Discours du Président National du MLC à la matinée politique

 

du 23 avril 2005

 

Mesdames, Messieurs, Chers Invités,

 J’aimerais avant toute chose remercier nos invités, nos alliés et tous ceux qui ont accepté d’honorer de leur présence notre matinée politique de ce jour.

Je remercie également nos cadres et militants qui ont répondu nombreux à cette rencontre pour partager avec nous les fruits de nos réflexions quant à l’avenir de notre pays et la place que doit y occuper notre mouvement.

Mesdames, Messieurs, Chers Invités,

En ce moment particulièrement important de notre Histoire, et de cette Transition vers un nouvel ordre politique, il est pour nous un devoir de faire le point sur la situation politique de l’heure et d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur les enjeux actuels de la Transition et les choix du MLC.

Au seuil de l’éclosion du nouvel ordre politique et deux ans après la promulgation de la Constitution de la Transition consécutive à l’Accord global et inclusif, trois mois après que nous ayons adressé une mise en garde à tous nos partenaires de la Transition et à deux mois du deuxième anniversaire de la nomination du Gouvernement de Transition, on ne peut manquer de dresser une évaluation sur cette période avant d’envisager l’avenir.

En effet, ai-je encore à le rappeler, notre Transition a pour objectif fondamental de conduire le pays vers le nouvel ordre politique par voie des élections en favorisant la réconciliation nationale, la réunification des armées jadis belligérantes, l’intégration de la police, et la consolidation du cadre macro-économique.

Deux ans après, nous sommes loin d’avoir atteint tous les objectifs que nous nous étions fixés. Mais avec moi, vous pouvez constater avec satisfaction que nous avons amorcé la réconciliation nationale avec l’installation des institutions de la transition qui regroupent en leur sein tous les ex-belligérants ainsi que la société civile et l’opposition politique non armée.

Cette réunification des territoires a permis la libre circulation des biens et des personnes sur toute l’étendue du territoire national.

Aujourd’hui, les barges sillonnent à nouveau le fleuve Congo, les compagnies aériennes relient toutes les capitales provinciales, les familles ne sont plus divisées, les commerçants peuvent acheminer leurs produits manufacturés à travers tout le pays et les paysans ont la possibilité d’évacuer leurs produits vers les grands centres urbains.

 Sur le plan de la reconstruction, l’unité retrouvée a rendu possible l’extension à l’échelle nationale les programmes de réhabilitation des infrastructures.

Qui se souvient encore qu’il y a deux ans, il fallait deux jours pour rejoindre Matadi ? Dans toutes les provinces, des projets ont été financés pour répondre aux immenses besoins des populations ? Quant aux tronçons routiers, les appels d’offres ont été lancés. Dans les prochaines semaines, des travaux démarreront.

Qui se souvient encore aujourd’hui qu’il n’était plus possible ni d’organiser ni de corriger les examens d’Etat sur l’ensemble du Pays ? A nouveau, les examens d’Etat ont pu être organisés sur l’ensemble du territoire national, redonnant la chance à nos enfants de terminer correctement leurs études secondaires.

Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes,

Il serait bien tendancieux de croire que tout va dans le meilleur des mondes pendant la transition. Comme toute œuvre humaine, la Transition est perfectible. Des efforts significatifs restent à accomplir sur le plan de la sécurité, de l’armée, du social, des conditions de vie de tous nos compatriotes, mais cela ne doit nous faire oublier le chemin déjà parcouru.

 La politique du tout ou rien n’a jamais conduit à des résultats positifs et durables dans aucun pays au monde.

 Notre pays l’a expérimentée au cours des années 90 avec les pillages de triste mémoire de 1991 et 93, qui ont provoqué chômage, désolation et laissé nos populations livrées à elles-mêmes.

Est-ce de cela que nous voulons ?

 Précisément, des efforts significatifs doivent encore être accomplis en termes de renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, et plus particulièrement pour les zones vulnérables que sont notamment l’Ituri, le Nord et Sud Kivu ainsi que le Nord Katanga.

