, bonne gouvernance, etc… par les parrains
occidentaux et certains gouvernements des pays nantis, ces
régimes ne sont ni démocraties, ni dictatures, mais de «
bonnes dictatures ». Des exemples sont légions en Afrique.
Spectre de la balkanisation
Spectre de la balkanisation
De l'autre côté, partant de la théorie de Voltaire
d'in-gouvernabilité des grands Etats, sauf en les émiettant,
nombreux pouvoir occidentaux et nombreux experts soutiennent
encore que les Etats Africains, sortis tout droit de la
colonisation où les frontières ont été taillées sans tenir
compte des réalités ethniques ou tribales, pour ne pas les
voir disparaître ou revenir à la sauvagerie manifesté par le
« génocide rwandais », auquel on oublie souvent le génocide
burundais, devraient être ainsi gérés par des dictatures «
new look ». D'ailleurs la nébuleuse balkanisation du
Congo-Kinshasa trouverait dans la bonne dictature comme
régime de gestion futur une vraie thérapie. En parlant de «
bonne dictature », il serait moins prudent de se focaliser
sur les individus « dictateurs » car, l'exemple du Togo et
du Congo-Kinshasa, comparaison n'étant pas toujours raison,
a bien montré que la dictature ne disparaît pas vraiment
avec la mort du dictateur. Elle est un système qui crée au
fil du temps une ribambelle d'acolytes, des chantres, des
troubadours, des thuriféraires, des courtisans, des enfants
de course, surtout des parrains et des bénéficiaires.
D'ailleurs, à cause des pouvoirs changeant en occident aux
rythmes des
élections et des décennies, la nouvelle « dictature » peut
se permettre à un moment de défier même ses anciens
parrains.
Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà...
Il faudra peut-être évoquer encore l'interview du ministre
Français de la Coopération mentionnée dans notre premier
article pour comprendre qu'en matière de politiques
internationales et des concepts politiques, on ne se
tromperait pas en citant Blaise Pascal : « Plaisante
justice, qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées,
erreur au-delà... »
En effet, alors que nombreuses personnes disent que les
dernières élections au Tchad furent une vraie mascarade car
le président a, comme tous les autres avant lui, changé le
fameux article de la constitution qui ne lui permettaient
plus de se représenter pour un troisième
mandat, la réponse du ministre Français fait réfléchir à
plus d'une fois. Transposé au Congo, l'hypothèse d'une «
bonne dictature » n'est plus une utopie, rien qu'à voir
comment le processus des élections s'est conduit avec comme
attitudes inexplicables de la part de la communauté
internationale : le mensonge (souligner dans une démarche
proche de la désinformation que ces sont les premières
élections au Congo depuis l'indépendance), le laisser-aller
(n'avoir pas sanctionner les mauvais gestionnaires et les
criminels de guerre) et l'intimidation (marteler que les
congolais n'ont qu'un seul droit de respecter mordicus le
processus).
Si les guerres congolaises furent d'inspiration de nos
voisins de l'Est et si elles ont eu la bénédiction des
parrains puissants, on pourrait ainsi penser que le système
politique qui demain dirigera la RDC, s'il voudrait être en
accord avec tous ses parrains, pour faire plaisir à ces
voisins
et les rassurer, risquera d'être une copie conforme du
modèle approuvé par les parrains africains et occidentaux du
prochain régime en RDC. L'inverse risquerait d'être une
utopie. Ainsi, l'une des premières démarches des uns et des
autres sera ainsi d'amorcer la normalisation de tous ces
régimes dans une espèce de la fameuse CPGL (Communauté des
Pays des Grands Lacs) de l'époque, les loups ne se mangeant
pas, qui se ressemble s'assemblant.
Avec un second tour des élections opposants Joseph Kabila à
Jean-Pierre Bemba, le Congo-Kinshasa est ainsi coincé entre
le marteau et l'enclume, les deux ayant des parrains
politiques et militaires ayant eux-mêmes les mêmes patrons :
le Rwanda et l'Ouganda étant soutenu par les USA, les deux
pouvoirs étant issus d'un même maquis. Les élucubrations des
affrontements de Kisangani n'ayant été que des
remue-méninges d'un couple. D'ailleurs, dans le scénario
d'un perdant acceptant
d'incorporer le perdant dans ces rangs, on reviendrait ainsi
aux accords de l'Hôtel Cascade à Sun City où Joseph Kabila
accepterait Jean-Pierre Bemba comme son premier ministre.
Dès lors, les élections ne devenant ainsi qu'une mascarade,
un vrai hold up tant décrié. Hélas, la real politik poussent
à avoir les pieds sur terre. Car, en politique, dit-on,
c'est celui qui a fort qui a raison. C'est peut-être de
l'illusion que de croire que le Congo peut se décider seul
de son avenir sans tenir compte de l'équilibre régional et
sous-régional et surtout sans pouvoir savoir ce que pensent
les grands de ce monde sur le Congo et sur l'Afrique.
Des lors, à l'hypothèse que le Congo-Kinshasa soit demain
dirigé par une bonne dictature, il serait intéressant
d'analyser comment une bonne dictature se met en place,
quels en sont les grands et premiers chantiers, comment une
bonne dictature peut virer et devenir une mauvaise
dictature. Autant
de questions et hypothèses à approfondir…
Norbert X MBU-MPUTU
Freelance Journalist, Writer and Researcher in Anthropology
and Sociology
Newport, Wales (United Kingdom)
© Congo Vision
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