Fuite en avant de
J Kabila:
Deuxième tour de la présidentielle : Kabila-Bemba : pas de
débat contradictoire télévisé |
Attendu par de nombreux Congolais, ce débat télévisé est jugé
inutile par certains politiciens qui préfèrent plutôt une
confrontation entre leurs lieutenants.
La campagne électorale pour le second tour de l’élection
présidentielle débute 13 octobre prochain et devrait s’achever
le 27 octobre à minuit. C’est du moins ce que prévoit la 1oi
électorale, la campagne électorale devant prendre fin
vingt-quatre heures avant le scrutin prévu, lui, le 29 octobre.
Les 15 jours prévus par la CEI, en fonction de l’article 71 de
la constitution mais bel et bien en contradiction avec l’article
28 de la loi électorale qui fixe à 30 jours la durée de la
campagne électorale, sont jugée insuffisants pour certains. Dans
un pays aussi vaste que la RDC où les infrastructures routières
sont quasi inexistantes, les candidats auront bien du mal à
mobiliser les électeurs. Qu’à cela ne tienne, la CEI ne pouvait
pas non plus autoriser une trop longue campagne électorale.
Période particulièrement sensible, la campagne électorale doit
être gérée avec beaucoup de minutie. La décision de la CEI
paraît à ce point plutôt sage.
Campagne courte
S’ils doivent se contenter d’une campagne électorale de 15
jours, les Congolais devront également déchanter sur un probable
débat télévisé entre les deux adversaires du second tour de la
présidentielle. Selon les indications qui nous sont parvenues,
les deux camps ne sont toujours pas tombés d’accord sur les
conditions d’organisation d’un débat télévisé contradictoire
entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Si le camp du
vice-président encourage vivement un tel débat, l’on note une
certaine réticence de la part des bonzes du camp présidentiel.
Lors de sa conférence de presse de jeudi dernier, Olivier
Kamitatu, secrétaire permanent et porte-parole de l’AMP, n’a pas
écarté la possibilité d’un débat contradictoire. Il a toutefois
indiqué que l’AMP se refusait de voir une telle tribune être le
théâtre d’un pugilat verbal ou l’occasion d’attaques
personnelles. Olivier Kamitatu a néanmoins laissé entendre que
le camp présidentiel comptait suffisamment de débatteurs pour
affronter ceux de l’autre camp. En clair, le débat
contradictoire prévu par la loi électorale pourrait ne pas
opposer les deux candidats directement, mais plutôt leurs
lieutenants. Nombreux sont ceux qui estiment qu’un débat
télévisé contradictoire n’est même pas une obligation légale.
Un candidat peut ne pas accepter de s’y soumettre. On rappelle
toutes fois que l’article 112 de la loi électorale stipule : “
La Haute autorité des médias organise, en sus du temps d’antenne
attribué à chacun de deux candidats demeurés en lice au second
tour de l’élection présidentielle, des débats radiodiffusés ou
télévisés contradictoires, qui permettront à chacun d’entre eux
d’intervenir. Le nombre, la durée, les horaires des émissions
ainsi que les modalités pratiques de leur réalisation sont
déterminées par la Haute autorité des médias en concertation
avec la Commission électorale indépendante “.
Si Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba sont, semble-t-il, prêts à
s’affronter sur le plateau de la télévision, rien à ce jour ne
vient justifier cette disponibilité. Les discussions n’ont pas
abouti. Cela n’étonne pas. Déjà au premier tour de la
présidentielle, Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba n’avaient pas
fait usage du temps d’antenne leur réservé par la HAM dans
différentes chaînes de télévision. Jean-Pierre Bemba s’était
contenté d’accorder une longue interview à CCTV et CKTV, ses
propres médias. Joseph Kabila était, lui, abondamment visible
sur Digitalcongo TV, qui diffusait en boucle sa tournée à
l’intérieur du pays.
Le climat politique s’étant considérablement dégradé après le
premier tour de la présidentielle, il n’est pas évident que les
deux candidats restés en lice aient suffisamment adouci leur vin
avec de l’eau pour se supporter en gentlemen sur un plateau de
télévision, même si on ne doute pas de leur qualité d’hommes
d’Etat. L’absence de réunions de l’espace présidentiel et du
gouvernement est tout de même un indice sérieux sur la méfiance
qui règne entre les deux hommes. Il serait ainsi délicat de les
voir se produire devant des millions de Congolais sans qu’il n’y
ait des étincelles.
C’est sans doute pour éviter d’en rajouter à un climat plutôt
délétère que la perspective d’un débat contradictoire s’éloigne
de plus en plus. Même si ce n’est pas la fin du monde, de
nombreux Congolais auraient tout de même souhaité voir
Jean-Pierre Bemba et Joseph Kabila exposer, de façon
contradictoire, leurs projets de société. Il n’y a que eux-mêmes
qui savent mieux que leurs lieutenants ce qu’ils veulent faire
de la RDC.
(Th)
FMK/La Référence Plus
Avec
Dieu, nous vaincrons !
|