Dans toute cette partie du pays, nos compatriotes sont encore victimes de la faible présence de l’Etat, de l’armée, de la justice et de l’administration. Parmi les victimes innocentes, des centaines de femmes et jeunes filles sont toujours victimes des violences et de la barbarie de ceux qui prennent en otage les populations civiles.

 Je dois ici rassurer toutes les mamans que nous serons toujours là pour leur assurer la protection et la sécurité. A toutes nos mères, à toutes nos sœurs, à toutes celles qui, par leur travail et leur dévouement, assurent l’épanouissement de nos foyers, je tiens à dire que rien ne sera épargné pour que sur l’ensemble du territoire national, elles ne soient plus les innocentes victimes de ceux qui n’ont pas encore compris que le temps de la barbarie est révolu, définitivement révolu.

 Le désarmement par la MONUC de plus de 10.000 combattants armés en Ituri combiné au déploiement de la brigade intégrée des éléments des Forces armées de la RDC formés à Kisangani qui font la fierté de la nouvelle armée congolais ainsi que la mise hors d’état de nuire des chefs de guerre sont autant de signes révélateurs d’un changement que nous devons poursuivre et accélérer.

 Il convient donc de saluer ici les efforts accomplis pour le brassage des troupes et leur formation avec l’encadrement des meilleurs de nos officiers et l’appui de nos partenaires belges, sud-africains et angolais.

 L’acceptation récente des extrémistes hutus de regagner leur pays pour y vivre en paix et en harmonie avec leurs compatriotes nous incitent à lancer une invitation à tous ceux qui ont en charge l’accueil de ces groupes afin qu’ils trouvent chez eux des conditions de sécurité minimales qui les poussent à quitter le territoire de la RDC où ils ont occasionné tant de blessures et de souffrances.

 La paix au Congo signifie la paix au Rwanda. La réconciliation rwandaise assure et conforte la réconciliation congolaise.

 Nous devons tout mettre en œuvre afin qu’aucun prétexte ne soit laissé aux extrémistes de tout bord pour venir encore et toujours mettre en danger notre processus de réconciliation nationale.

 Mesdames, Messieurs, Chers Invités

 Je me suis étendu sur le problème de sécurité à l’Est car mon cœur est resté  auprès des populations de Bukavu et de Goma que j’ai eu à visiter. J’ai saisi les immenses attentes de nos compatriotes qui souffrent de l’absence de sécurité.

 Notre réponse a toujours été d’apporter notre concours afin que nous apportions à tous nos compatriotes l’assistance et le secours qu’ils sont en droit d’attendre de leurs frères. Nous l’avons fait à Bukavu, à Kanyabayonga et nous le referons toujours et partout où les intérêts des compatriotes seront menacés.

Mesdames et messieurs, Chers Invités,

 De nous tous, personne n’est aveugle et inconscient pour voir que l’insécurité a commencé à gagner les grands centres urbains où l’on y déplore une recrudescence des violences et des faits divers qui viennent endeuiller nos familles.

 Des attaques à mains armées se multiplient contre ceux qui manipulent l’argent. Les cambistes et les pompistes ont été les plus visés. Nous suivons attentivement cette situation à laquelle nous devons apporter des réponses urgentes afin de mettre hors d’état de nuire les bandits et les assassins. Gardons confiance dans le renforcement des capacités de la Police nationale à conjurer les menaces du quotidien.

 Avec l’appui de partenaires, notamment la France, une unité de police intégrée est en cours de formation. Le déploiement de ces unités et le renforcement de la logistique auquel nous nous sommes attelés devraient permettre de réduire sensiblement le grand banditisme qui commence à élire cité à Kinshasa.

 Je vous demande de ne pas céder à la psychose et à la peur. Nous devons vaincre la peur, car la peur tue la liberté et nous avons besoin de la liberté pour conserver notre Humanité.

 Sortez de la torpeur où les démagogues et les oiseaux de mauvais augures veulent vous emprisonner !

A la hantise des lendemains qui déchantent, s’ajoute la morosité de la situation macroéconomique, consécutive aux anticipations défavorables de la conjoncture et des dérapages constatés lors du dernier trimestre.


Souvenez-vous, nous avons été capables par des mesures de bonne gouvernance de redonner de la valeur au Franc en 2003 et 2004.

 Faites nous confiance !

 Les mesures budgétaires et monétaires prises récemment par le Gouvernement, seront complétées par des dispositions institutionnelles et humaines devant redonner crédibilité à la conduite de notre politique budgétaire et monétaire.

 Mesdames et Messieurs,

 En évoquant précisément le cadre de la loi, nous ne pouvons que nous réjouir des avancées significatives qui devraient permettre l’organisation des élections qui préfigurent la mise en place du nouvel ordre politique auquel nous aspirons tous.

La loi sur l’identification des électeurs qui a été adoptée fin décembre a permis à la Commission Electorale Indépendante de lancer les appels d’offre et d’organiser les tests pilotes afin de sélectionner les entreprises qui assureront la production de près de 28 millions de cartes d’électeurs.

 Je peux vous assurer que notre parti, le MLC, ses députés et ses sénateurs participent et participeront activement à l’examen et l’adoption de tous ces textes qui permettent aujourd’hui de vivre dans un pays pacifié et qui se prépare à aller aux élections.

 Mais de tous les textes adoptés par le Parlement de Transition, le plus important reste à venir, le projet de Constitution qui est actuellement en examen à l’Assemblée Nationale. L’avant-projet de Constitution a été adopté par le Sénat. La semaine prochaine, va s’ouvrir une session plénière de l’Assemblée Nationale pour examiner cet avant-projet tel qu’amendé par sa Commission Politique Administrative et Juridique.

 Il n’est un secret pour personne ici que le MLC, fidèle à son engagement a exprimé et défendu toutes les options reprises dans son projet de société. 

 Sur la forme de l’Etat, nous avons défendu et nous continuerons à défendre une organisation qui rapproche les gouvernants des gouvernés, l’administration des administrés en assurant une large autonomie des provinces. Nos députés défendent ces principes car il convient de rappeler à toutes et à tous qu’un système largement décentralisé consacré dans la constitution nous paraît être la voie indiquée pour aboutir progressivement au fédéralisme qui est et demeure notre option fondamentale.

 Par ailleurs, le découpage du  pays en 26 provinces dont les compétences sont reconnues par la Constitution et qui seront mises en place endéans les trois années qui suivront les élections constituent également une option retenue par le MLC. Il nous appartiendra à tous – que nous soyons fonctionnaires, opérateurs économiques, agents de développement, agriculteurs – de donner le meilleur de nous-mêmes pour que toutes nos Provinces deviennent des pôles de développement.

Bien entendu, ce découpage n’est pas synonyme de division, de querelles et d’exclusion. Nous devons conjurer les démons de la division et de la haine, qui n’ont qu’endeuillé et meurtri la Nation. Le Fédéralisme ne sera ni l’antre de la division, ni le cheval de Troie de la séparation. C’est en cela qu’il reste et demeure une réforme à maîtriser sur tous les plans : politique, administratif, fiscal, judiciaire et sécuritaire

 Nous devons éradiquer les réflexes anachroniques d’exclusion et de sectarisme qui ont conduit dans un récent passé des communautés entières à devoir fuir des provinces parce qu’elle n’en était pas originaire. Nous devons au contraire rassurer et protéger toutes celles et tous ceux qui veulent travailler, s’intégrer et s’épanouir à travers tout le pays.

 De nos diversités culturelles et linguistiques nous devons faire une force car elles sont notre vraie richesse et notre espoir de créer une nation forte et diversifiée au cœur de l’Afrique.

 Cette constitution que les Députés vont adopter, nous voulons qu’elle assure toutes les garanties de protection et de libertés de tous les Citoyens.  Nous nous sommes battus pour que les droits fondamentaux ne soient plus jamais bafoués, pour que les forts n’écrasent pas systématiquement les faibles, pour que chacun puisse circuler librement, exprimer ses opinions et manifester librement.

 Aujourd’hui, s’il reste encore des détenus d’opinion, nous devons tout mettre en œuvre pour leur libération.

 Demain, nous devrons déclarer hors-la-loi les dirigeants qui voudraient continuer à emprisonner et à limiter les libertés fondamentales de tous les compatriotes et de tous ceux qui ont choisi la République comme seconde patrie et y développent leurs activités. Dans cet ordre d’idée, les femmes devront donc disposer des mêmes droits que les hommes et à terme, que ce soit en politique ou dans les domaines de responsabilités les plus variés, aucune discrimination ne devra prévaloir sur le choix de celles et ceux qui auront la charge d’animer les institutions du pays.

 Le Mouvement de Libération du Congo, fidèle à son engagement pour un Etat de Droit a exprimé ses options quant à l’organisation du pouvoir dans la future constitution qui régira notre pays.

 Conformément à notre projet de société, les députés du MLC défendent la mise en place d’un régime semi-présidentiel. Le Président de la République Démocratique du Congo sera élu au suffrage universel direct par un scrutin à deux tours. La confiance que le peuple lui accordera ne veut pas dire qu’il sera au-dessus de la Loi. 

Bien au contraire, il aura le devoir, en sa qualité de Chef de l’Etat et de Chef de l’Exécutif, de la faire respecter, en s’assurant que les plus faibles, que les minorités, que les personnes vulnérables seront protégées.

 Le temps des dictateurs est comme le temps des guerres définitivement révolu. Le Président de la République aura à nommer un Premier Ministre au sein de la majorité parlementaire. La Sécurité, la Défense et la Diplomatie seront des domaines de collaboration pour lesquelles le Premier Ministre aura à prendre en compte les avis et les recommandations du Chef de l’Etat.

Pour les autres matières, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, sera responsable de la politique de la Nation devant l’Assemblée Nationale qui aura la mission d’assurer le contrôle de l’action gouvernementale. Rendre compte au peuple, à la nation constitue plus qu’un devoir, mais un principe qui garantit, dans le respect de la séparation des pouvoirs, la consolidation d’une démocratie renaissante.

 A cette fin, un équilibre est nécessaire entre l’Exécutif et le Législatif, aussi, le Parlement composé de deux chambres aura à contrôler et à voter des lois qui renforcent la stabilité et l’Etat de droit. Au pouvoir de dissolution par le Président de la République correspond la capacité de l’Assemblée Nationale à censurer le Gouvernement. Bien entendu, fort de l’expérience de 45 années d’indépendance, le MLC s’oppose à tout système qui conduit à l’instabilité et au chaos.

 Les institutions doivent être fortes, elles doivent être stables et elles doivent garantir la bonne marche du  pays vers le développement économique et social.

 Ainsi, l’indépendance de la Justice doit être renforcée et un accent particulier doit être mis sur la nouvelle architecture proposée pour notre structure juridictionnelle avec un ordre administratif et judiciaire assorti notamment d’une Cour constitutionnelle. Cette nouvelle architecture doit assurer une voie de professionnalisation du métier de juge dont l’indépendance doit être renforcée.

 Mesdames et Messieurs,

 La mise en œuvre de cette future constitution exige qu’un certain nombre d’étapes préalables soient observées, parmi lesquelles l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes.

Je dirais même tout simplement des élections crédibles dont les résultats seront opposables à tout le monde.

 A tous ceux qui doutent de notre volonté de nous plier au jugement du Souverain primaire, je réponds sans ambages que nous avons tout sacrifier, nous avons consenti de vivre dans des conditions difficiles, nous avons choisi la voie la plus extrême de la rébellion pour que précisément nous puissions tous voter et choisir librement les dirigeants du pays.

L’organisation des élections constituera à nos yeux une première victoire qui préfigure la seule vraie victoire, celle de voir tous les enfants du Congo disposer des conditions de vie acceptable leur permettant d’aller à l’école, d’accéder au soins de santé primaire, et à la fin de leur cursus scolaire ou universitaire de trouver un emploi digne et rémunérateur.

 Le MLC n’a jamais hésité à emprunter les voies les plus difficiles pour que jamais plus un pouvoir autocratique et dictatorial ne puisse s’instaurer de nouveau en République Démocratique du Congo. Que ce soit aujourd’hui ou demain après les élections, nous nous opposerons de toutes nos forces à la confiscation du pouvoir par un homme ou un groupe qui serait tenté par une nouvelle aventure.

 Au nom du sacrifice suprême consenti par les camarades tombés sur le champ d’honneur pour que nous puissions aujourd’hui vivre dans un espace de libertés retrouvées, je peux vous assurer que le MLC ne laissera pas passer la moindre initiative qui tenterait par la rue ou par la force de confisquer à la population l’espoir d’une démocratie renaissante qui doit éclore à la faveur des prochaines élections.

Nous disons non à ceux qui sous prétexte d’accélérer le processus de transition veulent en réalité prendre les commandes de l’Etat pour des aventures sans lendemains qui conduiraient à de nouveaux conflits.

 Nous disons non à ceux qui veulent envoyer les jeunes gens dans les rues en se terrant dans leur maison en espérant négocier le sang des innocents.

L’article 3 de la Constitution de la Transition donne droit à tout congolais et le contraint au devoir sacré de défendre la nation et de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la Constitution.

Je souligne et répète ; nous exercerons notre droit constitutionnel par tous les moyens pour faire barrage à toute tentative de déstabilisation du pays par coup d’Etat constitutionnel ou armé. Quant à ce que d’aucuns appellent la date butoir du 30 juin 2005, j’aimerais rappeler d’abord que le 30 juin est le jour anniversaire de l’indépendance de notre pays.

En l’occurrence, il s’agira du 45ème anniversaire du pays. Le 30 juin est un jour sacré qui ne coïncide ni au début ni à la fin de la Transition en cours.

 Pour rappel, la Transition a pris effet le jour de l’investiture du Gouvernement de Transition, soit le 15 Juillet 2003. Elle prend fin, d’après ses textes fondateurs, le jour de l’élection du nouveau Président de la République.

Les élections tant désirées par le peuple congolais doivent apporter l’apaisement afin que les hommes et les femmes qui seront élus puissent travailler pour le progrès de la République. Il faut des élections bien préparées, bien organisées pour que les résultats soient acceptés par tous.

Rien ne dit que ceux qui réclament les élections à n’importe quelles conditions vont à tout prix les gagner ou même accepter de les perdre. Quant à nous, démocrates, nous sommes d’avis que les congolais doivent apprendre à respecter les textes qu’ils ont librement signés.

Nous ne pouvons continuer à aller de Transition en Transition, de modification  de Constitution en modification de Constitution.

Toutefois, si des remous subsistent et persistent dans la gestion des ambitions au sein d’une composante, en l’occurrence l’opposition politique, c’est à cette dernière que revient la responsabilité de dégager un consensus responsable sur la question en tenant compte de son pouvoir de contribuer efficacement à la réussite de la Transition.

La Constitution a accordé à chaque composante des ressources nécessaires pour lui assurer une participation active au processus politique en cours.

Il va de la responsabilité collective, mais de celle de la composante opposition politique en particulier d’aider à faire réconcilier la réalité socio-politique de cette composante avec son incarnation dans les institutions, au nom de l’impératif de la réconciliation nationale. Car, il est en effet inadmissible que certaines formations politiques représentatives de cette composante continue de faire l’objet d’une mise à l’écart du processus.

J’invite donc les dirigeants de la composante Opposition Politique d’engager un vrai débat interne pour ce faire, au lieu de jouer au pyromane. Le MLC est prêt à les aider dans l’harmonisation de leurs points de vue.

Le RCD, en 2004, nous-mêmes le MLC, en début 2005, avions soulevé un certain nombre de problèmes qui se posaient et continuent à se poser dans la gestion  de la Transition.

Nous les reconnaissons, mais les solutions doivent être recherchées dans les Institutions, à l’intérieur de l’Accord Global et Inclusif. Mais toutes les propositions doivent aider à la tenue rapide des élections. Le peuple congolais ne nous accorde pas le droit d’emprunter la voie de la négociation à la « congolaise ». Nos partenaires ne nous suivraient pas dans ces voies tortueuses.

L’expérience a montré qu’à la faveur de la mise au point du 9 janvier 2005, les questions relatives aux mises en place dans la territoriale, des entreprises publiques et dans les Services de sécurité vont trouver solution.

Il faut un temps pour  tout : un temps pour la guerre, un temps pour la paix, un temps pour la reconstruction… Il est venu le temps des élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles.

C’est là que se trouve le chemin de notre libération fondamentale et spirituelle.

L’Histoire avait tangué au milieu des années 90.

Aujourd’hui, l’Histoire nous a lancé un seul défi majeur à relever : celui de la reconquête de notre identité en tant que peuple indépendant, dans un pays souverain.

Cette reconquête de notre souveraineté, je vous en conjure, réside dans l’aboutissement heureux de cette Transition, au risque de faire le lit des ennemis de la  République.

 Mes chers compatriotes,

Il y a plusieurs façons de parodier les élections.

Nous les avons connus ceux qui, avec un fusil à la main, réunissaient quelques personnes dans les stades et procédaient, à main levée, à la va vite, à la désignation des responsables politiques et administratifs. Par le manège de ce cirque là, ils les avaient décrétés, « élections libres et démocratiques ».

Au MLC, nous ne nous sommes pas battus pour cela. Je laisse à ceux dont l’expérience et le parcours sont jalonnés de ce type d’escroquerie politique d’emprunter cette voie.

Mais rien ne sera comme avant.

Je ne permettrais à aucun imposteur de notre peuple d’abuser de sa bonne foi, ni aujourd’hui ni demain.

Ensemble, restons vigilants et lucides peuple congolais.

Vous avez assez payé de votre chair et de votre sang depuis l’ouverture démocratique initiée voilà déjà 15 ans ! Ne cédez plus aux sirènes des marchands de bonheur. Hier, ils ont été incapables de conduire le pays dans la voie démocratique. Aujourd’hui ils sont incapables d’honorer les engagements librement pris aux termes de l’Accord Global et Inclusif.

Restez à l’écoute de vos dignes fils et filles engagés dans le MLC pour la défense de votre dignité d’homme et la bonne fin de la Transition actuelle.

 Mesdames et Messieurs, Chers invités,

En tant que Parti Politique aux ambitions nationales, le MLC prend à cœur les prochaines échéances électorales.

A la suite de sa mutation en Parti Politique, je vous informe que les cadres du MLC se sont déployés sur toute l’étendue de la République  pour implanter les structures de base de notre Parti, avec une approche politique de proximité.

Au terme de 4 mois des consultations internes avec toutes les Fédérations, avec le Bureau Politique et avec le Secrétariat Exécutif National, nous avons décidé de restructurer le Secrétariat Exécutif national du parti pour le mettre en ordre de bataille pour les élections.

Quel est le sens de cette restructuration ?

Le nouvel Exécutif National opère en élargissement envers les structures de base, se réorganise pour préparer notre programme de campagne, lancer le débat sur les alliances politiques et préparer les Etats généraux du MLC.

Ceux-ci devront se tenir avant fin juin 2005 pour soumettre à la sanction de tous nos cadres et alliés les propositions de programmes, notre vision pour l’avenir de la Transition et du pays.

Ces Etats généraux devront réunir nos structures, de la base au sommet, autour d’un projet de gouvernement et d’alliances qui doit nous faire gagner les élections à tous les niveaux.

 Pour conduire cette tâche, j’ai l’honneur de vous présenter la nouvelle équipe du Secrétariat Exécutif du MLC.

Je vous remercie.

Avec Dieu, nous vaincrons.